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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 12:06

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-3.JPG

(copyright la passion des vins.fr)

 

De très vieilles vignes presque centenaires, une vinification moderne avec un large utilisation de la barrique neuve sont une des voies (voix) qu'a choisi Jean Luc Colombo pour que Cornas fasse parler de lui. Cela ne fait que peu de temps que la population entend parler de cette appellation de réputation pourtant très ancienne. Pas les amateurs, qui savent que Colombo fait partie de ces pionniers ayant remis Cornas sur les rails de la célébrité qu'il méritait. Et l'avenir est assuré car de nombreux jeunes idéalistes s'y sont installés. JL Colombo y est installé depuis 1986 avec pour premier millésime 1987. Il a trois types d'activités: la production de vins de son domaine, une activité de négoce et une dernière de conseils oenologiques.

 

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-5.JPG

(copyright la passion des vins.fr)

 

Cornas:

Cornas fait partie des côtes du Rhône septentrionales, recouvrant 110 hectares en terrasses très pentues. Il s'agit de la partie la plus sud du couloir formé par le Rhône. Après finis les coteaux pentus et  terrasses. . A Cornas, comme de plus en plus dans cette région, les vins sont vinifiés par parcelle, comme en Bourgogne. La syrah est originaire de cette zone, et elle a eu le temps de s'adapter aux spécificités de chaque parcelle, apportant des nuances différentes pour chaque exposition, chaque orientation (voir la verticale de la parcelle Chatillonne de Vidal Fleury).

 

Le terroir fait la part belle aux granits dégradés (gore) magnifiés par un seul cépage, la syrah. Il y a aussi, particularité de ces vignobles de côteaux débutant au nord en côte rotie, des lentilles de calcaire. Tout autour, la nature brille de milles feux du sud, avec des chênes verts, des genévriers, des bosquets sauvages régulièrement répartis. La provence est plus proche de Cornas que de n'importe quelle appellation des cotes du Rhône nord. Son nom même signifie terre brulée

 

Le domaine Colombo:

Il fait 6 hectares, mais ne comptait que 1.5 au départ de l'aventure. Il produit trois Cornas de vieilles vignes issues d'un terroir séparé (Ruchets, vallon de l'aigle, la louvée), et une cuvée d'assemblage, terres brulée.

Les vignes des Ruchets sont préphylloxériques, c'est à dire sans porte greffe ou franches de pied.  C'est devenu très rare en France et c'est probablement le sable (issu de l'arêne granitique, décomposition du granit) que ce dévastateur déteste, qui est à l'origine de la persistance de ces plantes du début du siècle passé. La pente est très abrupte (voir film) sur cette parcelle allant jusqu'à 38%, surplombant le village de Cornas. La surface totale est de 4 hectares avec une production moyenne de 13000 bouteilles par an.

 

 

 

Viticulture et élevage:

Les vendanges sont manuelles en cagettes, la viticulture proche du bio depuis le début: pas d'engrais, pas de desherbants. Les rendements sont ridicules sur les ruchets, moins de 20 hl/ha en moyenne. Il pratique une macération préfermentaire de 4 jours puis 3 semaines de macération. Il égrappe entièrement ses raisins. Les fermentations sont effectuées à faible température (20-25°C) dans des cuves inox pour conserver de la fraicheur et le plus possible de fruit. L'élevage est plutot long par rapport aux habitudes locales. En effet, le vin voit 70% de bois neuf (Bordelais comme Bourguignon) pendant 2 ans. Mais seul le vin de goutte (qui s'écoule naturellement) aura droit à l'appéllation Cornas, alors que les vins de presse seront déclassés sous la dénomination cotes du Rhône. Anne Colombo conduit la propriété familiale depuis 2000, amenant à un bois neuf plus discret et recherchant plus de fraicheur dans les vins.

 

 

http://www.lapassiondesvins.fr/wp-content/uploads/2011/10/Colombo-22.JPG 

(copyright la passion des vins.fr)

 

La dégustation est très riche, retrouvant des fruits noirs et rouges (cerise, cassis, mûres), de la violette, des épices (poivre, clous de girofle), des herbes aromatiques (menthe poivrée), du cacao, de la minéralité (terres mouillée).

