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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 23:31
Vu sur le site dégustateur.com (que je vous recommande vivement) avec une grande note humoristique. Comment le marketing borde-laid va essayer de vendre ce très mauvais millésime 2007 :

2007 : une année de vignerons.
2007 : pour attendre les 2005.
2007 : le plus grand millésime depuis 2006.
2007 : il n'y a plus de petits millésimes ! des vins délicieux, vanillés, où l'on sent à peine le raisin...
2007 : une occasion rêvée de réduire la consommation de vin en France !
2007 : offrez-vous un beau millésime classique pour à peine plus cher que 2005.
2007 : des raisins bien hydratés, des vins fins, à l'image des plus grands millésimes du XVIIe siècle...
2007 : laissez-vous surprendre !
2007 : mettez de l'eau dans votre vin...

Ou encore :

Version prétentieuse : 2007, année pour connaisseurs
Version concrète mais utopique : 2007, l'année Béghin et Say
Version faux cul (très usitée) : 2007, l'année du classicisme
Version technique :  2007, l'année Rolland
Version racolage : 2007, l'année 2 ans après 2005
Version sobre mais y a pas grand chose à rajouter : 2007
Version pros : si t'en prends pas, t'auras pas de 2008
Version amateurs français : 2007, même si t'en prends, t'auras pas de 2008, prévu majestueux
Version américaine : fucking 2007
Version "rêve de revanche" de nombreux amateurs anonymes : 1997, 2007, même combat
Version rêve de chatelain : full bodied, full wooded, full extracted, 100/100.   Bob
Version science fiction : 2007, l'odyssée de la vinasse
Version pour les autochtones : 2007, l'année terroir

Je vous engage à essayer de trouver comment vous feriez pour essayer de vendre l'invendable, à des prix si possible indécents. Je les publierais si vous me les envoyez..
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Christophe Deligny
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 01:50
Vous pouvez découvrir Michel Bettane et Thierry Desseauve au travers de leurs petites vidéos. Je vous suggère de les écouter et de retenir leur avis sur les vins de Bourgogne quand vous voudrez en acheter, ce sont de grands connaisseurs (surtout MB). Je n'ai jamais été déçu quand il a fallu acheter des vins de cette région bien complexe et compliquée.
Vous les retrouverez sur : http://www.wat.tv/bdvinsvideo
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Christophe Deligny
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 14:19
roman-e-conti.JPGconti.jpg
Derrière le poteau et à droite de la croix se trouvent les vins des Reignots dont  les millésimes 1982, 1993, 1998 et 1999 viennent de rentrer dans les caves du club. Le 1996 pourrait venir très prochainement. Devinez qui sont les deux parcelles (i) en premier plan, (ii) entre le premier plan et les reignots.... A bientot dans nos verres dès que la série sera complétée.


REPONSE : Le Vosne Romanée premier cru les reignots situé au dessus de la Romanée Conti et de la Romanée, ses cousines. Elles étaient faites par Régis Forey, le plus discret des grands vinificateurs de Vosne, reprises par ses propriétaires depuis 3-4 ans, la famille Ligier Bélair. Le Vosne Romanée les Gaudichots de Forey dégusté en verticale, a constitué la meilleure dégustation réalisée au sein de Bourgogne Aujourd'hui en plus de dix ans d'existence. Je recommande ce merveilleux journal à ceux qui veulent découvrir ce genre d'informations secrêtes, de progrès fulgurants de domaines encore inconnus du grand public (ce qui ne veut pas dire que trouver leur vin soit plus facile pour autant) dont regorge la Bourgogne. Vous pouvez vous abonner sur http://www.wines-terroirs.com/bourgogne/index.pl


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Christophe Deligny
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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 23:36
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Dans les prochaines dégustations, arrive la coopérative d'Embrès et Castelmaure. Les noms des cuvées sont à l'image de cette coopérative depuis longtemps pas comme les autres : la pompadour, la buvette, A perpète (adoré par Corinne), N°3 (approuvé; par Ruddy), Vive le vin ouvrier (photo), la marque d'amour, le point d'interrogation (parce qu'ils n'ont pas eu d'autre idée !!). Les chais ont été refaits par vassal et Lacaton sur un mode modeste. Des grands vins pour tous les jours d'un rapport qualité-prix époustouflant... Vous pouvez écouter son directeur raconté la véritable aventure qu'ils ont vécue depuis 20 ans en ne faisant pas comme tout le monde sur le site de Walden, vin rouge de qualité permettant aux vignerons du Roussillon de vivre correctement alors que le prix du vin reste raisonnable pour le consommateur : http:/:www.walden.fr puis aujourd'huiprojet puis ici.


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Christophe Deligny
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23 décembre 2007 7 23 /12 /décembre /2007 21:13
Je vous livre quelques histoires pêchées sur le blog de Jean Clavel, qui vous plairons j'en suis sûr, et peut être vous donnerons la vocation, sait on jamais ? En le lisant, vous n'oublierez probablement pas non plus l'éducation du goût de vos enfants vers la fin de l'adolescence :

Fils d'un Béninois breton et d'une Gabonaise, le Dr Jean-Christian Mayordome a ouvert un cabinet de généraliste à Piolenc, près d'Orange. Il a découvert le vin, à 30 ans, lorsque ses parents lui ont offert une bouteille d'un cru bourgeois du Haut-Médoc. Plus qu'une découverte, c'est un véritable coup de foudre. La tentation de devenir vigneron est un rêve qui devient vite réalité lorsqu'il apprend par la presse qu'un domaine est à vendre près de chez lui : 11,5 hectares en Gigondas, 14,5 hectares en Séguret et des chais à Sablet. Avec l'aide de sa famille, il paie cher ces vignes en état plutôt médiocre. Tout de suite, le médecin met sa passion au service de son ambition. Il s'entoure de 4 ouvriers dans les vignes, achète du matériel et s'écrit une religion selon laquelle les vins attendent 3 ans en cave avant d'être vendus, "par respect pour l'acheteur". L'an dernier, il a commencé à libérer les millésimes 1999 de son Gigondas Domaine du Pourra, des vins comme il les a imaginés.
Domaine du Pourra à Sablet,
tél : 04 90 46 93 59.

