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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 12:14

C'est une danseuse que l'on ne rencontre pas très souvent. Un cru bâti à la gloire du viognier, et qui mystérieusement, contrairement à l'idée qu'on se fait de son voisin condrieu, doit vieillir pour être bu.

Trois hectares qui forment une appelation à lui tout seul enclavé dans l'appellation Condrieu avec qui il partage son cépage unique le viognier. Il représente un amphithéatre composé d'arènes granitiques, cad de granit en décomposition. La pente est telle comme chez ses voisins que la vigne aurait du mal à pousser sans les terrasses, si chères à entretenir. Pas plus de 10000 bouteilles par an pour le monde entier alors que Bob (et nombre de critiques français) se sont excusés publiquement de l'avoir mal jugé très longtemps. Il est devenu encore plus difficile à trouver.

Incroyablement, il est muet dans les années qui suivent sa mise en bouteille, alors que condrieu brille de mille feux, puis s'éteint.

Lui met des années à produire ses parfums de légumes verts, de miel, de violette, de tilleul, de fruits blancs. Depuis une petite dizaine d'année, le Pr Dubourdieu s'est penché sur son berceau, pour le faire encore plus grand.

Nous boirons 1983, 1991, 1996, 1997 et 2002, ces deux dernières années étant de moins grande réputation.

Je vous suggère d'aller vous connecter sur le site d'In vino veritas pour une dégustation verticale incroyable de ce fleuron du patrimoine mondial que les plus vieux du club ont déjà dégusté à l'occasion des curnonskades. Il y était cité au plus au de la hiérarchie des vins blancs français au même titre que Montrachet ou Yquem.

Et le moins qu'on puise dire est qu'il tient ses promesses. Une jeunesse éternelle et des parfums rarement rencontrés dans d'autres vins comme l'artichaut, l'asperge. La délicatesse est son maitre mot. Etonnament, la longueur n'est pas son point fort, mais cela contraste une persistance hors du commun. La minéralité est aussi une de ses vertus cardinales. Par contre, le nez est souvent absent voire désagréable quand il n'est pas le siège de parfums de réduit.

 

2002: très joli, avec une minéralité peu prononcée de prime abord mais qui pointe son nez après deux heures d'ouverture. Etonnant pour une petite année.On sent l'élevage même si cela reste discret et intégré.

 

1997: totalement oxydé, dommage...

 

1996: minéral et droit comme un i, faisant penser à une coulée de Serrant ou un clos saint hune par sa construction sur une trame acide/minérale

 

1991: la grande controverse. Beaucoup d'amers et le moins minéral. Beaucoup plus de gras que les précédents, mais manquant de sapidité, ce qui en fait un vin de table: il lui faut un contre poids car il sature le palais à la manière d'un hermitage blanc agé.

 

1983: la grande bouteille avec tout (sauf la longueur, mais la persistance...). Robe pale. Un équilibre souverain, une profusion de parfums de fleurs blanche, de légumes verts délicats, un côté murisaltien avec un brioché de grand bourgogne blanc à maturité. Du gras parfaitement en harmonie avec le côté acide. Somptueux. Et qui lui donnerait 30 ans ?

 

Au total, un très très grand vin avec de folles originalités.

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