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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 21:50
La plaine de Beaune depuis les vignes du corton Charlemagne

La plaine de Beaune depuis les vignes du corton Charlemagne

 

 

C'est un très grand vin blanc que nous abordons là, le chardonnay sublimé sur un grand sol. Et comme toujours en Bourgogne, il faut que le domaine aie la volonté de bien travailler pour que le vin aie "la gueule de l'endroit". C'est le cas avec cette famille, et de longue date. La parcelle fait 2 hectares (sur 18 du domaine) de vignes ayant jusqu'à 50 ans d'âge.

Il s'agit de marnes siliço-calcaires pauvres, très caillouteuses, que nous avons déjà abordées lors de notre horizontale de 1992 il y a maintenant près de 5 ans.

La qualité commence par le travail de la vigne, qui utilise la charrue. La lutte contre les maladies est biologique, avec le moins possible de traitements.

Les petites caisses sont utilisées lors de la récolte pour préserver la baie. La fermentation faite en fut, comme souvent en Bourgogne, les vins sont placés dans 1/3 de futs neufs.

Le corton charlemagne des Rapet a la réputation d'être d'une insigne finesse.

 

 

Nous boirons chez Olivier les millésimes suivants

2005: grand avec de la longueur, légère sucrosité liée à l'année qui va se fondre. La minéralité n'est pas encore au premier plan comme dans les suivants.

1993: oh que c'est beau. Minéral sans concession. Le nez et la bouche sont à l'unisson pour exhaler des parfums d'agrumes, de fleurs, de miel avec une persistance remarquable, mais pas une immense longueur comme le suivant.

1990: C'est grand. Très long avec une minéralité poignante. Un très grand vin. Au nez le jasmin embaume après une longue aération, parce que au départ, c'est très animal.

1986: plus autant d'intensité que les premiers, est en train de mourrir sans qu'on puisse parler en rien de madérisation. Court, mais il ressemble en terme de parfums à un jurançon avec de l'ananas, des fruits de la passion, citron...

1983: passé.

Les vidéos: ici

Pernand Vergelesses depuis le Corton Charlemagne encore endormi

Pernand Vergelesses depuis le Corton Charlemagne encore endormi

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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 16:44

Fort agréable, ce pomerol qui truffe énormément, tant en bouche qu'au nez. Arômes légèrement confits, avec sous bois, bois précieux, fruits rouges avec une belle longueur très élégante. Grand vin de Bordeaux avec pour seul défaut une légère sucrosité.

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 16:31
Gérard Depardieu (copyright la RVF)
Gérard Depardieu (copyright la RVF)

Un Jurançon mythique, connu seulement des amateurs passionnés, qui se compare à Yquem. C'est en tout cas ce que semble avoir dit le marquis Bertrand de Lur Saluces, propriétaire dans les années 70 du grand liquoreux Bordelais. « La quintessence d’un site viticole exceptionnel », surenchérit Jean-Claude Berrouet, l’œnologue de Petrus.

Gérard Depardieu en est un fan: "Il ouvre l’une des armoires à vins vitrées derrière le bar, en sort quelques flacons poussiéreux, aux étiquettes jaunies. Il n’attend pas les questions et a manifestement préparé ce qu’il voulait nous montrer. Il saisit une bouteille.

G. D. Voilà un grand vin, Clos Joliette, un jurançon mythique (manifestement un très vieux millésime, ndlr). J’ai souvent rendu visite à l’ancienne propriétaire, la mère Migné. Elle avait un coq qui la défendait. Pas un chien, un coq ! Quand tu rentrais dans la propriété, il vous sautait dessus. Et moi, je me défendais avec un seau d’eau froide ! J’allais voir la Jeanne Migné dans ses vignes. « Madame Migné, c’est moi, c’est Gérard ! » Elle voulait que je reprenne ses presque deux hectares de vignes. Mais la ville a préempté. Ils ont tout saboté... Ce qu’elle faisait elle, là, ce vin, c’est génial. Une étiquette pareille, c’est magnifique. Elle est morte trois ans après que je l’ai rencontrée. Je garde deux ou trois bouteilles
d’elle." C'est ici.