Paul Bassaget, la soixantaine, est aujourd'hui un médecin à la retraite. Pendant 5 ans, il a concilié son métier avec les fonctions de président de la cave coopérative de Vauvert dans le Gard. Aujourd'hui, il se satisfait du seul titre de président de la coopérative après avoir bien préparé son repli vers la vigne. Petit-fils de vignerons, tant du côté maternel que paternel, à 45 ans il a acheté sans se ruiner la ving-taine d'hectares de la Miravine à Vauvert, en costière de Nîmes. Dès l'origine, en 1986, il adhère à la cave coopérative, en devient administrateur en 1988 et président en 1993. Pendant 13 ans, il a mené une triple vie entre son cabinet, sa vigne et la coopéra-tive, avant que l'atavisme ne prenne le dessus. En 1998 il a sauté sur l'occasion qui se présente d'anticiper sa retraite. Depuis, c'est un autre Paul Bassaget qui taille ses vignes, "parce qu'on ne peut imaginer le bonheur qu'il y a à se retrouver seul, face au paysage des montagnes" observe-t-il. Et là, quand le viticulteur se fait vigneron, les rendements chutent à mesure que la qualité s'améliore. On rompt avec la tradition de tout-venant attaché au mouvement coopératif. Mieux, Paul Bassaget "a fait don de son vignoble à la coopérative", avec une cuvée Miravine composée à 80 % de ses raisins, le solde étant complété par les meilleurs de ceux qui limitent les rendements.
Cave des Vignerons de Vauvert,
tél : 04 66 88 20 31

Un jour, Dominique Florentin, médecin de Valence, a fini par avouer à ses patients pourquoi il a les mains d'un rouge violacé quasi indélébile à certains moments de l'année et a donné les raisons de ses absences répétées entre septembre et novembre. L'autre vie du Dr Florentin est cachée par les murs d'un clos de 5 hectares de vignes à Mauves, capitale du Saint-Joseph. C'est en 1956 que le père de Dominique, alors chef de service à Cochin, a acheté ce gros bout de vigne au pied des coteaux les plus pentus de France. Il y avait le vin, mais aussi un endroit de vacances pour ses enfants. Dominique Florentin a fait ses études de médecine à Paris, y a exercé quelque temps avant de venir s'établir entre Drôme et Ardèche. Héritier du domaine avec sa sœur en 1988, cet homéopathe soigne ses vignes comme il soigne ses patients : pas de traitement à la vigne autre que la bouillie bordelaise, pas de traitements systémiques non plus. "Parce que ces produits se retrouvent dans le raisin et que l'homéopathe que je suis est sensibilisé à l'effet des doses infinitésimales", dit-il pour expliquer ces principes du biologique sans en prononcer le mot. Mieux encore, après avoir mûri sous bois anciens, ses vins ne sont ni soufrés, ni filtrés avant la mise en bouteille. Dominique Florentin a participé au défrichage d'une partie de bois accrochés au coteau pour la rendre à la vigne. Il lui manquait un "vignoble de Cabri" pour participer pleinement au club des grands de la région.
Domaine Florentin à Mauves,
tél : 04 75 08 60 97.

Jean Lignières est tour à tour médecin et vigneron. Ou l'inverse. Et ce dédoublement de personnalité est héréditaire puisque son père, jusqu'à 50 ans, était médecin et vigneron en alternance. Avec les 90 hectares du château La Baronne, à Moux près Lézignan-Corbières, Jean Lignières a dû faire un choix. Le cardiologue qu'il était à Toulouse est devenu généraliste à Moux, en face des chais familiaux.
Lui qui a connu toutes les évolutions du vignoble a trouvé le moyen de concilier les urgences, entre celle d'une cuve qui monte exagérément en température et celle du patient qui vous appelle à 40 kilomètres de route de campagne, en plein dîner avec un aréopage de sommeliers lyonnais. Comme son père, Jean Lignières continue à se soucier de ce qui participe de la vie du village. À telle enseigne même, qu'à 43 ans, il envisage un mi-temps médical pour consacrer plus de temps à la vigne.
Château La Baronne à Fontcouverte,
tél : 04 68 43 90 20.

 

André-Joseph Marc a 80 ans aujourd'hui. Il était un généra-liste gynécologue-obstétricien à Béziers en 1950. Mais ce fils de facteur, Aveyronnais par son père et Tarnais par sa mère, avait l'obsession de la terre. Alors, en 1953 lorsque les 19 hectares du do-maine Beauséjour Saint-Esprit sont mis en vente, il vainc l'avis de sa femme qui aurait préféré une villa en bord de mer et les achète. Puis, c'est Beauséjour-Sainte Thérèse, à deux pas de là. Et puis d'autres vignobles encore dans les environs de Béziers, pour atteindre 52 hectares au total, plantés de chardonnay, de syrah, de carignan, de mourvèdre et de merlot. Avec un peu d'alicante comme cépage teinturier des autres. Quand il a raccroché sa blouse il y a 15 ans, c'était pour se consacrer à sa vigne, faire appel à un œnologue, mettre enfin en bouteilles un vin qui se vendait en vrac et le présenter dans les salons. Puis, il se lance dans la culture raisonnée et investit dans les hommes, les cépages et le matériel. Au domaine Beauséjour-Saint-Esprit, il a aménagé une cave. Il lui manque encore un caveau, nous a t-il dit en ajoutant : "Je me rajeunis en me projetant dans le futur". Ses 4 fils prendront la relève. Celui qui est dentiste à Saint-Malo reviendra près des vignes. C'est lui qui préside la société d'exploitation dont ses frères, le généraliste, le chirurgien et le notaire, sont partenaires.
Domaine Beauséjour-Saint-Esprit
à Béziers, tél : 04 67 28 33 07
ou 04 67 76 17 71.

 

Vu de l'extérieur, c'est un laboratoire d'analyses médicales, installé à l'ombre de l'église de Castillon-la-Bataille. Dans le bureau du propriétaire des lieux, Christian Dauriac, médecin et biologiste, les interrogations naissent avec des bouteilles juchées sur une étagère et un fax qui crache des commandes de vin. Son père était négociant en vins à Libourne. À sa disparition, sa mère prolonge l'œuvre patriar-cale en achetant le château Destieux, 13 hectares dont 8 de vignes Saint Emilion Grand Cru, à Saint-Hippolyte. À la deuxième génération, celle des héritiers, Christian et sa femme Anne-Marie, anatomo-pathologiste, se trouvent être plus amoureux du vin que d'une carrière hospitalière (biologiste au CHU de Bordeaux). Le compromis est donc trouvé avec les laboratoires de Castillon et de Libourne. Christian Dauriac préfère garder ses bouteilles pour ne les vendre qu'au bout de 4 ans. Il a ainsi fallu attendre le millésime mythique 2000 pour que la place de Bordeaux accède enfin à Destieux. Anne-Marie Dauriac partage cet amour pour le vin et a acheté le château La Clémence, à Pomerol en 1996, une propriété de 3 hectares que Robert Parker classe dans les rangs des "vins de garage", au grand dam des Dauriac. La gloire et les prix s'ensuivent tout naturellement. Les Dauriac ont un fils, en cinquième année de médecine. Christian Dauriac avoue que, lorsque son fils sera diplômé, il lui passera les clés du laboratoire.
Château Destieux à Saint-Hippolyte,
tél : 05 57 24 77 44.