 

Nous boirons les millésimes suivants du plus jeune au plus vieux:

1990: le même que 1998 en plus évolué. Le vieillissement ne lui apportera plus rien. Tout ce que j'aime dans un vin. Waouh

1998: une perfection minérale, d'une insigne richesse, avec du cuir, bois précieux, de nombreuses fleurs telles la pivoine, la rose. On a ressorti les souvenirs de la Romanée Conti et de la Tache, c'est dire.

1999: exceptionnel de longueur, droiture, puissance. Plus jeune que le 2001.

2001: d'une insigne finesse, manque peut être un peu de longueur, ais quels parfums

2005: grand mais pas prêt.

 

Dégustation comme on en a fait peu. Un ensemble extraordinaire qui montre le potentiel très qualitatif des Cornas.

 

Voici quelques vidéos pour aller plus loin: ici, ici, ici

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:00
[Monterosso.jpg]

           (copyright litalie de michelle Gastaut)

 

Les Cinque Terre sont une région entre Gènes et la cote toscane, patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997, qui regroupe 5 villages seulement.

 

[manarola+2.jpg]

 (copyright l'italie de michelle Gastaut)

 

Des falaises vertigineuses, avec des vignobles accrochés comme les villages, durs, apres à entretenir, ce qui a été très difficile durant les années 60 à 80. Cette époque était celle des rendements, du facile, des engrais. Seuls la qualité de ses vins et la passion de quelques viticulteurs les a sauvés, un peu comme les cote roties, abandonnées à cette époque aussi. Comme le prestigieux vignoble du Rhône, ce vignoble est planté depuis l'antiquité. Dans les

 

[Vernazza.jpg]

 (copyright litalie de Michelle Gastaut)

 

années cinquante, le vignoble représentait 1200 hectares, contre une centaine maintenant. Le monorail y est indispensable vu le caractère extrèmement pentu (je ne crois pas qu'il y aie de vignobles plus pentus). Ces terrasses sont un condensé de la méditerranée avec des oliviers, figuiers, chataigniers en plus de la vigne. Elles doivent être entretenues dans des conditions très difficiles.

 

  

               (copyright Jacques Perrin, voir liens ci dessous)

 

Ces vins sont DOC, l'équivalant de notre AOC.

Les cépages sont originaux, le vermentino mis à part:

- le bosco, endémique base de ces vins, amenant la minéralité, nécessaire à au moins 40%

- l'albarolla, planté surtout dans les terres les plus hautes, amène l'élégance et la finesse.

- le picabon, un vieux cépage endémique

- le rossese

- le frepalao, ces trois derniers étant rarement utilisés.

 

(copyright Jean Thibodeau)

 

Le sous sol est schisteux, avec très peu de terre, d'où le caractère indispensable des terrasses et de la végétation tout autour.

 

Il existe une version liquoreuse, la sciacchetrà, que nous ne gouterons pas ce soir là.

 

 

 

Les parfums qu'on rencontre dans ces vins secs sont le fenouil, le serpolet, le romarin, la sauge, les herbes sèches (notamment fougère), les fleurs (jasmin, genêt), les fruits blancs (poire, groseille à maquereaux) confits et secs, les agrumes (pamplemousse, citron), la pastèque, du miel, de la minéralité et des notes iodées.Il y a une belle amertume

noble généralement sur des notes d'amande.

 

 

[corniglia.jpg] 

  (copyright l'italie de Michelle Gastaut)

 

 

Nous buvons cinq vins de 2008 à 2010 de cette petite région qui respire la méditerranée:

- Buranco 2009: délicieux, fin, sec, assez persistant avec de l'amande, fenouil, fleurs blanches, miel d'acacia.

- Forlini-Capellini 2009: plus opulent, récolté plus tardivement, long avec des arômes très orientaux comme le curry et une proximité aromatique avec le précédent. Beaucoup d'agrumes, citron confit, mandarine, l'un d'entre nous l'a comparé au Y!!

- Luciano Capellini "casata dei Beghee" 2009 (une vidéo à voir et des photos à couper le souffle sur leur site montrant la dureté et la beauté de ce lieu.): une synthèse des deux, très joli et long, minéral.

- Azienda agricola Posa (Heydi Bonanini) 2008: a divisé, mais pour moi le plus intéressant avec une force aromatique peu commune, plus travaillé. Salin. C'est le seul où on ressent un élevage en bois neuf.