Ecoutons François Audouze, le fanatique des vins anciens: "Le premier vin blanc sec est presque rose. Le vin est énigmatique car il évoque la truffe blanche, les feuilles d’artichaut, et en bouche c’est un parcours qui change à chaque gorgée. Le vin est sec. J’hésite mais j’imagine Jurançon sans le dire, pour ne pas paraître idiot. Jean-Philippe me donne des indications pour que je trouve. Il s’agit de Clos Joliette Jurançon sec 1970. Ce vin est prodigieux. C’est un Fregoli car il change sans cesse. L’amuse-bouche ayant une crème prononcée, le vin délivre des saveurs de pomelos. Sur le risotto d’épeautre, le vin est exceptionnel. Il me fait penser au parcours de la Coulée de Serrant qui a aussi besoin de beaucoup d’années pour s’exprimer. Il faut bien cet âge au Clos Joliette pour atteindre la complexité magique qui nous déroute à chaque fois, le final claquant comme un fouet."

Madame Migné l'avait porté à un niveau exceptionnel, au delà de toute orthodoxie œnologique. Le cépage est du petit manseng exclusivement sur un hectare 85, très ancien (planté en 1929), sur une pente très escarpée exposée est-sud est. Les rendements sont microscopiques, de l'ordre de 10 hectolitre par hectare. Les vins ne sont élevés que dans de vieux fûts.

Son parfum de prédilection est la truffe, blanche d'alba, plus souvent que tuber mélanosporum le diamant noir du périgord. Nous gouterons des raviolis à la truffe avant pour que tout le monde soit bien au point sur ces parfums très inhabituels.

Pour les autres parfums, on trouvera toute la gamme des agrumes parfois confits (pamplemousse, clémentine), d'autres champignons (girolle, cèpes, morille), fruits exotiques (ananas, mangue, passion), dattes, fruits secs (notamment abricot), miel et coing, roses anciennes notamment fanées, épices, ainsi que dans la gamme vanillée, crème brulée. L'acidité y est vibrante.

Les vins du Clos Joliette ne sont disponibles que chez quelques cavistes triés sur le volet, pas forcement sur le plan prestige, et surtout dans les 3 étoiles. Les prix sont à la hauteur, de l'ordre de 100 à 300 euros la bouteille. Avouons toutefois, qu'il n'est jamais commercialisé avant 10 ans, dont 4 en barriques, et 6 en bouteilles.

Voilà le programme:

1970 sec: grand, grand, grand. Un des meilleurs vins blanc sec jamais bu. Une douceur sèche, amenant avec force ses parfums d'agrumes (orange amère), de thé, de café, de truffe et autres champignons, d'ananas roti, de miel. La longueur et la persistance sont dignes d'Yquem.

1974 sec: grand, mais plus marqué par une trame tenant la subtilité du citron jaune sur les papilles, avec moins de lien que le 1970 dont il partage beaucoup les odeurs et gouts.

1979 demi sec: quand on a bu les autres, on ne comprend pas ce vin monolitique qui toutefois partage une impression de famille avec les autres sur le plan des parfums.

1983 moelleux: partage les mêmes gouts que les 3 secs, mais de façon beaucoup moins bien rangé. Peu de sucre résiduel.

1985 sec: beaucoup plus léger, mais combine parfums et légèreté avec un discret sucre résiduel. Certains parlent d'Y en moins exotique

Au total, une grande découverte avec une franche identité très marquée. La couleur très foncée paraissait très inquiétante avant dégustation, mais la bouche s'est très vite chargée de redresser cette impression, dévoilant des charmes extraordinaires, uniques dont on peut penser qu'ils ne plairont peut être pas à tous. Aucun d'entre nous n'a estimé boire quelque chose de déjà connu.