 

À Lugasson, un village au cœur de la "petite suisse girondine", la famille Saric est ancrée là depuis 1545. Le grand-père fut médecin de campagne, son fils a émigré à Bordeaux pour y enseigner la médecine et Jean, 54 ans, son petit-fils, est chef d'un service de 70 lits en chirurgie digestive lourde au CHU de Bordeaux. Tour à tour, les 12 hectares de vignes du château Turon-La Croix les ont ramenés à Lugasson. D'abord parce qu'il y a une fidélité à la terre dans cette famille. Ensuite, comme Jean le résume avec l'humanisme consubstantiel du médecin : "II y a dans la transmission du savoir, un métier de compagnon. Et, quand on taille la vigne, il y a un geste qui ramène à l'acte chirurgical. Dans un cas, on prend en compte ce que donneront les bois de l'année suivante et, dans l'autre, ce que sera la vie du patient dans les années qu'il vivra". Jean Saric redevient vigneron quand il évoque son amour du cépage merlot, le quasi-abandon du vin blanc pour le rouge et quand il se fait contempteur des faux-modernes de la vinification pour ne jouer que la vérité du terroir. Et encore, quand il veut donner des gages de son amour de la terre, il abandonne son appartement bordelais et se livre aux navettes quotidiennes entre l'hôpital Saint André et Lugasson.
Château Turon-La Croix à Lugasson,
tél : 05 56 24 05 55.

Longtemps, Georges Mugneret s'est posé la question de savoir s'il était ophtalmologue à Dijon ou vigneron à Vosne-Romanée. De la même façon, Marie-Christine, l'une de ses deux filles, se souvient d'avoir été pharmacienne avant de reprendre cette propriété phare de la côte de Nuits, à la mort de son père en 1988. C'est ainsi que Mugneret-Gibourg est devenue une affaire de femmes, avec la mère dans le rôle de la banquière, une fille au chai et l'autre dans la vigne. Marie-Christine Mugneret, devenue Teillaud par son mariage, maintient la tradition de Mugneret-Gibourg. Tradition locale et héritage obligeant, la vigne est en métayage. Ce qui n'empêche pas les sœurs de veiller au grain tout en réservant l'essentiel de l'effort aux chais. Les rôles y sont désormais distribués et les fonctions séparées. Marie-Christine Teillaud-Mugneret est vigneronne à temps plein, mais injoignable le mercredi, jour qu'elle réserve à ses enfants. Domaine Mugneret Gribourg à Vosne-Romanée, tél : 03 80 61 01 57.

A l'origine du domaine David-Beaupère, il y a un père vigneron à Oran qui, en 1961 comme d'autres, a été prié d'aller planter sa vigne ailleurs. Et le père du Dr Jean-Paul David a choisi ce coin du Beaujolais. En bon fils de vigneron, Jean-Paul a appris les vinifications à l'adolescence. Pour le reste, la vigne n'a servi qu'à assurer ses études de médecine à Lyon, puis l'internat à Bordeaux. Quand il quitte le CHU de Bordeaux en 1987, c'est pour ouvrir un cabinet de diabétologue-nutritionniste et retourner dans son pays d'adoption, du côté de Mâcon. "J'ai cessé de faire du vin trop longtemps pendant ma période bordelaise", le ton est donné, et le médecin décide de payer son tribut à la vigne. Et il le fera sous deux facettes. En faisant le vin qu'il aime, loin des caricatures beaujolaises et en fondant "Vin, Santé, Plaisir de vivre" une association qui dépasse largement le cadre convenu de la thérapie par le vin. Le médecin voit en effet défiler trop d'obèses, de cirrhotiques et d'alcoolique dans son cabinet. Quand il rentre dans ce hameau de Juliénas, c'est pour y retrouver un vin qu'il aimerait voir sortir du carcan du Beaujolais "à boire et à pisser". Il a donc imaginé un Beaujolais qui ne sort de la propriété qu'après 3 ans de cave.
Domaine David-Beaupère à Juliénas, tél : 03 85 33 86 67.

 

Sa mère voulait qu'il soit ingénieur, comme papa. Robert Le Net a donc entamé des études d'ingénieur et décroché un diplôme en physique nucléaire. Assistant à la faculté de médecine, il travaille sur la pharmacocinétique et débute des études de médecine. Ce sexagénaire parle aujourd'hui de tout cela au milieu du château de Salettes, une bâ-tisse du xiiie siècle située à Cahuzac-sur-Vère dans le Tarn, achetée en ruine en 1994 et entièrement remontée pour en faire un hôtel 4 étoiles avec un restaurant. Ce lieu de méditation do-mine 23 hectares de vignes et quelques cépages rouges qui ont eu leur heure de gloire à la table de François 1er. Entre les deux, Robert Le Net s'est intéressé à l'esthétique, a ouvert 3 cliniques de médecine nucléaire, et est tombé dans la vigne à la faveur d'une rencontre, sa compagne d'aujourd'hui. Pour autant, la vigne n'était pas une découverte pour ce médecin, qui, en son temps, s'était associé à quelques confrères pour racheter le château Suduiraut en Sauternais, mais le groupe AXA a mis sur la table les millions manquant à la surenchère. Et c'est ainsi qu'il s'est retrouvé dans cette Toscane tarnaise.
Château de Salettes à Cahuzac-sur-Vère, tél : 05 63 33 60 60.

 

Nancéien d'origine, Alain Repolt est arrivé à Dijon par le hasard des mutations d'un père représentant de commerce. Il a fait ses études de médecine à Lyon et a rejoint sa première affectation à Beaune, dans un hôpital tout juste sorti de terre dans les années 70#. Malgré ce carrefour meurtrier, Beaune a son charme auquel il cède. Pour achever de le convaincre, il y a cet infirmier qui a un terrain à ven-dre, un bout de vignoble sur la montagne de Beaune, joliment dénommée les "Pierres Blondes", sur lequel on peut construire sans faire sourciller personne. L'architecte imagine une maison plantée sur une mer de gazon. Alain Repolt corrige les plans et conserve la vingtaine d'ares de vignes. Et voilà comment ce qui était conçu pour être un garage devient un chai. Pour réussir les vinifications, il se contente d'un bouquin sur l'hygiène vinicole et des conseils d'amis parmi lesquels figure André Porcheret qui règne à l'époque sur les chais des Hospices de Beaune. Les patients viennent apprendre à tailler la vigne et il se prend au jeu. Il ajoute à sa propriété deux ouvrées de Beaune-Chouacheux, puis un petit bout de Chassagne-Montrachet-Morgeots. À sa retraite en 1994, ce médecin a liquidé ses vignes,  sauf celles qui cernent sa maison. Le vigneron qu'il est resté continue de tailler et de vendanger pour sortir quelques bouteilles d'un vin qui ne peut plus être que "de pays" et destiné à ses seuls copains.
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Christophe Deligny
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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 00:43
Petite reflexion dans libération qui me parait très intéressante, instructive quand on vous explique que certains vignerons crèvent de faim, alors que leur voisin pourrait vendre ses bouteilles des années avant même la récolte. Tout le monde oublie de parler du côté routinier de nombreux vignerons (probablement à l'égal de nombreuses personnes dans leur vie, dans leurs activités..) qui ne veulent que ne rien change et continuer à toucher la même rente "comme au temps où il n'y avait pas le nouveau monde et où on pouvait refiler nos produits quelques soient leurs qualités parce que ça venait de Franceet  "comme au temps où les français buvaient beaucoup de vin de table" (mais vraiment beaucoup, cad plusieurs litres par jour). Rappelons que les vignobles du Languedoc ont été profilés dès la fin du XIXème siècle, adaptation déjà rendue nécessaire par la catastrophe du phylloxéra (et ayant tout de même permis à la population de vivre correctement pendant près d'une centaine d'année), de façon à répondre aux volumes de piquette nécessaires aux français quotidiennement.  Tout celà a été réalisé au mépris du travail d'adaptation des cépages fait au fil des millénaires par nos ancêtres (puisqu'il s'agit du plus vieux vignoble de France). La région en a encore du mal à s'adapter aux changements liés à la concurrence et peine, pour une large part des viticulteurs (routiniers), à retrouver le couple idéal cépage-terroir sur leurs propriétés, bloquant l'évolution salvatrice vers les grands vins :