Le cinquième, dont je préfère oublier le nom (coopérative), ressemblait à un vin de supermarché, sauvignon léger.

Une très belle dégustation, originale, avec la gueule de l'endroit qui l'a produit. Il ne semble pas nécessaire de les attendre plus longtemps, étant parfaits en l'état. On comprend pourquoi Elio Altare a acheté une propriété ici.

 

Des reportages sur le vin dans les cinque terre ici, ici (je vous suggère de bien regarder les vidéos), ici (photos exceptionnelles) et ici (regardez la belle vie au travers de la vidéo)

 

C'est ici:

 

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 22:23

                                                       Les vignes de Trévallon (copyright cepdivin.org)

 

 

Le domaine qui révolutionna les coteaux des Baux et un des vins les plus renommés de France. Probablement le vin de Provence le plus célébré par les amateurs avec Tempier. Ou l'histoire d'un assemblage de syrah et cabernet sauvignon dans les alpilles, barrière entre la camargue et Avignon. Ce coin du sud de la France est très froid en hiver et permet la réalisation de vins très fins tout en restant  très typiques de leur région d'origine par leur fougue. Trévallon est devenu légendaire en à peine trente ans mais a été exclu de l'appellation ! Aléas de notre administration, mais cela n'a rien changé à son succès.

 

Ce domaine de 17 hectares (15 Ha de rouges et 2 de blanc) est entièrement cultivé en agriculture biologique depuis le début, c'est à dire 1973, date des premières plantations.  Le sous sol est calcaire et la vigne y cotoie les amandiers, les chênes verts et les oliviers. La guarrigue l'entoure et contribue à sa personnalité.Vingt hectares ont été laissés à la nature autour du vignoble pour le protéger.

Eloi Dürrbach en est le créateur, même si son père, peintre, en avait pressenti le potentiel en achetant la propriété dans les années 1955. Cette propriété a été achetée grace à l'argent de Rockfeller qui avait acheté une tapisserie de Guernica de Picasso, un ami de son père. C'est en 1976 que sortira la première bouteille de Trévallon. L'idée de mélanger le cabernet sauvignon bordelais à la syrah du Rhône est ancienne et avait été redécouverte par Georges Brunet du chateau de Vignelaure qui faisait de remarquables vins de ce cépage. Ce dernier était ami des Dûrrbach.

Dans cette partie de la Provence, le cabernet sauvignon offre des parfums de cannelle et de poivre mais reste austère, d'où l'idée de l'associer à la syrah (de cote rotie et hermitage) qui lui apporte du moelleux.

 

 

Trevallon_domaine

 

 

                              (copyright wineterroir)

 

Pas d'engrais et de désherbants, mais du compost donc à Trévallon. Par contre on pratique les labours, qui cassent les racines superficielles, si sensibles aux aléas climatiques et empêchant la vigne d'aller profondément chercher les éléments de sa minéralité.

 

En cave la moindre intervention est la règle. Pas de levures, peu de soutirage, pas de soufre, pas de filtration. Les élevages sont longs, 2 ans pour le rouge. La sélection est sévère et il y a des années sans Trévallon comme 2002.

Le premier à aimer le vin d'Eloi Dürrbach fut Aubert de Villaine, le copropriétaire de la Romanée Conti, qui a permis aux américains, via son importateur Kermitt Lynch (qui en prend depuis 1000 caisses par an !!), de découvrir Trévallon. Avant, c'était le porte à porte et les galères. Robert Parker s'en est mélé (il s'agit selon lui d'une des grandes découvertes de sa vie) et ça a été le succès.

 

Nous boirons les années suivantes:

1990: Ca aurait été un vin magnifique s'il n'était encore cette satanée impression d'asséchement de la bouche.

1988: joli, sphérique avec des parfums de café, bois précieux, sous bois, pivoine, rose. Manque un peu de fil conducteur.

 

1994: totalement fini et intensemment asséchant. imbuvable alors qu'il était joli comme tout à ses trois ans, même si très boisé.

1998: intéressant, avec des parfums de café, bois, fumé, peu long, mais asséchant.

2004: brutal, pas équilibré, asséchant, tous ont recraché. Gout de fer.