Pour aller plus loin:

- Sur la passion du vin ici

- Un film ici

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 16:44

Une très grande année, chaude que ce millésime: fruits murs, structures tanniques marquées, un vin de longue garde.

Nous avons jusque lors fait 4 propriétés, avec surtout du bonheur pour Tempier, Pibarnon et La tour du bon, aux bouches asséchantes de Pradeaux près. Nous allons donc voir différemment l'appellation en dégustant 5 propriétés que nous ne connaissons que pour une d'entre elles, avec une cuvée parcellaire que nous ne connaissons pas.

Domaine de l'Hermitage: Sol argilo-calcaire du Trias en exposition sud-ouest avec des rendements de 40 hl/Ha maximum, ce vin privilégie la finesse. Les vignes sont disposées essentiellement en restanques, sortes de terrasses typiques du bandol. La viticulture y est biologique, sans utilisation de pesticides avec des rendements du mourvèdre (80%) et grenache (20%) à 25-30 hl/Ha maximum. La vendange est égrappée. Pas de fut neuf,

Un premier passage décevant malgré une ouverture de 1 heure en carafe puis une explosion de rose ancienne, de violette 3 heures après. Au final magnifique.

Domaine de Terrebrune, cuvée réserve: Situé à Ollioules, il compte 30 hectares appartenant à la famille Delille. Sa composition est 85% de mourvèdre, 10% de grenache et 5% de cinsault. De même que tous les autres, il pratique une viticulture biologique tirant de ces sols du Trias le vin qui ressemble le plus à un bourgogne d'après plusieurs blogueurs. Longue garde avec un vin sculpté, droit, assez long, très jeune sur le cuir.

Domaine la bastide blanche, cuvée longue garde: Michel Bronzo a acquis ce domaine de 28 hectares aux sous sols argilo-calcaires il y a maintenant 40 ans, alors que le vin allait auparavant à la coopérative. Le mourvèdre, jamais récolté à plus de 32 hectolitres à l'hectare, est cultivé en biologie. Cette cuvée n'existe plus. Too much pour beaucoup, ce qui signifie sans concessions, très minéral, cathédrale gothique sans fioritures. Un peu asséchant.

Domaine la tour du bon, cuvée Saint Ferréol : elle revient nous charmer dans le plus grand millésime de tous ceux déjà goutés. Décevant et c'est la déception de la soirée, car nous l'avions tellement aimé lors de sa verticale. Asséchant

Domaine Tempier, cuvée Migoua: Une des trois grandes cuvées de cette très belle propriété dont nous avons déjà réalisé une verticale de Cabassaou dont il sort chaque année 8000 bouteilles en moyenne. Nous sommes là avec celle qui a la plus grande proportion de cinsault (26%, contre 50% pour le mourvèdre, 20% pour le grenache et 4% pour la syrah). Les vignes ont en moyenne 40 ans. C'est la plus fine des trois cuvées parcellaires. Pas d'élevage en fut neuf, mais du foudre de chêne. Ouah, la classe, un concentré de parfums dont la rose, la pivoine, une douceur, une élégance peu communes qui ont mis tout le monde d'accord instantanemment.

Les bandol de cet âge embaument le cuir, le cacao, le pruneau, le tabac, les épices, l'olive noire, structurées généralement par une belle minéralité.

Une vidéo sur le domaine Tempier: ici

sur la bastide blanche: ici

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 13:26
Verticale de Clos Vougeot du chateau Génot Boulanger

Le Clos Vougeot est une des parcelles les plus mythique de Bourgogne. Cette bande de 51 hectares voisine Vosne Romanée et ses Echezeaux/Grands Echezeaux, le Musigny, soit les plus belles parcelles rouges de la région. Ce sont les moines qui lui ont donné son existence. Ses 50 hectares n'ont été séparées qu'à partir de 1850, possédées actuellement par 81 propriétaires. Grossièrement, on peut le diviser en fonction de ses qualités pédologiques en 3 bandes allant du haut (Musigny) vers le bas (simple Bourgogne). Écoutons François Laborier dans Bourgogne Aujourd'hui, une revue que je recommande fortement aux fondus de cette région:

