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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 21:01

 

   

     la montée de tonnerre vue depuis les clos (copyright vin-terre.net)

 

La précédente dégustation des vins des frères Raveneau et de leur cousin Vincent Dauvissat fut une grande dégustation.

Cette fois ci, nous irons dans le détail d'une parcelle emblématique des frères Raveneau, la montée de Tonnerre (3.15 ha). Parfois, quand l'année est à la fois  suffisamment productive et de bonne qualité, une petite cuvée de chapelot est isolée de la montée de tonnerre. Les vignes ont 50 ans d'âge en moyenne.

 

Cette parcelle dispose d'une parcelle de terre blanche peu caillouteuse et peu profonde avec des argiles grasses. La minéralité reste préservée avec le sous sol kidmmeridgien qui est tout près.

 

Sols typiques de Chablis (copyright P Maclart)

 

L'orientation est sud-sud est de la même manière que les grands crus auxquelle elle est parallèle, séparés des blanchots que d'une petite ravine. Voir la carte ici.

Ses parfums sont citronnés, floraux et très minéraux.

 

Nous boirons les vins de

2006

2000

1996

1995

1982

 

Dégustation à venir

 

Vidéos ici, iciici 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 17:04

 

 

Elizabeth Foradori est une femme engagée. Elle produit des vins de montagne dans les dolomites en la commune de Mezzolombardo, en permanente révolution. Si les terroirs sont situés entre 250 et 400 m d'altitude, ils sont entourés de montagnes montant à plus de 3000 mètres amenant un froid nocturne très marquant. Sa dernière passion? l'élevage en amphores comme cela se faisait autrefois.

Seize hectares permettent la production de vins très originaux, produits en biodynamie. Seuls une soixantaine de vignerons travaillent dans cette région, dont 80% amènent leurs produits à la coopérative. 

 

 

    Elizabeth Foradori

 

 

Nous gouterons d'abord des blancs de cépages originaux:

 

- Myrto 2010: assemblage des cépages sauvignon et du cépage manzoni aux parfums de poire, d'ananas, de fleurs blanches. Il est produit sur 3 hectares d'un sol d'alluvions (calcaire, porphyre, granite) avec des vignes de 15 ans d'âge. Il est élevé dans des barriques de chêne, mais aussi d'acacia après une vinification en cuves béton.

 

- Fontanasanta 2010: Là aussi un cépage original en voie de disparition, le nosiola sur 2 hectares de terroirs argilo-calcaires. L'âge moyen des vignes est de 40 ans. Le vin exhale des arômes de fruits blancs (pomme et poire) avec une grande minéralité. La macération est faite en amphores pour 8 mois au total puis élevé 2 mois en fûts d'acacia. Il en est produit 8000 bouteilles par an.

 

38

                                   les amphores (copyright monomaniaquement alsace)

 

Mais aussi quelques rouges tous du cépage téroldégo:

 

- Sgarzon 2010: à base de teroldégo élevé en amphores sur 2.5 hectares de sol de graves, alluviaux, plantés à 6000 pieds par hectare.

 

- Morei 2010: teroldego 2010 produit sur 2.5 hectares sablo-caillouteux plantés à 6000 pieds par hectare. Il est élevé en amphores puis fini 2 mois en fûts de chêne. Ces deux dernières cuvées étaient séparées dans les années 70 et 80, puis ont longtemps été incluses dans granato jusque 2009. La biodynamie pratiquée depuis 7 ans ayant permis l'individualisation de ces parcelles, Elizabetta décida en 2009 de les séparer pour expliquer l'expression du teroldego sur des terroirs différents. 

 

- Granato 2001: la grande cuvée emblématique du domaine 100% teroldego dans une grande année, la dernière non biodynamique. Terroirs alluviaux comme les autres cuvées, avec un rendement de 40 hl/ha, faisant sa malolactique et élevé en fûts pour 5% neufs seulement. L'âge des vignes est de 30 ans.

 

 

Dégustation à venir.

 

Quelques vidéos sur le domaine: ici, ici, ici et ici et

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 21:05

   

    (copyright degustateurs.com)

 

Notre précédente dégustation nous avait marqué par la qualité exceptionnelle des vins qui avait été une grande découverte. Cette région fournit des merveilles et est clairement une des grandes du monde, sans doute aucun. Alors, nous y retournons avec 5 vins de haute qualité.

 

Cépages:

Le grand du Piémont, c'est le nebbiolo. Son cycle végétatif est très long, ce qui fait qu'il est à l'aise dans cet environnement où les arrières saisons sont belles, permettant un murissement lent. Il y en a plusieurs sous variétés, le michet, le lampia et le rosé pour les meilleurs. D'autres cépages existent, le dolcetto, la barbera, qui n'ont pas droit à l'appellation Barolo. Certains grands vignerons dont Gaja, mélangent ces cépages avec le nebbiolo, renonçant à l'AOC.

 

Sols:

Le Barolo, c'est 1200 hectares situées 60 km au sud de Turin. Grossièrement, sur La Morra, Verduno, Novello et Barolo (sols légers appelés tortoniano comprenant du marno-calcaire avec du manganèse et des oxydes de magnésium), les vins sont parfumés et veloutés alors que sur Serralunga, Monforte d'Alba et Castiglione Falletto, ils sont plutot austères et puissants (sols calcaires avec des sédiments sableux, mélés d'argile avec présence de fer, potassium et phosphore appelé elveziano).

 

Vignerons:

L'autre grande différence au sein des barolos est celle qui existe entre les modernes (qui semblaient avoir gagné) et les anciens (qui regagnent du poil de la bëte). Les grands domaines anciens sont G Rinaldi, Bartolo Mascarello, Bruno Giacosa, Accomasso (un grand monsieur de plus de 80 ans qui continue à s'occupper de ses 3.5 hectares). Chez les modernes, on retrouve Gaja, Aldo Vajra, Roberto Voerzio, Paolo Scavino, Armando Parusso, Fantino Conterno.... Les traditionnalistes font des vins difficiles à gouter jeunes, de très longue garde avec un côté sec qui donne de grands vins avec l'âge. Pas de barriques neuves, mais des vieux foudres qui étaient changé traditionnellement dans le piémont que lors des changements de génération.