 

Dégustation ratée avec assez peu d'aromes médittéranéens. Il y a qques caractères communs à tous ces vins: café, coté floral (rose, pivoine) au nez.

Même le pirate (Gruaud Larose 1989!!) était totalement plat ce jour là.

 

Quelques lectures: Jacques Perrin, et la verticale

Quelques vidéos sur Trévallon: ici, ici, ici  et ici.

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:36

Eh oui, il y a quatre cuvée parcellaire de cote rotie par la famile Guigal. Les Turque, Landonne et Mouline ont une soeur, la chatillonne située en cote blonde. Elle est donc naturellement proche de la mouline, mais le prix n'a rien à voir.

La maison Vidal Fleury est extrèmement ancienne. Elle reçu la visite de Thomas Jefferson, futur président des états unis en 1787. Elle appartient à Marcel Guigal depuis 1985 alors que son père y avait fait ses classes dans les années 40. Le terroir de la Turque appartenait à la famille Vidal-Fleury, et quand Marcel Guigal acheta cette maison négligée depuis la mort de son propriétaire en 1976, sa première action fut de replanter ce terroir mythique et d'y produire la gloire viticole des Côtes du Rhône qu'il révait de posséder et que nous connaissons tous.

 

CR

                                                            Les plus grandes cotes roties selon la RVF (avril 2007)

 

 

La chatillonne appartient à cette maison depuis 1781, date de sa création. La parcelle de 0.8 hectares fournit chaque année en moyenne 3500 à 4000 bouteilles. Elle est constituée de 88% de syrah et 12% de viognier complantés. Le rendement moyen est de 25 à 30 hl/ha. La densité de plantation est de 6000 pieds par hectare. L'élevage est comme pour ses trois soeurs extrêmement long, 4 ans de fût.

 

 

La cote blonde (copyright JN Gosselin)

 

Ce qui la caractèrise est une finesse superlative. Elle a pourtant naturellement plus de tannins et de structure que les autres côtes blondes car elle est située en haut de la colline et est exposée à la fois aux froids descendant du plateau en provenance du massif central, mais aussi une orientation est qui la prive d'un peu de soleil par rapport aux vins du bas de la cote plein sud. Il y a donc souvent 1/2 degré d'alcool de moins dans la chatillonne que dans les vins plus exposés sud sur la même cote. Le froid fait produire à la vigne plus de structure, de tannins et c'est une des raisons de l'utilisation de viognier en plus grande quantité dans ces zones froides.

 

 

Nous boirons en septembre les millésimes suivants:

1988: abouti, dans la lignée de ces très grands vins. Un trouve les tannins asséchants, bcp le trouvent court, tous reconnaissent l'élégance aboutie. A mon sens, un des plus grands vins que j'ai bu jusque lors, d'une noblesse, race, grace insignes.

1991: grand écart entre les dégustateurs. La plus part ne reconnaissent pas le vin, le jugeant dissocié court, mais vaec les parfums des autres. Pour qquelques uns dont je suis, dans la continuité des précédents, minéralité caillouteuse, moins long mais sublime.

1995: là aussi très grand, d'une noblesse et d'une finesse rares.

1999: premier grand vin, d'une immense finesse, de très nombreux parfums nobles. immense.

2004: trop tôt. Du bois, mais c'est pas évident de penser qu'elle va s'améliorer.

 

Dégustationde très haut niveau, dont le prix reste humain. Les parfums sont splendides avec des parfums précieux de pivoine, violette, agrumes, framboise, cerise, cèpes, truffe, bois nobles. Pas de bois sauf le premier, celui ci ayant été totalement fondu. On a l'impression d'être dans la parcelle. Très grand.

 

Voici quelques renseignements supplémentaires sur la chatillonne, la côte rotie et les Guigal:

- la passion du vin

- Plusieurs vidéos sur la chatillonne ici et ici

- Les guigal ici , ici et ici

 

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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 22:09

  Copyright: polish wine guide

 

Le domaine a été racheté dans les années 60 à l'abandon par Paolo de Marchi, dont la famille est d'origine piémontaise. Il se trouve sur la route entre Florence et Sienne, dans la zone classée Chianti Classico, étant doté d'une superficie approchant les 50 hectares actuellement. Il est situé à 450 m au dessus du niveau de la mer.