"Kanzébuzépusoif :
Lorsque la bouteille de rosé est au frigo, l'étiquette affiche : «zésoif». Elle se réchauffe sur la table après quelques verres ? «zébu». La dernière goutte est versée, il fait chaud, l'étiquette affirme : «apu», et le zébu rouge dessiné en arrière-plan disparaît lentement. Cette étiquette thermosensible a été concoctée par la modeste cave coopérative de Gignac, près de Montpellier (Hérault), pour favoriser la commercialisation d'un petit vin de pays d'Oc à 3,95 euros la bouteille. «Tous les vignerons du Languedoc-Roussillon sont touchés par la crise, explique Walter Valgalier, le jeune directeur de la cave de Gignac. C'est dur, mais on est obligés de se raccrocher à quelque chose. Nous comptons beaucoup sur notre cuvée Kanzébuzépusoif pour nous sortir du marasme.»

Manifestations de vignerons en colère à Narbonne, Nîmes, Béziers ou Perpignan, avec tambours et gros pétards ; représentants syndicaux furieux contre les ministres de l'Agriculture successifs. «Ils ne veulent qu'une chose, c'est qu'on crève, pendant qu'eux fument leurs gros cigares le cul bien calé dans leurs fauteuils en cuir», selon Jean Huillet, le charismatique président de la Fédération des caves coopératives de l'Hérault. Cohortes de «malheureux vignerons qui, après trente années de dur labeur, subissent l'humiliation de devoir s'inscrire au RMI», selon Philippe Vergnes, président du syndicat des vignerons de l'Aude. Camions-citernes italiens ou espagnols agressés de nuit sur les autoroutes du Sud par des hommes encagoulés, et obligés de déverser sur le bas-côté des milliers d'hectolitres d'un vin «acheté à des prix de misère par la grande distribution afin d'asphyxier les vignerons français». Dynamitages nocturnes, par les hommes des CAV (Comités d'action viticole), des chambres d'agriculture régionales ou des hangars des gros négociants. Depuis plus d'un an, l'actualité viticole en Languedoc-Roussillon (1) est entièrement dominée par la crise. Or, derrière ces images d'apocalypse, se cache une autre réalité : celle de vignerons qui s'en sortent. «Mais de ceux-là, on n'a pas le droit de parler, sinon on risque de se faire taper dessus», dénonce un caviste montpelliérain.

«Bu et approuvé»

Pourtant, ils sont nombreux, vignerons indépendants comme caves coopératives, à tirer leur épingle du jeu. «Il est très difficile d'en mesurer le nombre, car nous manquons de données fiables», prévient Etienne Montaigne, professeur d'économie à l'IHEV de Montpellier (Institut des hautes études de la vigne et du vin), et auteur avec ses collègues de Bacchus, un almanach très complet sur la filière viticole en France et dans le monde (éditions Dunod). «Alors que la crise est réelle, tout le monde n'est pas touché de la même façon», poursuit l'universitaire, qui ajoute que «les organisations syndicales ont tendance à exagérer l'étendue de la misère».

Comment font-ils, les rescapés de la crise ? Produisent-ils un vin meilleur que les autres ? Ce serait trop simple. Un voyage à travers cet autre Languedoc viticole montre que les raisons du succès sont très diverses, et que les «gagnants» existent dans toutes les catégories de vin et de vignoble.

Jean-Marie-Rimbert.jpgD'abord, il y a les imaginatifs, à l'image des vignerons de Gignac (420 coopérateurs). Etiquette en plastique et bouchon synthétique rose pour Fluide Glacial, un rosé de Bagnols-sur-Cèze (Gard), ou vin en canette d'aluminium de 25 cl, vendu par cinq grosses caves coopératives de l'agglomération montpelliéraine. Perdu au milieu des admirables collines de Saint-Chinian, au nord de Béziers (Hérault), Jean-Marie Rimbert, exploitant d'un vignoble indépendant de taille moyenne (30 hectares) se donne beaucoup de mal pour peaufiner ses étiquettes. Son vin de table rosé s'appelle l'Arroseur à rosé, et son meilleur rouge, servi sur les tables des grands restaurants, a été baptisé le Mas au schiste (je recommande vivement), «parce qu'ici le sol est en schiste». Son Cousin Oscar, un excellent vin de table à 11,5 degrés, est certifié «Bu et approuvé» sur chaque étiquette.

A une centaine de kilomètres de là, dans un paysage de sierras andalouses écrasées de soleil, la cave coopérative d'Embres et Castelmaure (Aude) ignore elle aussi la crise. Plusieurs fois par semaine, des semi-remorques viennent charger de lourdes palettes de vin en direction de l'Allemagne, de la Belgique, du Japon ou des Etats-Unis. Les noms de ce 1,5 million de bouteilles vendues chaque année comme des petits pains ? La Buvette (un vin de table à 3,40 euros que tout le monde s'arrache), le Point d'interrogation («On ne savait pas comment l'appeler», justifie Patrick de Marien, le directeur de la cave), la Vieille Jeep (AOC Corbières rouge), A perpète, Cuvée Pompadour...