"La première se trouve dans le haut du Clos. Son sol très caillouteux, mélange d’argiles et de graviers bruns, s’appuie sur un socle calcaire du Bathonien. Les vins livrent ici une des meilleures expressions du Clos. Ils sont denses, profonds et complexes, avec des tannins mûrs et fins. La partie centrale repose sur des sols encore très caillouteux, mais en descendant la pente, la terre est de plus en plus argileuse. Elle s’alourdit et se compacte. Les vins restent séveux mais ont une finale plus tannique. Dans le bas, en bordure de nationale, le sol change petit à petit. Il devient très profond avec des argiles lourdes et des dépôts alluvionnaires. Massifs et puissants, les vins n’affichent pas la même finesse qu’en haut de pente. Ils sont terriens et souvent beaucoup plus tanniques."

Les moines avaient remarqué que le mélange de ces finages différent donnait un résultat de haut niveau. Peu ont eu la chance de gouter les vins de cette parcelle tous réunis.

Nous avons au cours d'une visite au château Génot Boulanger en 2006 acheté 5 millésimes de ce grand vin pour en voir les nuances selon les années. La parcelle de 0.43 hectare est calcaire et marneuse située dans la partie basse du clos, près de celle de Louis Jadot. Les rendements sont entre 30 et 35 hectolitres par hectare sur des vignes qui avaient en moyenne plus de 20 ans. Le vin est issu pour une partie de la vendange en raisin entier (égrappage 35% environ), récolté et trié à la main. Il est élevé dans 1/3 de futs neufs. Nous boirons donc, après l'avoir attendu 6 ans, 5 millésimes entre 1999 et 2004 du Clos Vougeot réalisé par François Delaby à l'époque.

Ces bouteilles furent parmi les pires dégustations jamais faites, avis totalement unanyme autour de la table. Les vins étaient durs, sans profondeur, sans parfum et pour tout dire, pas vraiment d'avenir prévisible.

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 12:58
Verticale de château Pavie Macquin

Saint Emilion depuis Pavie Macquin (copyright Tanners wine)

Ce château possède un des plus beau terroir de Saint Emilion, situé entre Troplong Mondot et Trottevieille. Il est en effet situé sur le bord du plateau, avec du calcaire à astéries sous les pieds. Le sous sol y est très peu profond (20 à 150 cm), ce qui lui apporte un caractère minéral. En fait, ce sont pas loin de 9 déclinaisons de sols et sous sols qu'on trouve sur cette propriété de 15 hectares. La propriété a été pionnière dans l'isolement et l'adaptation de la viticulture à ces 9 parcelles, de façon à obtenir chaque année une maturité optimale.

Albert Macquin, qui a possédé la propriété jusqu'en 1911, est célèbre pour avoir pensé à greffer les vignes sur des pieds américains, naturellement résistant au phylloxéra qui était en train de décimer les vignobles français.

Il est aussi la première propriété d'importance à Bordeaux à s'être convertie à la biodynamie, plus de 15 ans, alors que c'est la mode maintenant. Stéphane Derenoncourt,, présent depuis 1990, le consultant le plus en vue actuellement, y est devenu célèbre par la mise en place progressive de nombreuses techniques très en vogue actuellement dans ce vignoble outre la biodynamie: la microoxygénation en 1992, l'élevage sur lie et le bâtonnage, inhabituels pour un vin rouge à l'époque. Le succès de Pavie Macquin a véritablement été le socle de son ascension en tant que consultant. Le mérite en revient aussi à Maryse Barre dès 1986 puis Nicolas Thienpont (issu de la famille qui possède Le pin et Vieux chateau certan à Pomerol) dès 1994, les dirigeants de la propriété.

En plus de l'absence d'utilisation de molécules de synthèse, remplacé par du compost, de nombreux détails ont été réfléchis pour éviter une intervention intempestive. Un exemple, les sols peu profonds se tassent et le problème a été réglé par l'utilisation de certaines plantes possédant des racines particulières.