 

Un grand vin toscan:

Le cepparello est la selection des meilleures barriques issues des plus vieilles vignes du domaine isole e olena. Cette cuvée née en 1980 est connue pour sa finesse par rapport à ses concurrents. Le nom vient d'un torrent situé à côté d'une vigne suffisamment qualitative pour rentrer dans cette ultra-sélection.

 

 

 

 

Le climat:

Le sol est argilo-calcaire, exhibant des galets et un sous sol de schistes. La viticulture est modérée dans l'utilisation des produits phytosanitaires, essayant de ne rien employer, mais ne s'interdisant rien. L'élevage est fait entièrement dans des barriques pour 1/3 neuves (moitié françaises, moitié américaines), 1/3 d'un an et le reste plus âgé. Il y sera élevé 14 à 18 mois selon l'année. La densité de plantation est de 5000 à 7500 pieds par hectare. La récolte est de 2000 Kg par hectare en moyenne, soit moins de 20 hl/ha.

 

La viticulture:

Il n'est généralement pas utilisé de levures exogènes, sauf année difficile. Le vin est élevé dans des barriques, c'est sa seule concession à la façon internationale de faire les vins, la Toscane ne connaissant jusque recemment que les foudres. Il n'est issu que de sangiovese, le grand cépage de la région, avec tout de même une exception (5% de cabernet sauvignon dans le 2007, mais c'est la seule exception à ma connaissance). C'est un vin considéré parmi les meilleurs de la Toscane dont tous les critiques disent qu'il en est un archétype, mais son prix parait raisonnable (50-65 euros) par rapport aux supertoscans, dont nous n'avions pas du tout apprécié les qualités il y a près de 6 ans maintenant.

 

 

La vue depuis isole e olena (copyright polish wine guide)

 

Nous boirons 5 millésimes de ce vin très recherché, qui obtient des notes superlatives, tant par les critiques européens que de la part des anglo-saxons.La dégustation se révèle à la fois décevant et enthousiasmant: le premier parce que 3 vins ne sont pas ou plus à la hauteur d'un domaine top, le deuxième parce que nous avons des vins avec une typicité et un air de famille évident.

 

1990: trop tard

1991: étonnant, beaucoup de parfums évolués mais un défaut majeur, un côté très asséchant des tannins, qui passera à la deuxième dégustation du vin une heure après.

1993: parfumé, mais plus avec nous.

2000: très beau vin avec un parfum divin, les arômes tertiaires pointant leur nez, avec toutefois beaucoup de bois encore présent que certains d'entre nous regrettent.

2006: assez joli, rigide comme le seront tous ses grands frères. On se dit clairement en le buvant qu'il faut l'attendre.

 

Un vin typique avec une caractéristique de rigidité en bouche (ce n'est pas un défaut, lui apportant une trame d'austérité). Aucun de ces vins ne nous a semblé présenter les caractéristiques d'un grand vin (finesse, longueur, élégance, reconnaissance universelle). Une dégustation intéressante.

 

Dégustation le 27 juin

 

Entrée du domaine

 

Voici de quoi aller un peu plus loin si vous le voulez:

 

Forum de la passion du vin sur isole e olena.

Paolo de Marchi présente sa propriété mais en italien. On comprend quand même bien.

Regardez la vendange à la propriété: la beauté de la Toscane

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:40

                                                               copyright free riders

 

Le leader qualitatif du Bellet, la chateau de Bellet, vient d'être racheté à la famille de Charnacé par un investisseur s'interessant aux vignobles qualitatifs, REM. Ils ont aussi acquis 7 hectares supplémentaires pour totaliser 20 hectares s ur les 50 en production dans l'appellation. A terme, seule une étiquette devrait persister, le chateau de Bellet.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 12:20

L'infatigable Bernard Magrez venait d'acquérir un troisième cru classé supplémentaire, dans des zones beaucoup plus difficile, Barsac. Dans cette région, le vin est plus difficile à faire que partout ailleurs et ne rapporte pas autant que les efforts qu'il nécessite. Alors félicitons le d'avoir acquis ce chateau, que n'en doutons pas, il va remonter. Mais, le vignoble du "sauternes de ma fille", son autre Sauternes va lui être adjoint. Le bourgeois au prix du classé. ll n'y aura plus grand chose de chateau Romer dans chateau Romer.