En pratique, il n'est pas toujours possible de savoir dans quel style se trouve tel ou tel vigneron, car certains mélangent ce qui leur parait être le mieux dans la tradition et la modernité.

 

  Barolo

            Carte de Barolo (copyright Atlas mondial des vins, un livre fantastique à acheter)

 

Le nebbiolo est de la trame des plus grand cépages. Mais, comme pour les autres, le sol et tout ce qui l'entoure est essentiel. On a pas trouvé le terroir capable de fournir de grands vins avec le nebiolo en dehors du Piemont alors que cela commence à être le cas avec le pinot noir.  

 

Les trois années que nous dégusterons sont de grands millésimes. 2000 est une année chaude, les autres plus classiques et de longue garde.

 

 

Nous essayerons 5 vins parmi les plus grands domaines:

 

Costa grimaldi du domaine Luigi Enaudi 2001: parcelle de 1.6 hectare de sol marno-calcaire plantée en 1977 dans la commune de Barolo. L'élevage dure 30 mois pour un total de 7000 bouteilles en moyenne annuellement.. Le vin est le plus léger de tous, avec moins de profondeur, mais un long carafage de 2 heures lui redonne des couleurs et aboli cette impression de lourdeur.

 

Vigneto Rocche du domaine Mauro Veglio 2000: parcelle de 5 hectares située à la Morra exposée sud-sud est, portant des vignes palntées en 1985, donnant seulement 19000 bouteilles par an. La fermentation malolactique est faite en barrique, à 80% neuves. Grande bouteille avec des parfums magnifiques de fleur dont la rose, une dentelle longue qui s'étire dans la bouche sans largeur exagérée.

 

Carobric du domaine Paolo Scavino 1999: C'est un vin fait sur une parcelle de 3.3 hectares plantée en 1970 sur la commune de Castiglione Falletto, orientée sud ouest donnant 18000 bouteilles par an. Le sol est du grès dégradé. La malolactique se fait en barrique française. C'est clairement un moderne. Un grand pauillac matiné de mourvédre ou hermitagé. Long et large à la fois, noble et de longue garde.

 

Sori Ginestra du domaine Conterno Fantino 2000: Terroir argilo-sableux de 3 hectares situé plein sud à 300 mètres d'altitude dans la commune de Monforte d'Alba. Age moyen des vignes de 30 ans sur une pente de 30%. Voilà un autre moderne élevant en futs de chêne français. Une première approche ne l'a fait aimer que de quelques uns notamment du fait de tannins saillants, mais le long carafage lui rend une justice permettant l'abord de ses magnifiques parfums de pivoine, de rose ancienne. Une grande bouteille pleine d'avenir.

 

Bussia du domaine Armando Parusso 2001: Situé sur Montforte d'Alba, il est la réunion de trois partie de ce très grand cru, Fiurin, Munie et Rocche. Les vignes ont entre 10 et 50 ans. L'OVNI de la soirée: un nez de beaujolais ou de bourgogne, une robe très claire et jeune. La bouche est emplie de parfums magnifiques avec une persistance qui laisse pantois tout le groupe. Une beauté unanime.

 

Une grande dégustation avec des vins magnifiques quelque soit l'obédience du vigneron. Le carafage nous a fait disparaitre cette accroche astringeante qu'avaient à peu près tous les vins (dernier exclu) à la première dégustation. A vos carafes donc, ça vaut très largement le coup. Des tout grands vins.

 

 

 

Dégustation à venir.

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 23:02

C'est l'année mythique des quadra et quinquas qui en ont connu l'ascencion médiatique, peu chère au départ puis prohibitive. Oh, depuis les bordelais ont fait mieux depuis, mais, le mythe est resté.

 

C'est en goutant et acclamant 1982 envers et contre beaucoup que Robert Parker a assis sa réputation, mis au parfum par Michel Rolland, qu'il a rencontré à cette occasion.  M Rolland, à cette occasion, a compris que cette année très riche devait être reproduite autant que possible chaque année, même en "mauvaise année". Il fallait donc mettre en oeuvre toutes les techniques possibles pour transcender le millésime et donner du 1982 à chaque fois. LE PIN a été fabuleux, mythique. Une fois la qualité de 1982 reconnue (les bouteilles s'étant arrachées après avoir été boudées au départ), tous les propriétaires bordelais pourtant très sceptiques au départ ont voulu engager celui qui avait miraculeusement si bien vendu grace à des notes mirobolantes. C'est le début du grand succès de Michel Rolland en tant que premier flying winemaker. Les dégustateurs débutants sont peu attirés par certaines saveurs comme l'amertume, la minéralité trop en avant et donc la coexistance de cette année chaude et de l'ouverture des marchés émergents comme les USA ont été une bonne coincidence. Mais, les vins faits par Michel Rolland ne sont pas que ça, et reflètent eux aussi un terroir, même s'il y  a une patte.

Tout le monde a t'il réussi à produire un grand vin sans l'aide de M Rolland, comme le permettait naturellement l'année? C'est le premier challenge.

Le deuxième est celui du vieillissement de ce type d'année, que les traditionnels à Bordeaux estimaient très courte. Et ils se sont lourdement trompés, très probablement en le sachant mais ne voulaient pas faire les efforts financiers nécessaires à une viticulture irréprochable et un élevage luxueux.

 

Pour juger si cette année est aussi fameuse que sa réputation veut le laisser entendre, rien de mieux que d'en goûter. Mieux, il est préférable de goûter de bons vins laissant de côté ceux qui sont habituellement exceptionnels, de toute façon intouchables. Ne dit on pas que tout est bon, même dans les propriétés modestes quand l'année est grande?

 

Rassurez vous, je n'ai pas prévu de petits Bordeaux, mais des bourgeois de bonne réputation ou des classés. Un par grande appellation en respectant une proportion rive droite et une autre rive gauche: Saint Emilon et Pomerol, Margaux, Saint Estèphe et Pauillac.