Le vin contient 70% de merlot, 25% de cabernet sauvignon et 5% de cabernet franc d'une moyenne d'âge de 35 ans.

Les rendements sont très contrôlés, la récolte se fait en cagettes peu remplies pour éviter le tassement des baies. Elles seront triées sur un tapis vibrant.

L'élevage se fait dans des barriques à 80% neufs.

Son second vin s'appelle les chênes de Macquin.

Le vin développe des parfums de truffe très marqués au vieillissement.

Nous boirons les millésimes:

1970 (ouvert 4 h sur le bouchon): grande année. Paraissait bouchonné, mais cela disparait avec l'ouverture. Fait plus jeune que le 1982, avec des parfums de fruits rouges, olive, sous bois, épices douces. Belle longueur.

1982 (ouvert 4 h sur le bouchon): illustrissime grand millésime chaud. A grandement divisé. Evolué sur les parfums de tabac, bois noble, rose fanée, champignons, sous bois, avec une belle longueur, mais n'a plus la trame des deux premiers. N'ira pas plus loin.

1994 (carafage 1h): année classique de maturité difficile. Pas bien gouté au premier passage, c'est clairement le millésime le plus faible, mais sympa après long carafage.

1999 (carafage 1h): une belle année qui ne fait pas mentir sa réputation, faisant penser à un pinot noir par le rapport "cristallinité"/intensité des parfums. Violettes, framboise, champignons (trompette de la mort), zan, petite note fumée magnifiquement rangés. Très minéral.

2004 (carafage 1h) : la jeune sacrifiée où les conditions météo ont donné un millésime atlantique, fin: pourtant, elle boxe, mais avec une matière très fine, soyeuse, des parfums encore jeune de fruits rouges et noirs, de vanille, de bois (cèdre) avec une pointe de menthol. Très beau vin, bien persistant mais manquant d'un peu de longueur.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:35
Verticale de château Simone Blanc, le grand blanc de provence.

Le Chateau Simone produit très probablement le plus grand vin blanc de Provence. Mais, c'est un vin qu'il faut attendre, souvent 10 ans. Avant, il est muet. Après, c'est l'explosion des saveurs: rose, pêche, miel, tilleul, puis fruits secs avec l'âge (cire, abricot, truffe).

Ce cru a été planté par les moines. La famille Rougier l'a acquis après la révolution Française. Le Château est de style Napoléon III. Son nom parait un peu désuet, mais connaitre ce vin, c'est le respecter. Son nom vient d'une demoiselle de Simon, précédente propriétaire, qu'on appelait la Simone.

Il produit un vin blanc sur 8 des 23 hectares du château. La famille produit un autre vin, les carmes qui n'est pas une cuvée parcellaire comme essaie de le faire croire un grand site internet.

Le cépage principal est la clairette à 80%, complétée par du grenache blanc, du bourboulenc, des ugnis blancs et une touche de muscat. Les sols sont argilo-calcaires, venanr d'éboulis. Le secret de Simone est une exposition nord et la présence de l'Arc qui apportent et maintiennent la fraicheur, dans ce pays très chaud et peu arrosé une bonne partie de l'année.

Il existe de nombreux vieux pieds (plus de 100 ans) sur la propriété avec un renouvellement par complantation. Jamais d'arrachage. La viticulture n'utilise pas d'engrais ni désherbants. La récolte se fait en petites cagettes de 40 Kg, récoltée en deux tris.

Les rendements sont bas, au maximum 35 hL/Ha. Les fermentations se passent dans le bois. Les barriques ne sont pas neuves, venant pour partie du Bordelais, en l’occurrence de Sauternes.

Nous boirons les années suivantes:

1986: évidemment, passant après le 1989, il parait moins bon, mais à le regouter après il est somptueux. Encore en pleine forme.

1989: une bouteille parfaite, tapissant de parfums élégantissimes le palais. Un Montrachet, un sommet dans la vie de tous les dégustateurs unanimes.

