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Bon début d'année puisque nous nous réunissons autour de cette légende de Pauiilac, dans le Médoc. Lafite est situé au nord de sa commune proche de Mouton et des vignes de Saint Estèphe (contre Cos d'Estournel, Lafon Rochet seulement séparés par la jalle du Breuil), mais éloigné de Latour, les deux pichons et les trois Léoville (eux sis dans la commune de Saint Julien) par la ville de Pauillac et le chenal du Gaët au sud. N'oublions pas que nous sommes en bord de Gironde, sur des palud (marais salé).
Planté vers 1675, ce vignoble acquiert rapidement une grande estime auprès des amateurs londoniens. Il devient la possession de la famille de Ségur (qui exploite également Latour, Mouton et Calon !!), incarnée par Nicolas-Alexandre, surnommé le "prince des vignes". C'est la révolution Française qui va mettre un terme à ce fabuleux patrimoine. La famille de Rothschild l'acquiérera en 1868, quinze ans après Mouton, ce qui va engendrer une compétition effrénée entre les deux branches de cette grande famille pendant près d'un siècle. Ceci apporte par ailleurs un éclairage historique intéressant sur les motivations des Pinaud et autres Arnaud à acheter un premier cru, rêvant probablement de fonder une dynastie aussi visible pour les siècles à venir. Lafite pense triompher quand Mouton n'est classé que deuxième en 1855. Mais, ils vont entrainer une course au prix le plus élevé pendant plus d'un demi siècle. La rivalité ne s'arrêtera que grâce à Jacques Chirac, incorruptible ministre de l'agriculture, qui accordera en 1973 la seule et unique modification postérieure du classement impérial des grand crus classés de  Bordeaux en 1855.
Lafite n'a pas toujours procédé aux selections nécessaires pour obtenir le plus grand vin possible. Mais, cela fait trente ans maintenant que la politique a changé avec Eric de Rothschild, et que les sacrifices sont exemplaires pour offrir le plus grand du Médoc chaque année.

                                                            Lafite vu depuis Cos d'Estournel

Le terroir de 110 hectares est situé sur une croupe de graves profondes dont la pente est idéale pour un drainage naturel, évitant que les vignes aient "les pieds dans l'eau". Le socle calcaire le distingue des autres premiers de l'appellation en lui apportant une finesse à nul autre pareil. Il est fait en moyenne 250000 bouteilles annuellement. Une partie du terroir, la parcelle des carruades, est située en appellation Saint Estèphe avec le droit de s'appeler Pauillac (on ne prête qu'aux riches ou petit bréviaire à destination des politiques pour savoir refuser un service aux puissants, cf plus haut).


Le cabernet sauvignon est sa muse, agrémenté de 20% de merlot, et de 1% de petit verdot, proportions variables selon les années, essentiellement dépendant du murissement de chacun.
Le premier vin développe des arômes de cèdre et de graphite, avec une texture caressante malgrés des tannins qualifiés de secs, un exploit ! Lafite, c'est la race à l'état pur., un vin authentiquement aristocratique, qui ne se livre qu'avec le temps. Bravo à Charles Chevalier de produire un nectar aussi brillant, tout en réussissant à sélectionner un second vin, les carruades, de haut niveau.

                                                               les chais de Lafite par Ricardo Bofil

Les millésimes dégustés seront :
carruades 1994 : Un bon début, un peu rigide et manquant de parfums, mais on sent de la race.
1983    très beau millésime, presque bourguignon pour ses parfums, avec une belle trame, de la longueur. Très beau. A son apogée.
1985    grand, grand, grand; il boxe en première catégorie, boule de muscle élégante et racée, il reste très jeune et possède encore beaucoup d'avenir.
1993    petit millésime et nous verrons les capacités de ce cru à sortir un grand vin malgré les conditions. Eh bien pas mal. Le vin est droit, long (moins que les précédents) peut être un peu monolytique mais assez beau. Une réussite pour l'année. A dèjà des parfums tertiaires contrairement à son successeur.
1994    millésime classique. Arômes primaires de prune, de fruits rouges, étonnants. Minéralité, graphite, assez jolie longueur. Pas grand, mais il fallait le faire dans l'année. A garder encore pour voir apparaitre les arômes tertiaires qui animeront son coté un peu trop monolytique.
1998    très grand millésime qui commence à se gouter dans sa plénitude. Waouh.. Il a tout. C'est "phénoménal" (il se reconnaitra).

Merci à Robert (pas Bob) pour nous permettre d'accéder à ce mythe.

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