 

Ca n'est pas facile à trouver cinq 1982. J'ai pu obtenir pour nous:

 

- Chateau Tour de Pez, Saint Estèphe: 30 hectares en production, dont le terroir présente deux facettes, d'une part des graves girondines, d'autre part un sous sol argilocalcaire. Ces deux sol sont complémentaires amenant respectivement finesse et puissance. Pourtant le vin est plat, très court ne dégageant quasiment rien.

 

copyright vivre le vin

 

- Chateau d'Issan, 3ème cru classé de Margaux: contient 67% de cabernet sauvignon et le reste en merlot sur 30 hectares. L'âge moyen est de 20 ans.Très parfumé, de style bourgogne, très charmeur mais manquant de longueur.

 

 

- Chateau Haut Milon, Pauillac: tout petit cru (à l'echelle des propriétés du Médoc s'entend: 12 hectares) situé entre Lafite et Mouton, contenant 60% de CS, 35% de petit verdot, 5% de petit verdot, produit sur un terroir de graves garonnaises. Il est le porte drapeau de la cave coopérative, mais à l'époque était géré par la famille Breuil. Ce cru n'existe plus, intégré en 2009 dans Pedesclaux, cru classé: ça coute plus cher des vignes de classé que de Bourgeois.

Et au vu de la dégustation (aveugle), il a fait une bonne affaire, car ce vin est une merveille de finesse, longueur avec du bois précieux, des parfums d'une grande élégance, de façon quasi unanime.

 

- Clos des jacobins, Grand cru classé de Saint Emilion: produit sur 8.5 hectares situés en bas de côte avec 75% de merlot, 23% de cabernet franc et 2% de cebernet sauvignon, il était en deshérance jusque dans les années 2000.C'est très mauvais, étriqué, d'une longueur très très faible et sans aucun intérêt.

 

 

- Chateau la Croix du casse, Pomerol: 8.76 hectares de vignes de merlot (70%) et CS (30%) situées sur des graves et sables anciens.Une vedette de l'époque, qui n'a pas autant progressé du fait du décès de son propriétaire JM Arcaute. Et Michel Rolland a participé depuis le début à l'élaboration des vins des propriétés de ce regretté propriétaire, cad 1985. Vieillira, vieillira pas?Creux, avec des gros défauts. Sucré, bois neuf, creux gigantesques en milieu de bouche.

 

(copyright pomerol.com)

 

En conclusion, une grande année ne parvient généralement à remplacer une viticulture de qualité. Il faut vraiment choisir sa propriété et beaucoup de viticulteurs à cette époque n'ont pas bien travaillé, année mythique ou non. Si on regarde les cinq propriétés, seule une semble encore en avoir sous le pied pour l'avenir, une peut peut être aller un peu plus loin sans que cela apporte, et les autres sont morts.

 

Voici une petite idée des prix actuellement pratiqués.

 

 

Robert Parker réalise une dégustation des 1982 pour fêter ses 30 ans avec tous les grands ici

12000 dollars le siège, maxi deux par personne!!

 

La liste est là:

Ausone
Beychevelle
Branaire-Ducru
Calon-Segur
Canon
Certan de May
Cheval Blanc
Cos d'Estournel
Ducru-Beaucaillou
Figeac
Grand-Puy-Lacoste
Gruaud Larose
L'Evangile
La Lagune
La Mission Haut-Brion
Lafite*
Lafleur
Latour
Le Gay
Leoville-Barton
Leoville-Las Cases
Leoville-Poyferre
Margaux
Mouton Rothschild
Pichon-Lalande

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 21:19

 

Bernard Magrez (copyright wine anorak)

 

Je l'égratigne souvent, alors pourquoi ne pas tester ses vins ( Bernard Magrez achète un cru classé supplémentaire à Sauternes/Barsac, le clos Haut Peyraguey ici et ici) ?

Pape Clément ne m'a jamais impressionné, mais par contre la Tour Carnet, je connaissais avant et c'était pas bon, et ça n'a rien à voir après.

Alors j'ai préféré m'intéresser aux vins étrangers de ce monsieur. Je précise tout de suite aux esprits chagrins que je n'ai pas de cartier au bras. Des découvertes avant tout. Une sorte d'archétype du nouveau monde que nous avions fait il y a 6 ans environ.

Le consultant, c'est Michel Rolland, encore que je doute qu'il intervienne pour le Koshu, quoi que.. Denis Dubourdieu vinifie aussi ici, ce doit donc être intéressant.

On fera un vin du Japon, un d'Argentine, du Chili, d'Uruguay et du Maroc (il y a deux pays et même probablement trois dont vous n'avez jamais bu une bouteille).

 

JAPON Magrez Aruba Ishehara Koshu 2008

 

 

Le seul raisin originellement japonais est le Koshu (depuis au moins 1200 ans, ramené des steppes du caucase par des moines Bouddhistes), un raisin rose (n'aie pas peur Ruddy) poussant en pergola sur les pentes du Mont Fuji, dans la parcelle Ishehara de la commune de Katsunuma. Jusqu'en 1877, le koshu ne servait qu'à la table. L'ère Meiji, qui voulait rapprocher le Japon de l'Europe, décida d'envoyer deux japonais (Ryuken Tsuchiya et Takano Masanari) en France apprendre et ramener lechniques françaises de vini-viticulture en un an, outils compris. Le terroir adapté au koshu est graveleux (au moins autant que Jean, Joke) en pente. Faire du vin là n'est pas simple car l'humidité y est importante.  La technique en pergola fait que la densité de cep est ridicule, 40 à 50 environ. Cette technique (appelée Tanashiki-Saibai) permet au raisin d'échapper aux conséquences de l'humidité importante régnant dans le sol. Il n'y a qu'un demi hectare en production pour l'Aruba-Magrez. Un pied donne 500 grappes environ. Les vignes ont 18 ans et produisent en moyenne 2000 à 2500 bouteilles par an. Denis Dubourdieu, le professeur de la faculté d'oenologie de Talence, produit lui aussi du Koshu avec un autre domaine, Singer. Et c'est tout à fait logique puisque le Koshu ressemble au sauvignon dont il est un spécialiste reconnu.

Le vin est jaune paille avec des reflets verts. Ses parfums sont floraux (chèvrefeuille, aubépine), fruits à chair blanche comme exotiques. La minéralité se présente sous la forme de pierre à fusil.