1995: moins intense et élégant, il revit après une aération plus longue, mais on a l'impression qu'il a été moins bien conservé.

2000: l'acidité est plus marquée, avec des pierres blanches et coquilles d'huitres comme à Chablis. Beaucoup plus droit que le 2001.

2001: magnifique compromis entre gras et amertume, d'une folle élégance. Notes de miel d'acacia, de fleurs blanches, d'agrumes.

Au total, il s'agit d'une des plus grandes dégustations que nous ayons faites. Ces vins sont immortels

Chateau Simone  (copyright wikimedia)

Chateau Simone (copyright wikimedia)

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:48

Le vendredi 29 mars, Paolo Basso, un sommelier suisse (né en Italie) arrivé deuxième derrière Gérard Basset lors du précédent concours, a été élu meilleur sommelier du monde à Tokyo par un jury dirigé par Serge Dubs, un ancien du concours (1989).Ce concours, créé en 1969, continue son internationalisation avec 56 candidats de 54 pays cette année.

Meilleur sommelier d'Europe en 2010, il travaille en Suisse près de la frontière Italienne. Les candidats en lice sur la dernière marche du podium étaient une femme canadienne, une première pour le beau sexe, et un Belge. Le Français en lice, David Bireau, sommelier au mandarin oriental de Thierry Marx, n'avait pas réussi à passer le stade des demi-finales.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 10:47

Le terme légende est celui qui convient le mieux aux vins de ce domaine. Pourquoi?

Ce sont des vedettes internationales et ils n'en ont cure. Ils en sont heureux seulement parce que les temps de disette sont terminés et que cela leur permet de travailler sereinement, ce qui n'a pas toujours été le cas pour Georges le grand père, et son père.

Des perfectionnistes sur tous les détails, mais aussi modestes et humbles, voilà comment on peut qualifier la famille Coche du domaine Coche Dury. Pourtant ils pourraient rouler des mécaniques, aimés passionnément par les amateurs (riches) du monde entier. Les vins sont inachetables par monsieur tout le monde. Les prix sont délirants chez les revendeurs tout au moins, car les prix sont assez raisonnables au domaine. Mais, seuls les allocataires depuis plus de 20 à 30 ans peuvent accéder au graal. La famille traque les revendeurs de leur allocation qui font de gros profits car ils souhaitent vendre leurs vins aux amateurs fidèles dans tous les sens du terme.

Ils travaillent les "petits" comme les grands terroirs de la même façon. Le témoin vient de passer de Jean François qui a reçu le domaine en 1972 de son père, à Raphael son fils (qui y travaille depuis 1999). Pas de grands changements, ce sont tous deux de gros travailleurs, comme la génération d'avant. Le domaine, créé en 1930, est principalement situé sur Meursault qui représente plus de 9 hectares sur les 10.5 que compte le domaine. Il possède en plus de l'Auxey Duresses 0.2 Ha, Volnay ier cru Clos des chênes et taillepieds assemblés sur 0.15 Ha, Pommard (Vaumuriens 0.34 Ha), Puligny (les enseignières 0.2 Ha), Aloxe Corton (leur célèbre Corton Charlemagne 0.34 Ha) et Monthélie. Sur Meursault, 3 magnifiques premiers crus (Perrières 0.2 Ha, Genevrières 0.08 Ha et caillerets 0.07 Ha situé sur Volnay) et cinq parcelles individualisées (Narvaux, Rougeots 0.29 Ha, Vireuils, Chevalières 0.05 Ha, Chaumes).

 

Le travail est extrèmement sérieux: limitation des rendements par la taille (objectif 50 hl/Ha), pressurage doux, débourbage, fermentations en futs neufs à moitié. Il choisit lui même ses bois.

 

Pas de viticullture bio, mais de la mesure en tout lors de l'utilisation est son crédo. L'élevage a toujours été long, deux hivers. L'élevage sur lies, qui enrichit et renforce le vin est selon lui la clé pour éviter les problèmes d'oxydation qu'ont connus les vins blancs de Bourgogne dans les années 90.