D'autres expliquent que la vraie raison de leur succès reste la qualité de leurs produits. C'est le cas d'André Leenhardt, du domaine de Cazeneuve, qui possède dix petits hectares de vigne (dont trois de vieille syrah et de vieux grenache) au pied du pic Saint-Loup ­ petit sommet qui domine la plaine, au nord de Montpellier. «En 1985, lorsque je me suis installé, nous étions une dizaine de vignerons indépendants dans le coin, raconte André Leenhardt. Tout de suite, nous avons initié une démarche collective vers la qualité, avec quelques règles communes : pas trop de surfaces, un rendement inférieur à 50 hectolitres par hectare, et l'obligation d'attendre sept années avant de récolter une vigne nouvelle.» La recette s'est révélée payante, puisqu'aujourd'hui la région du pic Saint-Loup (37 domaines) bénéficie d'une excellente réputation internationale. «Bien sûr, je ne chante pas sur tous les toits que ma structure se porte bien, poursuit le vigneron, dernier héritier d'une famille de protestants languedociens. Dans le contexte actuel, ce serait mal vu. Mais quand j'en vois qui continuent à planter du carignan avec un rendement de 150 hectolitres par hectare, c'est de la bêtise ! Et après ils viennent réclamer des aides à la distillation... Il faudrait qu'ils comprennent qu'on n'est plus dans les années 50, quand les mineurs du Nord se tapaient trois litres de rouge par jour !»

«Un chant provençal dans l'Ohio»                                                                                                                      Olivier JullienOlivier-Jullien.jpg

Il y a aussi les stars, ceux dont les bouteilles sont inscrites sur les cartes des restaurants trois étoiles, dont les vins affichent les prix les plus élevés de la région, et se vendent le mieux : Peyre-Rose, Daumas-Gassac, Jullien, la Grange-des-Pères, Clos-Marie... Des petits domaines, souvent, mais qui rapportent gros. Parti de rien en 1989, Laurent Vaillé (domaine la Grange-des-Pères, à Aniane, près de Montpellier) n'a jamais assez de bouteilles (à 38 euros) pour satisfaire tous ses cavistes ­ au point de garder secrète sa production annuelle. A peine la commercialisation de son millésime 2003 a-t-elle commencé que l'on trouve ses bouteilles vendues aux enchères sur l'Internet à des prix pouvant dépasser les 100 euros. Le secret de la réussite de ces grands du Languedoc ? «Je fais tout moi-même, répond Marlène Soria (domaine Peyre-Rose, classé numéro 1 des rouges du Languedoc par la Revue du vin de France en octobre 2005). Je lave mes cuves, je  les remplis, toutes les bouteilles passent par mes mains. Je suis installée sur un sol maigre de garrigue, sans rétention d'eau. J'ai un rendement faible, à 20 hectolitres par hectare. Et, même si ce n'est pas écrit sur la bouteille, chez moi, tout est bio !»

Mais revenons à ceux dont la réputation est plus modeste. Beaucoup racontent que, pour s'en sortir, il leur a fallu s'éloigner de leurs vignes et parcourir le monde. «La crise est arrivée en 2002. Tout d'un coup, je n'avais Rimbert-vignes-Berlou.jpgplus de commandes. Comme les acheteurs ne sonnaient plus à ma porte, j'ai compris que c'était à moi d'aller les voir.» Toutes les trois semaines, Jean-Marie Rimbert est sur la route, ou dans les airs : Londres, Tokyo, Copenhague... Même chose pour Pierre Clavel, un important vigneron à Assas (Hérault, 50 hectares) : «Mon métier a complètement changé ces dernières années. J'ai délégué une bonne partie du travail de la cave à un oenologue, employé à plein temps. Et moi, je suis parti aux Etats-Unis, au Danemark, en Allemagne... Je fais le guignol, tout en trimballant mon rayon de soleil. Un jour, dans un coin paumé de l'Ohio, je présentais ma cuvée Copa Santa devant une assemblée. J'ai entamé le chant provençal du même nom. Deux cents pélucres [nigauds, ndlr] se sont levés, le verre en l'air, et ont attendu que je finisse mon chant !» «Mais attention, met en garde Frédéric David, modeste viticulteur installé dans la vallée du Rhône gardoise, et qui revient d'une semaine de prospection à Moscou, à l'étranger, il faut arrêter de se prendre pour une star parce qu'on est français. Face à un grossiste russe, vous êtes au même niveau que le Chilien qui vient de franchir la porte avant vous.»

Mas Daumas Gassac                

«Faire pisser la vigne»

202006920145914-scat.jpg Tous les vignerons cités conservent une caractéristique commune et terriblement française, la religion du terroir. A l'opposé de ces artistes de la terre, Vincent Pugibet, lui, se fiche comme d'une guigne de la géographie de ses vignes. «La différence entre Corbières, Saint-Chinian, Pic-Saint-Loup, etc., qu'est-ce qu'un acheteur américain ou norvégien en a à faire ? Mon terroir, c'est le nom de mes clients», remarque-t-il, provocateur. De ses différents séjours dans des grands domaines de Californie, du Chili et d'Australie, le jeune Biterrois est revenu avec une certitude : seul le cépage compte. «Et encore, uniquement celui que les consommateurs internationaux sont capables d'identifier. C'est-à-dire chardonnay, sauvignon et muscat pour le blanc, syrah, grenache, cabernet et pinot pour le rouge.» Résultat : insensible à la crise, son domaine de la Colombette (une grosse entreprise qui s'étend sur 50 hectares autour de Béziers) continue de vendre sans problème 500 000 cols par an, dont 70 % à l'exportation. Et, alors que tout le monde ne parle que de réduction des rendements comme seule issue à la crise, Vincent Pugibet, fier de son diplôme d'ingénieur en agronomie et en oenologie, continue, comme cinq générations de Pugibet avant lui, de «faire pisser la vigne», avec des rendements de 90 hectos par hectare. Prêt à tout pour concurrencer sur leur terrain les vins du nouveau monde, il vient d'installer chez lui une machine «révolutionnaire» destinée à baisser le taux d'alcool dans ses bouteilles, «sans perdre aucun arôme». «Les vins à 14 degrés ou 15 degrés, c'est fini, ni les Américains ni les Asiatiques n'en veulent.» Avec ce vin à 9 degrés, Vincent Pugibet est sur le point de signer un contrat avec Cathay Pacific, la grande compagnie d'aviation de Hongkong.