 

(Copyright les cinq du vin)

 

ARGENTINE : Casa Magrez 2006

 

Le vignoble est situé dans la région de Perdriel, au pied de la cordillière des andes à une altitude de 100 m, où la vigne est plantée depuis le XVIème siècle. Les vignes y sont franches de pied parce que le phylloxéra n'y est jamais arrivé. L'agriculture est simple et des chevaux labourent les vignes. Elles ont 65 ans d'âge et occuppent une surface de 9.5 hectares. Le sol est consitué de gros galets (argilo-siliceux) venant des andes. Le cépage est entièrement du Malbec planté à 6500 pieds par hectare. Il n'y est produit que 6500 bouteilles de premier vin annuellement. La taille est sévère amenant à des rendements faibles de 15 hl/ha en moyenne pour la grande cuvée. La récolte y est manuelle de même que l'égrappage, ce qui est unique. Cette méthode a été essayée avec succès à Chateau Pape Clément et finalement utilisée dans beaucoup de vignobles de Bernard Magrez. La fermentation malo-lactique est faite en futs de chêne neufs français.

Il possède un autre vignoble dans les alentours de Mendoza, de beaucoup plus jeunes vignes irriguées produisant l'Aries de Casa Magrez.

 

 

CHILI: La serenidad 2006

 

Les cépages cabernet sauvignon (30%), syrah (30%), malbec (25%) et carménère (15%) sont réunis pour faire la serenidad, vin de Bernard Magrez poussant autour des cactus à 1200 m d'altitude. Ce coin du Chili est en effet aride. La plantation est en haute densité pour le lieu (5500 pied/ha) dans la vallée de la Colchaga, commune de San bernardo. Seuls 4 hectares sont plantés sur les 202 de nature tout autour. Les vignes sont très jeunes. Le sol est argilo-sableux avec un sous sol graveleux. Il est procédé à plusieurs vendanges en vert selon l'année. L'égrappage est fait entièrement à la main. Il s'en produit 3900 bouteilles par an en moyenne, entièrement élevées en fûts neufs français. B Magrez possède une autre propriété dans les vallées centrales et de Maipo, où il produit un autre vin, leyenda.

 

 

URUGUAY: Casa Magrez 2006

 

Parcelle bachée - Casa magrez Uruguay

Vignobles bachés de Casa Magrez Uruguay (copyright B Magrez)

 

Oui, on fait des vins en Uruguay: 10000 ha sont plantés sur 270 propriétés essentiellement situées au nord et nord ouest dupays, pour une production totale de 1 million d'hectolitres. La viticulture y fut introduite au XVIIème siècle pour y faire du vin de messe. C'est au XIXéme qu'un basque (Pascal Harraigue) allait y cultiver le cépage d'Irouléguy, le tannat, qui deviendra le cépage emblématique de ce pays. 16 hectares plantés à 3200 pieds par hectare dans la commune de Juanico n'y produisent que 8000 bouteilles de grand vin. Le sol est argilo-siliceux avec un sous sol calcaire. Le tanat est bien sur majoritaire (40%), mais il estaccompagné de 17% de cabernet sauvignon, 15% de cabernet franc et 28% de merlot. Tous ces cépages macèrent ensemble dans de petites cuves en bois de chêne. Il faut régulièrement bacher le vignoble pur que les pluies ne viennent gêner la maturation du raisin.

 

    Chai Casa Magrez Uruguay

  Les chais Casa Magrez Uruguay (copyright B Magrez)

 

 

MAROC Lumière de l'atlas, Guerrouane 2003

 

Ce dernier n'est pas à proprement parler un cru appartenant à B Magrez, mais en copropriété avec Gérard Depardieu (qui possède 7 propriétés au total). L'équipe Magrez coache entièrement ce vignoble comme pour les maintenant 40 vignobles. Il est élaboré sur le domaine de Sahari avec 50% de syrah et 50% de grenache.

 

 

     rosl1

     Les vignes près de Meknes (copyright lili54)

 

  Les celliers de Meknes (copyright l'hotellerie-restauration)

 

Globalement, une très mauvaise dégustation. Le vin japonais est assez fin, sur des parfums du potager du nord de la France (rhubarbe..), mais d'ampleur très limitée. Les quatre autres sont grossiers, massifs, manquant de longueur, boisés, sucrés. Du casilero del diablo, concentré en quelque sorte. Nous recommandons d'éviter, surtout à ce niveau de prix.

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 17:54

Beaucoup de chance pour nous de déguster les vin d'un domaine de légende.

 

Jean Louis Chave sur ses parcelles de Saint Joseph (copyright Jacques Perrin, mille plateaux)

 

La famille est reconnue pour produire depuis le XVème siècle (1481 précisément) un hermitage de très haute qualité qui s'arrache dans le monde entier. Y accéder est quelque chose d'exceptionnel, et nous le ferons. En attendant, nous commencerons par une autre vigne de la famille Chave, le Saint Joseph, encore plus passionnant, car ces pages sont en train d'être écrites par la génération actuelle, pour elle-même, et surtout pour les générations futures. Il ne s'agit donc pas du St Joseph de négoce, offerus, mais d'un vin fait de bout en bout par Jean louis Chave sur seulement 1.5 hectare situé sur la commune de Lemps, au lieu dit Bachasson. Et là, on refait tout, depuis la reconstitution des terrasses dans des pentes hallucinantes (montant depuis 125 m d'altitude jusqu'à 280 mètres en quelques dizaines de mètres) jusqu'à la replantation de ce terroir injustement oublié. Une gourmandise encore accessible, avec des prix allant de 30 à 45 euros. C'est cher pour cette appellation, mais c'est le prix autant de la légende (amenant une demande très au dessus des bouteilles disponibles chaque année), que du travail titanesque réalisé de façon obsessionnelle. D'ailleurs, ce n'est pas le domaine qui fait la marge, le vendant 15 euros HT.