Malheureusement pour lui, il fut préempté par la SAFER pour un jeune vigneron, François Janoueix. Alors, Magrez se remit en quète d'un autre cru classé dans la même zone et il fit affaire avec la propriétaire du Clos Haut Peyraguey, un premier cru de très haut niveau, situé près d'Yquem. Souhaitons lui que la SAFER ne le préhemptera pas celui là.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 13:34

Discount?

C'est sur, ça baisse, en tout cas pour les déconnectés. Cos d'estournel sort à 115 HT soit 50% moins cher que l'année dernière.

Est ce une vraie  baisse? Les vins de cette source ont augmenté de 1500 % entre 1990 et 2010 d'après la revue des vins de France de décembre 2011. Alors, 50% de baisse, un discount?

Je vous laisse juger par vous même...

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 12:56

Les premiers sortent après les mots malheureux de Bob Parker, qui (initialement) avait considéré que l'année n'était pas bien grande.

Total, enfin, les déconnectés (50 marques les plus vendues) se lanceraient ils dans le discount: le prix de Lafite n'est plus qu'"à" 450 euros HT, soit environ 2.5 fois moins que pour 2010..

Latour, quant à lui décide de ne plus passer par le négoce bordelais, coup de tonnerre (destiné à continuer à rester très élevé? et ne pas être solidaire des autres déconnectés, semblant être obligés de baisser).

A suivre...

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 22:00

La légende allemande. Ni plus ni moins. Et pas parce que son eiswein a longtemps été le vin le plus cher du monde. Parce que ses vins sont d'une insigne finesse, d'une délicatesse transcendante. Une autre façon de boire le vin, produit Egon vigne 121

                                           la colline du schwartzhofberg (copyright ecole-nobilis)

 

 

rien que par du riesling de la Sarre récolté de sec à liquoreux. C'est Napoléon qui a permis l'emergence de ce domaine, redistribuant les vignobles ecclésiastiques: une partie de la colline du schwartzofberger a ainsi été rachetée par l'arrière-arrière grand père d'Egon Müller en 1797. Il possède 8.5 des 20 hectares de cette colline magique aux pentes vertigineuses (35 à 60°) exposées plein sud, située dans le village de Wiltigen dans la région allemande de la Sarre.

 

 

Diapositive1-copie-2

                 (copyright l'atlas mondial du vin de H Johnson). La parcelle se trouve sous Wiltingen un peu à droite.

 

La viticulture n'utilise pas d'herbicides, ni de pesticides. Les rendements se situent aux alentours de 30 hl/ha. Les vendanges sont bien entendu manuelles. Les vins sont élevés en vieux foudres de 1000 litres ou dans l'inox.

 

Cette région est intégrée dans ce qui s'appelle la Mosel-Saar-Ruwer, regroupement des trois fleuves producteurs de grands vins dans des pentes schisteuses souvent impressionnantes sur 13000 hectares. Le riesling qui occupe les plus belles parcelles, y est à son meilleur niveau car aux limites septentrionales de ses capacités à pousser. L'altitude de la colline du schartzhofberg se situe entre 180 et 310 m. Müller y possède un trésor de 3 hectares de vignes centenaires (plantées entre 1890 et 1900) franches de pied plantées en haute densité (10000 pieds par hectare).

 

La qualité des vins allemands de l'échelon supérieur (QmP voulant dire Qualitätswein mit Prädikät) repose encore sur leur richesse en sucre: dans l'ordre croissant, on croise le kabinett, spätlese, auslese, Beerenauslese (qui intègre l'eiswein), trockenbeerenauslese. A partir du niveau spätlese, généralement les vins sont moelleux, mais la trame acide très marquée permet un équilibre très différent des vins français tout en restant dans des taux d'alcool très faibles.

 

Ces vins développent de délicats aromes de pêche, d'abricot, d'amande, d'agrumes, de fleurs blanches et d'ananas.

 

Egon sigle 121

 

Je n'ai pas trouvé de vidéo parlant de ce domaine, mais les images de celles ci sont à même de vous faire comprendre la beauté naturelle et les raisons de la haute qualité des vins de cette région au travers d'un autre très grand domaine (Van Volxem).