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Christophe Deligny
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 01:23


Collioure-66-.jpg
Voilà une "appellation" qui avait été oubliée et qui depuis 5 à 10 ans fait à nouveau parler 
d'elle. Et bonne nouvelle, les vieilles vignes sont toujours là, souvent situées en hauteur, gagnant en ça de la fraicheur, alors que les cépages rouges ont été souvent renouvelés ou "améliorés". De nombreux cépages anciens et traditionnels sont toujours présents. Cela reste donc le gage d'une bonne adaptation de la vigne au sol, nécessaire à la réalisation de grands vins. Ce n'est plus le cas dans le Languedoc où l'un des problèmes consiste en la difficulté que les vignerons peinent à trouver le lieu où chacun des cépages serait le mieux à sa place, information qui généralement provient de l'observation de nombreuses générations, et qui reste disponible dans le Roussillon. On ne peut donc en cela pas qualifier le Roussillon de nouveau monde, contrairement à son voisin languedocien.



darwin-collioure.jpg                                          Collioure par Matisse



Je n'ai pas retrouvé dans la littérature oenophile de dégustation de roussillons blancs. Il est pourtant extrêmement intéressant de redécouvrir ce que faisaient les anciens, l'apport de la connaissance viticole du XXIème siècle améliorant encore ces vins. Par exemple, le très médiatique Clos des fées (http://www.closdesfees.com/index1.htm) ne produit de vin blanc que depuis 2 ans. Ces vins n'ont aucune notoriété, à tort, la lourdeur venant du soleil écrasant étant habituellement le défaut dont on les soupçonne. Recherchez la fraicheur de ces vins et vous verrez qu'ils font surement partie des vedettes de demain. C'est donc pour vous l'occasion de goûter des cépages que vous n'avez probablement jamais abordé (grenaches gris et blanc, maccabeu), sous forme de vin sec en tout cas. J'espère que cette dégustation vous apportera autant que les précédentes, l'originalité en plus. Beaucoup de ces vignerons sont des néovignerons, avec une idée et une raison pour s'installer ici, avec  une volonté de travailler de façon idéaliste, au moins en biologie. Tous ces vins sont à servir à 13°.

P3023362.jpg
 













Collioure vue de la terre avec en premier plan les vignes en terrasse de Banyuls




Domaine Madeloc, cuvée Trémadoc
(grenache gris 80%, grenache blanc selon récolte, vermentino 20%) : Le vin de Pierre Gaillard, un des meilleurs vigneron de la cote rotie : ce domaine a été créé en 2003 ! Il joue dans la catégorie des puissants. Un habit doré, un nez exubérant et capiteux, entre lys et jasmin, fruits blancs.
L'attaque est douce, ample, le palais déroule gras et complexité avec des parfums de garrigue, d'acacia, de fruits à chair jaune. Saveurs de pain grillé, d'amandes, profil légèrement salin, beaucoup de suavité et de longeur. Une cuvée gastronomique dont on rêve aux côtés d'un turbot aux baies roses, d'une sole en beurre citronnée.


La Préceptorie de Centernach, cuvée les terres nouvelles (100% grenache gris) : les parfums de guimauve, miel, menthol, citron et autres agrumes, fenouil seront de la partie. Ce vin sur terroir de schistes, vient de la famille Parcé, légende locale installée au domaine de la Rectorie et au mas blanc. Humant la bonne affaire, cette famille s'est installée à Saint Arnac (!! 66220) dans l'arrière pays où il fait frais.

2006.jpg


Herve-Bizeul-.jpgClos des fées (Grenache Blanc 90 %, grenache gris 10%). Le domaine qui fait le plus parler de lui. Hervé Bizeul doit surement être hyperactif.  Outre son clos des fées et après avoir travaillé pour Jean pierre Coffe, la revue des vins de France, il a créé un vin de marque de qualité et raisonnable en prix (Walden), vendu chez Auchan à prix permettant aux producteurs de vivre (il a réussi à ce que l'hyper ne prenne qu'une marge de 10%, une première !!) pour aider les vignerons alentours qui ont du mal à s'en sortir alors que lui vend sa petite Sibérie plus de 200 euros (voir sur www.walden.fr). La parcelle fait 2,5 hectares de vignes centenaires en sélection massale sur la commune d'Opoul, en bordure d'une forêt domaniale de plusieurs centaines d'hectares. Terroirs argilo-calcaires tardifs à une altitude 2 à 400 mètres recevant un vent permanent avec de fréquentes entrées maritimes. Riche, tendre et généreux, ce blanc se marie parfaitement avec des poissons exotiques cuisinés au lait de coco.
gallet.jpg
Roc des anges (90% grenache gris, 10% grenache blanc et maccabeu). La femme du vinificateur du Mas Amiel a débuté il y a quelques années avec très peu de moyens, un petit prêt de la part de nombreux amis, d'environ 2 à 3000 euros chacun, lui ayant mis le pied à l'étrier. Elle est idéaliste et réalise le meilleur vin possible. Les vignes centenaires de cette parcelle ont la redoutable mission de puiser en terre (shisteuse) dans cette année très chaude de la minéralité pour contrebalancer la richesse naturelle issue de la canicule. Les rendements sont petits (30 Hl/Ha). Magali se dit obsédée par l’équilibre, dans la vigne, comme dans la cave : " Je ne m’impose pas un grand travail de cave, je ne veux mettre que du raisin dans la bouteille puis laisser les vins tranquilles. Ici le climat donne tellement qu’en rajouter pourrait rendre ces vins du Sud vulgaires"



G-Gauby.jpgDomaine Le Soula (40% Grenache, 35% Sauvignon, 15% Maccabeu, 7% Roussanne, 3% Chenin). Récolté dans les Fenouillèdes, ce vin a été imaginé par le grand Gérard Gauby. Il est en principe le plus frais de tous, son altitude élevée, apportant du froid les nuits aux vignes. Il s'agit d'une création qui répond moins aux cépages classiques du roussillon. Mais de l'avis de tous, Gauby a eu raison d'aller chercher des vignes dans l'arrière pays loin de la mer. Son vin, comme ceux du domaine Gauby, font partie des vedettes du roussillon blanc, vendus dans le monde entier.





Coume del Mas cuvée Folio
(80% grenache gris, 10%  grenache blanc, 10%
vermentino). Philippe Gard est un jeune propriétaire à Banyuls. Comme au clos des fées, un camion frigorifique receptionne et amène à la cave la récolte de façon à préserver la fraicheur des raisins.  Les rendements sont minuscules (15Hl/Ha).  Les shistes impriment aux raisins une minéralité qui rafraichit ces terrasses crées par l'homme aux alentours de 200 m juste au dessus de la mer.
masLcoume.jpg



















crique-collioure.jpg
Espérons que ces vins sauront vous séduire, vous faire envie de les découvrir sur place et qu'il entreront dans votre cave à la place qu'ils méritent ..
Je vous suggère d'écouter l'émission de Coffe que vous pouvez récupérer sur walden.fr puis aujourd'hui projet et cliquer sur ici. Vous y écouterez Hervé Bizeul du clos des fées ainsi que le directeur de la cave d'Embres et castelmaure en Corbières, une des plus grande de France (par la qualité, pas par la taille). Cette merveilleuse coopérative sera parmi nos toutes prochaines dégustations. Elle compte les pieds de vigne dans chacune des parcelles de ses adhérents pour les rémunérer non plus à la surface mais au pied de vigne. Les adhérents y sont bien payés. Ils réalisent le vin de coopérative le plus cher au monde, mais le méritent bien. Vous verrez..