 

Le domaine a de plus acheté en 2003 des terrains qu'il remet en vigne dans les coteaux de Chalaix, puis il y a quelques années 4 hectares d'un tenant sur Chalaix toujours en appellation Saint Joseph appelé le clos de l'arbalestrier, comprenant des vignes rouges pour 75% et blanches (roussanne essentiellement) pour 25%. Ces derniéres vignes semblent en apparence moins bien situées car en bas dans la vallée, mais il s'agit d'un cône d'accumulation des alluvions granitiques du ruisseau situé en dessous, réalisant en fait un très beau terroir pour la vigne. C'est un retour aux sources pour cette famille paysanne originaire de Saint Joseph (il y a d'ailleurs un lieu dit Chave juste au dessus du lieu dit Bachasson) et qui a eu dans le passé le nez de traverser le rhone pour acheter des vignes en hermitage. Il ne sera pour Jean Louis Chave pas question de faire des sélections parcellaires avant d'avoir vérifié en bouteille avec le vieillissement nécessaire qu'il y ait bien une expression différente entre les cuvées, ce qui est prévisible mais non encore démontré.

 

Jean Louis Chave dans ses vignes de Saint Joseph (copyright Jacques Perrin, mille plateaux)

 

Le sous sol de ce saint joseph est composé de granites très décomposés, riches en fer et quasiment schisteux. La trame verticale de ces roches permet aux racines une pénétration profonde du granit avec une expression minérale plus marquée. Dans cette zone, la culture de la vigne a été abandonnée du temps du phylloxéra, trop cher à entretenir et ne suffisant plus pour vivre. Les Chave ont replanté depuis 1996, remis en fonction, restauré les terrasses dont il ne restait plus que des vestiges (voir photo ci dessus). Cette petite vallée latérale calme est située perpendiculairement au Rhône. Les pentes très abruptes sont orientées plein sud. Le chêne vert s'y maintient, alors qu'en dehors, il ne pousse que bien plus au sud.

 

Nous boirons:

2002: costaud, mais long et d'un bloc. Les tannins sont soyeux.

2005: moins intéressant que 2006 et 2007 avec un coté asséchant. Jolis parfums et jolie longueur.

2006: gracile avec de la finesse qui va loin au fond de la bouche. Minéral. Beaucoup de parfums, toutefois moins que dans le 2007.

2007: grande longueur avec énormément de parfums sur le cassis, les fleurs type violette, rose, la truffe, le poivre. Les tannins sont présents mais très beaux. Bien construit.

2008: longueur moyenne, jolis parfums peu développés.

Une bien belle dégustation avec des vins ayant naturellement moins de présence que les Hermitages, mais un coté minéral attachant.

Christophe nous a sorti un saint joseph 2000 de Gilles Barge, beaucoup moins interessant, mais surtout de Gilles Grippa du même millésime très fin, minéral avec un caractère cristallin étonnant. Il ressemble à un Bourgogne. Pour plusieurs qui ont reconnu qu'il ne s'agissait pas du même domaine, le plus joli vin de la soirée.

 

Vidéo sur le Saint Joseph ici et ici. Le clos à Saint Joseph ici.

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 15:39

 

L'appellation Bandol est méconnue du grand public alors qu'elle fournit parmi les plus grands vins de France, j'en suis convaincu. La Tour du Bon est une des propriétés qui fait bon dans ce petit coin de paradis. Voyez le à 360° au travers de ces images. La Famille Hocquard n'acquiert cette propriété qu'en 1968 comme maison de vacances. Les vignes avaient été plantées à partir des années vingt. L'histoire du domaine est joliment illustrée ici.

 

Antoine Pouponneau, ancien régisseur (copyright dégustateurs.com)

 

La propriété fait un total de 16 hectares dont 4 en fermage. Il y est produit les trois couleurs de vin avec en rouge les cépages mourvèdre, grenache, cinsault et carignan. L'âge des vignes est de 30 ans en moyenne.

 

Le sous sol est marno calcaire, situé sur un plateau à 150 mètres au dessus de la mer, située à quelques encablures. Il s'agit d'argile de décomposition comprenant des sols rouge de type terra rossa (très célèbre dans la coonawarra en Australie où ce sol favorise des cabernets sauvignons d'anthologie) et des sols blancs, marneux, sablonneux et limoneux.

 

Sols blancs (devant), sols rouges (derrière); copyright dégustateurs.com.

 

Les sols blancs amènent un vin plutôt fin, alors que les sols rouges impriment aux vins de la  structure, une profondeur.

Les vignes sont situées sur un cirque anturel complanté de chênes verts, oliviers, amandiers et de pins d'alep. Le thym y imprime ses parfums, poussant partout autour du domaine. Le mistral amène une protection naturelle contre la pourriture et de nombreuses maladies. Le mourvèdre s'y plait particulièrement, les pieds au sec et baignant dans une athmosphère humide liée à la proximité de la mer. Ceci lui apporte les conditions de maturité idéales. Une présentation de l'appellation est disponible sur la présentation de la verticale de chateau Pradeaux faite il y a maintenant 4 ans: Vieux millésimes de Chateau Pradeaux à Bandol.

 

Carte-Bandol-copie-1.jpg

            La tour du bon est situé au dessus du mot le Brulet 

 

 

Agnès Hocquard (copyright v comme vin)

 

La récolte est entièrement faite à la main dans des caissettes de 30 Kg, par parcelles. Les rendements sont faibles, en moyenne de 30 hl/ha (pour Saint Ferréol: 21, 23, 30, 26, 20 hl/ha en 96, 97, 99, 01, 04). L'élevage est réalisé en foudre (1/2 muids soient 600 l pour Saint Ferréol) et Il n'y a pas de filtration.

 

La cuvée Saint Ferréol, née en 1987 par l'idée de réunir les plus beaux mourvèdres de la propriété, ne se fait que lorsque le reste de la récolte est bon et ne diminuera pas la qualité du rouge du domaine. Le mourvèdre y est encore plus dominant avec plus de 90% de l'assemblage en moyenne (99% en 96, 97, puis 90% après). Ce sont quelques grappes de grenache en 1996 et 1997  puis de carignan à partir de 1999 qui vont compléter cette cuvée. Les raisins sont généralement en large majorité égrappés (90%) . Elle exhale souvent des notes de garrigue, cuir, truffe, épices, tabac, de lys soutenus par une belle minéralité.

