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Le chateau Pradeaux est, avec le domaine Tempier, celui qui a tenu bon dans la tempête des années productivistes que la France a connu entre les années 60 et 90. Ils sont les deux seuls domaines à avoir porté haut les couleurs de cette magnifique appellation de Provence, la seule capable de produire des grands vins de façon homogène et régulière dans cette région. Il s'agit aussi d'une des plus belles expression du mourvèdre (ou monastrel en espagne, pays d'où il est de façon lointaine originaire et mataro dans les pays du nouveau monde) au monde. La raison vient du sous sol varié de schistes, d'argiles rouges, de calcaire couplé à la proximité de la mer qui apporte une humidité constante alors que le sol méditerranéen ensoleillé (d'autant plus que l'appellation est un amphithéatre, voir photo) laisse les racines au sec  et permet du fait de l'arrière saison un murissement sur pied très long : un régal pour ce cépage, qui explique qu'il réussisse aussi bien à l'île de Porquerolles non loin de là, un terroir de côtes de Provence à la disposition géographique très proche. Le mistral, très présent à la fin de l'été, apporte lui aussi sa contribution, écartant de façon tout à fait naturelle les risques de pourriture dans les raisins.
L'installation de vignes dans cette région s'est faite depuis l'Antiquité, pour des raisons évidentes de commodités de transport, Bandol étant un port aisé pour l'exportation vers l'Italie.

 

Cyril Portalis


Les cépages de complément sont le grenache et le cinsault, quasiment absents dans les vins rouges de Chateau Pradeaux. Il y a dix à vingt ans,  quand a commencé la mode des cuvée de mourvèdre pur,  toutes les propriétés faisaient des assemblages de tous les cépages autorisés. Elles ont appris de Pradeaux et Tempier  qui en font depuis plus de cinquante ans, la beauté des vins de ce cépage adapté depuis le XIVème siècle à ce terroir. Pierre Casamayor estime que " à Bandol, le mourvèdre, ce macho latin, s'habille de soie et cultive le baise main". Le grand BoB soi même a, chose étonnante, beaucoup apprécié ces vins, pourtant non boisés : "les millésimes 89 et 90 de ce chateau sont d'une stature monumentale (classé *****) ". La famille Portalis possède le chateau depuis 1752. Elle compte dans ses rangs le comte Jean Marie Etienne Portalis qui est un des fameux rédacteurs du code civil.
Les rendements sont très faibles à Chateau Pradeaux, en moyenne 26 hL/Ha. sur 21 hectares. La vinification est on ne peut plus traditionnelle, laissant la rafle macérer longtemps avec le raisin. Jamais de fût neuf, mais des vieux foudres exclusivement. Un élevage très long de plus de trois ans, comme chateau Yquem. Il en résulte un vin jeune très dur et astringeant, qualifié parfois de méchant ou féroce !!, à mon gout imbuvable dans les dix premières années minimum. C'est après, passée cette phase ingrate, qu'apparaissent les parfums qui font de Pradeaux un grand vin tapissant : havane, pruneau, rose, épice, cuir, cacao, poivre, notes animales, olives noires avec une astringence oubliée, disparue. Pierre Casamayor l'avait qualifié de Haut Brion de Provence.
Les daubes, les gibiers sont des alliés naturels de ce vin.
Nous boirons les millésimes 1975, 1978, 1982, 1985, 1986 et 1989. Un privilège, car les vieux Pradeaux sont des gourmandises très recherchées...

Bonne dégustation !!

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