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Christophe Deligny - dans Dégustation
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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 22:18
J'ai lu pour vous les deux nouveaux livres polémiques sur le vin, sa méthode et ses buts.

Le livre (co)écrit sur Robert Parker, anatomie d'un mythe, par Hanna Agostini, son ancienne collaboratrice pour l'édition des guides en français, est extrêmement instructif sur les méthodes qu'il emploie pour réaliser ses publcations et organiser ses dégustations. On apprend ainsi comment il traite la concurrence, ne supportant pas la contradiction, et utilisant 794542-953603.jpgdes méthodes staliniennes pour déconsidérer l'adversaire et en limiter le message. Mais, il faut avoir à l'esprit que H Agostini a été mise en examen il y a quelques années pour avoir conseillé des entreprises vinicoles, comme le font de nombreux collaborateurs actuels de RP. L'indépendance du célèbre critique, souvent rappelée par lui même, en prend un coup !!
L'autre leçon de ce livre est la mise à la lumière des efforts considérables à déployer par les viticulteurs pour arriver à faire déguster ses vins au "maître" car il n'accepte l'organisation de dégustations que de quelques amis. Vous saisirez donc ainsi le pourquoi de l'apparition d'association sous des noms du type "cercle Bordeaux rive gauche" ou "union des grands crus" dont le seul et unique but est d'arriver à faire déguster à RP leurs vins. Vous verriez par exemple les efforts de Gérard Perse (Pavie) pour approcher RP via un de ses proches, en lui organisant un petit dîner surprise dans un restaurant des landes avec de merveilleux millésimes des plus grands Bordeaux amenés par ses soins (bénévolement s'entend !!). Un petit investissement de quelques dizaines de milliers d'euros immédiatement rentabilisés, puisque Bob est venu dès le lendemain visiter les propriétés Perse. Ce n'est même pas Nossiter qui le révèle, mais la collaboratrice de l'époque de RP. Il est aussi amusant de voir que les quelques personnes à qui Bob demande, lors de son passage à Bordeaux, d'organiser une dégustation (5 ou 6 personnes maximum) se disputent sournoisement ce privilège, tant il est lucratif pour les dites personnes, puisqu'elles deviennent un passage obligé pour avoir une chance d'obtenir une fameuse note sur 100. Ces notes sont d'une immense subjectivité, n'étant pas une construction liée aux qualités du produit décortiquées de façon systématique (10 pour la longueur, 10 pour l'élégance, ect..), mais le reflet d'une impression immédiate de l'autoproclamé meilleur dégustateur du monde.
Je ne vous conseille vraiment pas d'acheter ce livre, écrit avec les pieds, pénible à lire, comprenant un nombre incalculable d'accumulation de preuves. Pour tout dire, je l'ai acheté d'occasion ne voulant donner aucun écu à "l'auteur".



Infiniment plus humain est le livre de Jonathan Nossiter, le goût et le pouvoir. Le style est beaucoup plus jonathan-nossiter-gout-pouvoir.jpginteressant, plus humain, confinant par moment à la poésie et à la philosophie. Il revendique :

- de pouvoir exprimer son goût, surtout s'il est différent du goût dominant (Parker-Rolland, P-R), aimer des vins avec des défauts, des goûts malaimés comme l'amertume ou l'acidité, moins bien faits, mais exhalant leur originalité. Mais il reconnait le droit à chacun d'aimer selon ses goûts.

- qu'on n'utilise pas la moquerie pour déconsidérer les viticulteurs représentant l'ancien style dans une appellation touchée par le style P-R (le but étant purement et simplement d'éliminer la concurrence, pour gagner plus d'argent)

- de ne pas bouleverser tout dans le sens du goût unique, pour ne pas perdre des pans entiers de culture, héritage de tous les hommes, simplement pour que cela rapporte à quelques uns quelques monnaies sonnantes et trébuchantes.

- Il examine et classe les raisons humaines et les intentions des différents établissements où on peut boire du vin. Il constate notamment dans certains restaurants un décalage entre le discours et la réalité vécue par le client . Vous assisterez aussi à des dégustations à l'aveugle, entre personnes d'horizons divers, dont le but est de partager des émotions (bonnes et même mauvaises !), les bouteilles étant amenées par chacun des participants. Vous participerez  à des repas où de très grands vignerons bourgignons (Dominique Lafon, Jean Marc Roulot, Christophe Roumier) expriment leurs doutes, leurs difficultés, racontent la relation avec leur père et ses conséquences sur leur façon de concevoir le vin et la vie. Vous y retrouverez quelque chose de nos dégustations. Vous y glanerez quelques adresses de cavistes, de restaurants tout en y découvrant la philosophie de l'établissement, classée selon ce que le propriétaire veut y réaliser. Nossiter analyse en effet les différents type de lieux où le vin est vendu, avec l'approche humaine qui y est menée, riche ou pauvre, passionnée ou interressée, attentive ou désinvolte, érudite ou conquérante... On peut tout juste lui reprocher d'être par avance effrayé d'une dégustation faisant la part trop belle à l'évocation des parfums du vin en oubliant le palisir, traumatisé qu'il est par l'emphase de certaines analyses de RP, manifestement faites pour en imposer.
Un très beau livre humain et poétique sur la tolérance et l'intolérance vue au travers du lien entre les hommes que représente le vin. Je recommande vivement sa lecture.
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Christophe Deligny
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 01:41

Je vous reproduit les prévisions de Bob Parker retrouvées sur le site Chazallet.com. Il y a beaucoup de choses interessantes dedans. J'ai mis mes commentaires en italique après la prediction.

" L'an passé, en 2005, le célèbre critique de vins Robert Parker a fait 12 prédictions qu'il serait bon de relire régulièrement


 
 

1 - Aux Etats-Unis, la distribution sera bouleversée.

 

Je prédis l’effondrement total du système de distribution du vin aux Etats-Unis, qui est actuellement enchevêtré par son fonctionnement à trois niveaux. Le processus existant, un legs de l’ère de la Prohibition, acte que tout vin étranger doit être amené au pays via un importateur, qui le vend à un grossiste qui, ensuite, le vend à un distributeur. Quant aux producteurs américains, ils vendent leur vin à un grossiste, qui le vend à un distributeur. En résumé, il s’agit d’un système absurdement inefficace qui coûte très cher pour le consommateur. Cette démarche étroitement contrôlée (qui existe grâce aux lobbyistes financés par les puissants grossistes de l’alcool et du vin) se dilue dramatiquement, accélérée en grande partie par la possibilité de commander le vin par Internet. Différents jugements de la cour fédérale, au cours de ces dix dernières années ont confirmé que la cour suprême devra finalement acter si les wineries pourront vendre, soit au grossiste, soit au distributeur ou même directement au consommateur. Imaginez, si vous le pouvez, un grand château Bordelais, un tout petit domaine du Piedmont ou un petit vignoble artisanal en Californie ayant tous la possibilité de vendre la totalité de leur production directement aux restaurants, distributeurs et consommateurs. A mon avis, ce sera possible dès 2015.