 

Nous avons bu cinq millésimes de Tour du bon dans la cuvée Saint Ferréol. Une dégustation magnifique:

1996: souffre de son passage après le 97 mais reste très joli, plus strict que son successeur, avec une belle longueur.

1997: le plus beau très bourguignon, une belle longueur et de très nombreux parfums avec des agrumes, du zan, de la cerise, mentholé, rhubarbe, de la coriandre en finale.

1999: très très beau, avec un défaut majeur , un caractère asséchant, pas très marqué, mais présent.

2000: long, moins épais avec des parfums de pruneau, bois précieux, café, déclinaison de café, graphite.

2004: encore sombre, belle longueur, déjà bien parfumé, tannins bien présents, mais pour beaucoup se gardera et peut se boire.

 

Pour 25 euros, le domaine de la tour du bon nous fait un magnifique vin que trop peu de personnes connaissent encore, mais chut...

 

Nous boirons aussi 1998 dans une horizontale de Bandol de ce millésime prévue pour 2014.

 

Le fil de discussion sur la passion du vin.

Vidéos: ici

 

 

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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 13:05

 

(copyright cave SA)

Voici le complément rouge à la dégustation des vins blancs de MT Chappaz à retrouver ici notamment pour les liens bien intéressants (2 heures à la radio passionnants).

 

Elle en cultive 8 variétés différentes de raisin rouge qui peuvent être embouteillées seules ou en assemblage:

- cabernet franc, cabernet sauvignon, merlot (grain noir),

- gamay,

- syrah,

- pinot noir,

- humagne rouge

- cornalin.

 

Marie Thérèse Chappaz a pour passion en ce moment son humagne rouge, un cépage qu'elle ne comprenait pas jusque là. Plus elle en fait, plus elle l'apprécie pour sa profondeur et sa complexité. C'est un vieux cépage valaisan arrivé là depuis au moins le XIIIème siècle par le col du grand Saint Bernard, venant d'un croisement du cornalin du val d'aoste et d'un autre cépage à ce jour inconnu. Il n'en restait que 75 hectares en 2002 et seulement 5 ou 6 parcelles dans les années 60. Il est réputé pour être sauvage en gout. Nous le dégusterons sous la forme du grain mariage, composé environ (variable selon l'année) de 80% d'humagne et 20% de cornalin: il exhale des parfums de fruits noirs, de fumé, de lierre.

 

 

Elle ne fait pas plus de 3-400 bouteilles du cornalin (grain cornalin), un cépage là aussi indigène du Valais. Il y est connu depuis au moins le XIVème siècle. Il s'est appelé rouge du pays ou landroter, mais comme c'était pas assez vendeur, il a été rebaptisé de son nom actuel en 1972 alors qu'on l'avait oublié. Il a été retrouvé en effet à cette époque et replanté par un vigneron sur 100 m2!! Il y en a actuellement 99 hectares plantés en Valais. Il vient d'après les analyses génétiques du croisement de 2 cépages valdotains (Val d'Aoste) le petit rouge et le mayolet. C'est le phylloxéra qui va accélérer la disparition de ces vieux cépages en Valais, car ils seront remplacés par des cépages plus dociles et au gout du jour. Il apporte des parfums de cerises, fruits noirs, chocolat, menthe poivrée et girofle.

 

La syrah (grain syrah) est arrivée de son berceau Français en 1926 pour s'installer plus haut dans le Rhône.On s'est aperçu qu'elle y montrait particulièrement des parfums épicés et floraux.

 

Le pinot noir (grain pinot) est planté sur la rive moins chaude du Rhône pour ne pas produire des vins trop lourds et confiturés, garder de la fraicheur.C'est le cépage le plus planté en Valais comme en Suisse.

 

Dégustation à venir 

 

Le domaine de la Liaudisaz (Copyright la passion du vin une magnifique présentation des vins de MT Chappaz par Peterka)
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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 21:26

MTC          (copyright la revue des vins de France)

 

 

Marie Thérèse Chappaz est une passionnée. Elle représente la biodynamie en Valais, région située en bout du lac Léman côté Chamonix. Ses vins sont très recherchés des amateurs car il s'agit d'une viticultrice artiste. Elle maitrise les cépages endémiques suisses comme ceux un peu plus internationaux comme la malvoisie, le cabernet sauvignon, le pinot noir ou le merlot. Elle s'est prise au jeu en recevant en héritage à 17 ans sa première parcelle de pinot noir alors qu'elle se destinait à une autre carrière. Son domaine ne fait que 8,5 hectares sur cinq communes dans des pentes terribles (en Valais, 50% de pentes sont supérieures à 30%), certaines n'étant accessibles qu'en monorail. On se trouve vers 400 à 600 mètres d'altitude et les sommets alentours sont à plus de 2000. Il s'agit de son 24ème millésime. Son domaine prend sa source dans la reconstitution de celui de son grand oncle, Maurice Troillet (président du conseil d'état valaisan mort dans les années 60) dont elle prend soin depuis 1987. Maurice Chappaz le poëte mort en 2009, est son oncle et s'est occuppé du domaine. Sa femme, l'écrivaine Corinna Bille, et lui avaient planté la petite vigne d'humagne blanche au moment de leur rencontre dont s'occupe toujours Marie Thérèse et qui doit constituer sa cuvée la plus rare. Nous aurons la chance de déguster ce vin dont elle ne produit qu'une centaine de bouteille par an. MT avait travaillé 6 ans au sein de l'école de viticulture dont elle est issue, Changins, avant de s'occuper du domaine actuel. 

 

          (copyright Jacques Perrin)

 

Le Valais:

Une des viticultures les plus hautes d'Europe, montant jusqu'à 1100 mètres d'altitude, située en Suisse romande le long du Rhône encadré dans cette région par de hautes montagnes. Les étés y sont chauds et secs et les automnes tardifs. Les différences de température entre le jour et la nuit en hiver y favorisent une maturité équilibrée du raisin. Les vents qui s'engouffeent dans cette vallée glaciaire y jouent un rôle important: le foehn par exemple, empêche la pourriture de s'installer, aide la maturation lente automnale du raisin et atténue les risques de gel. Le valais c'est plus de 3000 km de murs de terrasse, 120 km de vignes de part et d'autre du Rhône, 5200 hectares de vignes avec 22000 propriétaires.