 

Ce soir du 25 avril, nous avons bu:

 

- Schartzhof 2008 (AP 01-09): issu de plusieurs parcelles, il est fin, léger et agréable pour certains, trop citron-citron pour d'autres. C'est bien fait et agréable, mais pas très long.

 

- Schartzhofberger kabinett 2008 (AP 03-09): bcp plus long mais pas encore prêt, il ne convainc pas tout le monde.

 

- Schartzhofberger spätlese 2002 (AP 6-03): premier choc, long, long long, extrèmement élégant avec de nombreux parfums dans la gamme fleurs blanches, agrumes et fruits exotiques. Une grande finesse, un grand vin.

 

- Schartzhofberger spätlese 1991 (AP 6-92): deuxième choc, avec encore plus de parfums, peut être un peu moins long mais quelle élégance, quelle classe. Etonnant, car, ce même vin avec 11 ans de plus exhale des parfums de fruits du froid comme la rhubarbe et plus du tout de fruits exotiques.  Minéralité encore plus marquée que dans le 2002.  Pour certains d'entre nous, un des plus grands vins qui leur aie été donné de boire.

 

- Schartzhofbergerauslese 1999 (AP 5-00): Très bien fait avec une longueur moindre, et un peu trop sucré au goût de beaucoup d'entres nous, mais c'est une question de gout, car c'est très beau.

 

Au total, ce domaine est à l'évidence parmi les plus grands. Des vins qui peuvent être d'une classe et d'une finesse transcendante nous en ont totalement convaincu.

 

Pour Egon Muller, les numéros de lot sont: AP 3 567 142 + les n° ci dessus.

 

 

Pour ceux qui veulent comprendre les numéros de lot de vin allemands, écoutons David Rayer sur LPV:


Le numéro de lot fait parti du numéro AP (amtliche Prüfnummer), visible sur chaque étiquette. Il correspond à un agrément, et l’ensemble des numéros a plusieurs significations : numéro de région, de village, un numéro propre à chaque domaine, … Le plus important (à nos yeux) étant l’avant dernier. Il correspond à ce que nous nommons le numéro de lot. Le dernier est un couple de chiffres qui sont les deux derniers numéros de l’année où le vin a reçu l’agrément, soit, en général, le millésime plus une année.
Exemples concrets : le Scharzhofberger Spätlese Egon Müller 2003 que nous avons dégusté porte l’AP 3 567 142-17-04. Il correspond donc au lot 17, qui a obtenu son agrément en 2004. Le Auslese Goldkapsel 1976 a l’AP 3 567 142-24-77 (vous remarquerez que les premiers chiffres sont identiques).

La législation allemande permet de produire 4 grandes catégories de vins :
- Deutscher Tafelwein, équivalent au vin de Table,
- Landwein, équivalent au vin de Pays,
- Qualitätswein bestimmter Anbaugebiete (Qba), équivalent à l’appellation vin de qualité supérieur
- Qualitätswein mit Prädikat (QmP), équivalent à nos Aoc.
Une différence fondamentale entre les Qba et les QmP est la possibilité de chaptaliser uniquement la première catégorie. Cette pratique est fréquemment utilisée, même par Egon Müller (il ne l’a toutefois pas fait en 2003 et 2005). Seules ces deux catégories portent un numéro d’AP.

 

Après, écoutons les explications données sur caveprivée pour le niveau de sucres dans les Qmp:

 

- Trocken : vins vinifiés en sec avec très peu de sucres résiduels.
- Kabinett : vins généralement secs ou demi-secs, très agréables, fruités, qui demandent la plupart du temps trois ans avant de s’ouvrir complètement.
- Spätlese : les raisins ont été vendangés plus tardivement avec des degrés de maturité plus importants. Ces vins se dégustent après cinq à dix ans de garde.
- Auslese : il s’agit d’une sélection de raisins et de grappes cueillis en surmaturité. Les vins dévoilent toute leur noblesse au bout de dix ou quinze ans.
- Beerenauslese : raisins atteints par la pourriture noble ou récoltés en surmaturité, triés grappe par grappe et grain par grain.
- Trockenbeerenauslese : raisins atteints uniquement par la pourriture noble, triés grappe par grappe et grain par grain.

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