 

JF et Raphaël Coche (copyright Jacques Perrin)

 

Des vidéos pour aller un peu plus loin: ici, ici, et ici.

Vous verrez dans celui là qu'il fait tout lui même comme porter les futs, que cela finit tard, que sa voiture n'a rien d'ostentatoire.

 

Nous avons bu:

- Aligoté 2009: joli vin de soif avec des parfums type fleur et

- Bourgogne blanc 2008: grande acidité avec quelques parfums de type brioché mais dominés par les agrumes, on a l'impression de venir trop tôt.

- Meursault 2006: magnifique bijou ciselé avec encore des éléments d'élevage, belle longueur avec une précision diabolique. Un grand de bourgogne.

- Bourgogne rouge 2006: bouchonné

- Pommard Vaumuriens 2006: intéressant, costaud tout en étant fluide, avec des stigmates de cette année chaude. Plus on le boit, plus il est appréciable. Mais pas au niveau des beaux cotes de Nuits.

 

Une jolie dégustation, avec un OVNI, le meursault. Les autres sont intéressants, mais pas de très haut niveau.

Je tiens à remercier Julien, le caviste chez qui j'achète depuis des années qui a accepté de me vendre ces bouteilles: elles sont là et partagées par des amateurs pas buveurs d'étiquettes. Le blog, je crois le prouve.

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 02:00

Une incroyable dégustation destinée àcomparer à l'aveugle des grands vins de Bordeaux de l'année 2001.

 

On règlera par la méthodologie deux éléments conflictuels par le passé:

 

- S'affranchir des critiques habituelles adressées aux dégustations comparatives sur le fait que la place change la perception et donc le gout et la note d'un vin.

 

- Mettre en pièce la critique qui argue que les grands vins ont besoin de temps, et que les déguster trop tôt conduit à mal les noter par rapport à des bouteilles de terroirs moins réputés prêtes plus tôt.

 

Les jurés (grands critiques, meilleurs sommeliers du monde, négociants, de toutes les nationalités) gouteront deux fois les vins: (1) d'abord dans l'ordre dicté par leur numéro de table, et donc personne ne commence par le même vin, sans le savoir; (2) Une fois les copies ramassées, on remet les mêmes vins dans un ordre établi statisstiquement différent, en disant à chacun ce qu'il a dans le verre.

 

Sérieuses différences avec de nombreuses corrections après coup, étiquettes découvertes, pour des crus comme Lafite Rothschild, Petrus, Lafleur tous à plus de 500 euros. Juste pour montrer le rôle du prestige, mais aussi et les commentateurs l'oublient un peu, en fonction des coups de coeur passés, qui ont surement été nombreux avec ces vins.

 

A l'aveugle, il est clairement, et pour la première fois à ma connaissance, deux groupes différents aimant les vins classiques, et un autre les vins plus internationaux, avec plus de puissance et de bois.

 

Deuxième enseignements, les "petits" s'en sortent particulièrement bien puisque Reignac, simple Bordeaux supérieur à 16 euros, arrive 9ème sur 30 à l'aveugle. Smith Haut Lafite arrive premier avant Pape Clément. Haut Condissas, le vin prestige de Jean Guyon (Rollan de By), arrive en cinquième position. Clos du Jaugueyron, un Margaux de garage, arrive sixième. Haut Brion et Lafleur suivent juste devant Reignac. Lafite est seizième et Petrus n'apparait pas dans les vingt premiers. Rollan de By est entre Mouton et Trotanoy qui est vingtième: celui ci devient premier étiquette découverte !!

 

Haut Brion devient deuxième, Lafleur troisième et Lafite quatrième. Pétrus remonte à la sixième place. On comprend pourquoi les grands chateaux ne font plus déguster à l'aveugle et comparativement aux autres. Le prestige de l'étiquette est clairement un atout, même chez des grands professionnels. Reignac devient dix septième et clos du Jaugueyron vingtième.

 

Très instructif, non?

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