 

Valais

(copyright la revue des vins de France)

 

Fully

Les terroirs sont très divers en Valais essentiellement composés d'éboulis, gravelages, loess et les moraines. Seul le substrat ancien est profond. La profondeur et la composition de ces sols, leur teneur en calcaire et en limons, la grosseur des sables influent grandement sur les capacités de la vigne à produire de bons vins, notamment en modifiant la capacité à retenir l'eau. Sur Fully où est principalement situé le vignoble Chappaz, les éboulis sont cristallins, granit et gneiss essentiellement. Les claives , le terroir de prédilection de MT, les sols sont granitiques, exposés plein sud . La petite arvine et l'hermitage (marsanne du Rhône Français) s'y sentent particulièrement bien. Mais la carte vous montrera une réalité beaucoup plus complexe.

 

La petite arvine et l'humagne blanche sont les deux cépages autochtones blancs du Valais. La première n'a génétiquement pas de parenté connue avec les autres cépages européens. La deuxième était traditionnellement reservée aux seigneurs et aux accouchées dans le Valais. On a des traces historiques de sa présence dès 1313. Elle se rapproche génétiquement de vieux cépages oubliés du sud de la France, le colombaud blanc de Provence et le chichaud d'Ardèche. On en trouve pas plus de 13 hectares au monde, malgré un engouement récent pour ce cépage qui en a fait doubler la surface !!

 

La marsanne a été introduite par le grand oncle de Marie Thérèse Chappaz en Valais, où elle n'existait pas, dans les années 20. Elle possède donc les plus vieilles vignes de la région, ayant plus de 80 ans (les autres parcelles ont 40 ans). Ces vignes sont cultivées en biodynamie depuis 2000.

La taille traditionnelle valaisanne est dite en tire bouchon.

 

  Pour les vins blancs, MT travaille généralement avec les lies. Elle filtre très légèrement.Les secs voient peu le bois neuf, généralement reservé aux blancs doux.

 

Les vins sont divisés en plusieurs gammes:

 

- Les pots à boire sur le fruit

 

- Les terroirs (fendant)

 

- Les vins de garde dont font partie les autres vins

 

- Les grains nobles

 

 

 

Nous boirons 6 vins de MT Chappaz du fait des quantités limitées (les bouteilles font souvent 50 cl):

 

- Fendant Fully coteaux de Plamont 2008 (du chasselas sur un terroir granitique). Il apporte des goût d'agrumes, de fruits blancs et jaunes (melon vert, mirabelle), rouges (framboise), de fleurs (aubépine, verveine), d'herbes aromatiques, de silex, de tourbe avec une pointe d'amertume. Ce fendant de luxe laisse exprimer son sol sous forme de minéralité. Il y a souvent un côté perlant à ces vins, apportant un côté frais supplémentaire: Frais, avec peu de nez, il exhale des parfums peu fréquent comme de la noix verte, de la rhubarbe. Pas très long, ni très prsistant, mais agréable.

 

- Grain cinq 2009 (issu d'un assemblage de plusieurs cépages plantés sur terroir granitique: Pinot Blanc, Païen, Sylvaner, Petite Arvine, Ermitage). Cela donne des parfums d'agrumes, de rhubarbe, des fruits exotiques (mangue), de pierre à fusil. Ecoeurant, c'est l'avis de la majorité. Ouvert 1/2 h sur son bouchon, il est dissocié avec du sucre et de l'amertume trop prédominantes et non liées. Mais, il s'améliore un peu en matière de liaison avec une heure d'ouverture donnant une impression moins grande de dissociation.

 

- Humagne blanche du domaine des claives 2009: Elle exprime jeunes de délicieuses notes florales (blanches), anisées et agrumes puis évolue avec les années vers des notes résinées et résinées originales. On l'a clairement raté. Ouvert pareil une demi heure sur le bouchon, il est beaucoup trop fluide, sur le miel de sapin et au nez la guimauve. Une heure d'ouverture le métamorphose complètement, le rendant d'une grande originalité, d'une belle persistance avec une structure minérale qui n'était pas évidente dans la première gorgée.

 

- Petite arvine de Fully 2010 (produite sur le terroir de Grû à Chamoson, dans une version sèche): fruits confits, rhubarbe, glycine, agrumes (pamplemousse), pierre au soleil avec une salinité. D'un premier abord, classique abvec une belle minéralité persistante. Belle longueur qui trace jusqu'au fond de la gorge. Une heure d'ouverture vont dévoiler un côté une discrète oxydation qui se conjugue à merveille avec la gamme d'agrume (yuzu surtout). Le premier test le rendait diamétralement opposé au suivant pourtant issu du même cépage et en partie du même terroir.

 

- Grain blanc petite Arvine 2009 (sec, mais bcp plus exhubérante que la précédente, elle est produite à Fully sur les coteaux de la Louye): Fruits de la passion, violette, kiwi, coing, confiture de rhubarbe. Choc, avec une belle longueur, un mélange très élégant de minéralité, d'amertume sur les agrumes (pamplemousse surtout) et d'un côté discrètement oxydatif (miel d'acacia, amande, noisette) amenant à un équilibre inhabituel et souverain. Très original et au départ n'ayant rien à voir avec son frère "Grü de Chamoson" qui le rejoindra après ouverture longue vers cet équilibre follement original. Un choc que cette comparaison initiale que seule la deuxième dégustation permettra de résoudre.

 

- Grain d'or ermitage 2007 (contient 5% de roussanne, cépage là aussi de l'hermitage blanc):  il est vinifié en barrique récolté tardivement restant sec avec l'extrait d'un liquoreux: fruits jaunes (coing, abricot, mirabelle) et blancs (poire), agrumes (fleur d'oranger), gingembre, fleurs blanches (acacia), truffe, miel, menthol, coriandre fraiche, cannelle, rhum, praslin, café, thé, tourbe, fumée avec beaucoup de gras et une belle amertume. Là, c'est imbuvable. Banane "beaujolais", vernis à ongle, c'est la grande industrie que tout le monde recrache instantanément. L'ouverture prolongée ne lui apportera qu'un corps plus lié et ces parfums éminament moins marqués.

 

Dégustation extrèmement originale dont il a fallu la deuxième partie avec une revision des vins ouverts au moins 1 à 2 heures pour ne pas passer à côté, ce qui a failli nous arriver. Deux vins sont totalement désagréables, ce qui est étonnant au regard de la réputation de la vigneronne.

 

Une poésie de l'oncle de Marie Thérèse pour bien finir la dégustation:

 

"Leur double cri bleu annonce la nuée aux quatre coins du vallon aux clairières brunâtres, tapi dans sa moiteur d’après la neige.
Semaines d’eau et de rouille.
Les arbres quittent les chemins, guillotinés par les coucous.
Mon ermitage s’est fondu dans le brouillard. Il y a des gouttes d’oiseaux dans le ciel. Je n’ai pas mangé. Je ne bougerai pas.
Toute vie s’écoule comme de la pluie.
Tu attends un royaume ?"

 

                                                                               Maurice Chappaz

 

 

Quelques vidéos pour aller plus loin:

- interview

- Présentation de son domaine

- Une autre présentation (regarder la troisième vidéo)

 

Une emission de radio

 

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:06

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-3.JPG

(copyright la passion des vins.fr)

 

De très vieilles vignes presque centenaires, une vinification moderne avec un large utilisation de la barrique neuve sont une des voies (voix) qu'a choisi Jean Luc Colombo pour que Cornas fasse parler de lui. Cela ne fait que peu de temps que la population entend parler de cette appellation de réputation pourtant très ancienne. Pas les amateurs, qui savent que Colombo fait partie de ces pionniers ayant remis Cornas sur les rails de la célébrité qu'il méritait. Et l'avenir est assuré car de nombreux jeunes idéalistes s'y sont installés. JL Colombo y est installé depuis 1986 avec pour premier millésime 1987. Il a trois types d'activités: la production de vins de son domaine, une activité de négoce et une dernière de conseils oenologiques.

 

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-5.JPG

(copyright la passion des vins.fr)

 

Cornas:

Cornas fait partie des côtes du Rhône septentrionales, recouvrant 110 hectares en terrasses très pentues. Il s'agit de la partie la plus sud du couloir formé par le Rhône. Après finis les coteaux pentus et  terrasses. . A Cornas, comme de plus en plus dans cette région, les vins sont vinifiés par parcelle, comme en Bourgogne. La syrah est originaire de cette zone, et elle a eu le temps de s'adapter aux spécificités de chaque parcelle, apportant des nuances différentes pour chaque exposition, chaque orientation (voir la verticale de la parcelle Chatillonne de Vidal Fleury).

 

Le terroir fait la part belle aux granits dégradés (gore) magnifiés par un seul cépage, la syrah. Il y a aussi, particularité de ces vignobles de côteaux débutant au nord en côte rotie, des lentilles de calcaire. Tout autour, la nature brille de milles feux du sud, avec des chênes verts, des genévriers, des bosquets sauvages régulièrement répartis. La provence est plus proche de Cornas que de n'importe quelle appellation des cotes du Rhône nord. Son nom même signifie terre brulée

 

Le domaine Colombo:

Il fait 6 hectares, mais ne comptait que 1.5 au départ de l'aventure. Il produit trois Cornas de vieilles vignes issues d'un terroir séparé (Ruchets, vallon de l'aigle, la louvée), et une cuvée d'assemblage, terres brulée.

Les vignes des Ruchets sont préphylloxériques, c'est à dire sans porte greffe ou franches de pied.  C'est devenu très rare en France et c'est probablement le sable (issu de l'arêne granitique, décomposition du granit) que ce dévastateur déteste, qui est à l'origine de la persistance de ces plantes du début du siècle passé. La pente est très abrupte (voir film) sur cette parcelle allant jusqu'à 38%, surplombant le village de Cornas. La surface totale est de 4 hectares avec une production moyenne de 13000 bouteilles par an.

 

 

 

Viticulture et élevage:

Les vendanges sont manuelles en cagettes, la viticulture proche du bio depuis le début: pas d'engrais, pas de desherbants. Les rendements sont ridicules sur les ruchets, moins de 20 hl/ha en moyenne. Il pratique une macération préfermentaire de 4 jours puis 3 semaines de macération. Il égrappe entièrement ses raisins. Les fermentations sont effectuées à faible température (20-25°C) dans des cuves inox pour conserver de la fraicheur et le plus possible de fruit. L'élevage est plutot long par rapport aux habitudes locales. En effet, le vin voit 70% de bois neuf (Bordelais comme Bourguignon) pendant 2 ans. Mais seul le vin de goutte (qui s'écoule naturellement) aura droit à l'appéllation Cornas, alors que les vins de presse seront déclassés sous la dénomination cotes du Rhône. Anne Colombo conduit la propriété familiale depuis 2000, amenant à un bois neuf plus discret et recherchant plus de fraicheur dans les vins.

 

 

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-22.JPG 

(copyright la passion des vins.fr)

 

La dégustation est très riche, retrouvant des fruits noirs et rouges (cerise, cassis, mûres), de la violette, des épices (poivre, clous de girofle), des herbes aromatiques (menthe poivrée), du cacao, de la minéralité (terres mouillée).

 

Nous boirons les millésimes suivants du plus jeune au plus vieux:

1990: le même que 1998 en plus évolué. Le vieillissement ne lui apportera plus rien. Tout ce que j'aime dans un vin. Waouh

1998: une perfection minérale, d'une insigne richesse, avec du cuir, bois précieux, de nombreuses fleurs telles la pivoine, la rose. On a ressorti les souvenirs de la Romanée Conti et de la Tache, c'est dire.

1999: exceptionnel de longueur, droiture, puissance. Plus jeune que le 2001.

2001: d'une insigne finesse, manque peut être un peu de longueur, ais quels parfums

2005: grand mais pas prêt.

 

Dégustation comme on en a fait peu. Un ensemble extraordinaire qui montre le potentiel très qualitatif des Cornas.

 

Voici quelques vidéos pour aller plus loin: ici, ici, ici

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