 

2 - L'Internet du vin aura une place prépondérante.

 

Les forums sur Internet, les sites web créés pour les fanas du vin, et les sites web ultra modernes diffuseront instantanément des informations à propos des nouveaux vins et des nouveaux vignerons. Aujourd’hui encore, il n’y a que les accros au monde virtuel et les internautes passionnés qui utilisent de tels sites. Dans 10 ans, ils seront nombreux. Les magazines et les journaux du vin d’aujourd’hui seront remplacés par un système d’informations sur le Net, plus démocratique et plus ouvert, rédigé par des experts, des consultants, des spécialistes, des conseillers et des passionnés du vin.
Evident d'autant plus que les prix des grands explosent et que tout système shuntant les intermédiaires sera le bienvenu pour diminer les prix.

 
 

3 - Pour les meilleurs vins, la surenchère mondiale sera la règle.

 

La concurrence pour les plus grands vins connaîtra une croissance exponentielle : les vins les plus rares deviendront de plus en plus chers et difficiles à acheter. L’intérêt croissant pour les grands vins, particulièrement en Asie, en Amérique du Sud, en Europe Centrale et de l’Est et en Russie aggravera la situation. On verra des guerres d’enchères pour de petits lots de caisses de vins à production limitée et à forte valeur. Bien que les prix des vins tirant leurs origines des vignobles les plus « bénis » semblent élevés aujourd’hui, ce n'est qu'une partie de ce que ces vins coûteront d’ici dix ans. Par exemple, bien que les Américains se plaignent en regardant les prix atteints par les ventes de vins en primeur de 2003 à Bordeaux (4 000 dollars par caisse en moyenne), si mes intuitions sont correctes, un bon millésime de ces vins primeurs coûtera au minimum 10 000 dollars d’ici une décennie. C’est simple : la quantité des bons vins est limitée, et la demande pour ces vins deviendra au moins 10 fois plus grande.
Parfaitement d'accord.
Deux leçons :
- Déguster tout ce qu'on peut encore déguster dans les grands classiques d'aujourd'hui de prix encore accessibles.
- Apprendre le vin et donc à choisir par soi-même.
Une conclusion : vive le club

 

4 - La France sera dans la tourmente.

 

La mondialisation du vin a plusieurs conséquences, et de nombreuses d’entre elles signifient de mauvaises nouvelles pour le pays historiquement connu pour la production des meilleurs vins du monde : la France. Le système de classement français deviendra même plus stratifié ; 5% des meilleurs domaines produiront les vins les plus irrésistibles pour lesquels ils recevront les prix de plus en plus astronomiques. Cependant, l’obsession française de la tradition et du maintien du statu quo aura comme conséquence la faillite et l’effondrement des producteurs qui refuseront de reconnaître la nature compétitive du marché mondial du vin.
Oui, tant que les plus mauvais continueront de tirer les ficelles politiques pour bénéficier de l'aura apportée par les plus grands sans s'astreindre eux même à un quelconque geste vers la qualité. Ceci demande un engagement de formation à s'adapter à la plante (ne pouvant plus appliquer les recettes toutes faites avec engrais et désherbants aux dates enseignées par les fournisseurs de produits chimiques), des risques sur les dates de la récolte que beaucoup ne sont pas prêts à prendre. C'est tellement plus facile de vendre chaque année ses litres d'appellation aux négociants en se rattrapant sur la quantité, pourtant nécessairement ennemi de la qualité.

 

 

5 - L'utilisation des bouchons de liège se réduira.

 

A mon avis, dès l’an 2015 les bouchons de liège auront été largement remplacés par les bouchons à vis. L’industrie du liège n’a pas assez investi dans des techniques pour empêcher des vins bouchonnés (conséquence : jusqu’à 15% des vins sont touchés d’une odeur éventée, de moisi). On verra les conséquences dramatiques de ce « laissez-faire. » Les vignerons de pointe sont de plus en plus nombreux qui choisissent les bouchons à vis pour des vins à consommer dans les 3 ou 4 ans après les vendanges (environ 95% des vins du monde), et cette tendance ne va que s’accentuer.
Les seules exceptions seront les grands vins qui doivent être élevés pendant 20 à 30 ans : ces vins vont demeurer principalement à fermeture par bouchon de liège. Mais, les producteurs de ces vins devront faire face au mécontentement des consommateurs si l’industrie du liège ne résout pas le problème des mauvais bouchons. Les bouchons synthétiques ne sont pas la solution. Ils ne pourront pas concurrencer les bouchons à vis.
Parfaitement d'accord. Il n'est pas exclu que même pour les grands vins, on s'y mette. Cela dit quand la pression se sera dessérée sur les chênes lièges (diminution du volume annuel nécessaire), la seule solution pour les bouchonniers sera de faire du haut de gamme, ce qui sera plus facile car on pourra attendre que le liège se forme plus longtemps.

 

 

 

6 - L'Espagne deviendra un pays phare pour la viticulture.

 

L’essor de l’Espagne va continuer. Le pays est aujourd'hui leader par la qualité et la créativité de ses vins, qui associent les caractéristiques les plus fines de la tradition à une philosophie moderne et progressive de la viticulture. L’Espagne, sortant actuellement d’une longue période d’une viniculture coopérative qui mettait l’accent sur la quantité plutôt que la qualité, a finalement commencé à comprendre qu’elle possède plusieurs vignobles avec des vignes âgées, ayant un potentiel presque illimité. Les vignerons espagnols reconnaissent qu’ils ne sont piégés, ni par l’histoire, ni par le besoin de maintenir le statu quo qui irrite et brime actuellement de nombreux producteurs français. Dès 2015, les régions qui ont traditionnellement produit les meilleurs vins espagnols (Ribera del Duero et Rioja) auront le deuxième rang, derrière des régions en ascension, telles que Toro, Jumilla et Priorat.
Il va falloir trouver de la finesse pour s'adapter au changement de goût qui se profile..

 

7 - Le Malbec fera de plus en plus forte impression.

 

Dès 2015, on comprendra la grandeur des vins argentins fait à partir du raisin Malbec. Ce cépage français, après avoir échoué si exécrablement dans son propre domaine à Bordeaux, a atteint une grande qualité en Argentine. Non seulement des Malbecs délicieux et peu coûteux, mais aussi ceux qui sont vraiment majestueux et profondément complexes, venant des vignobles d’altitude, sont déjà en production et, dès 2015, la place de ce raisin longuement ignoré sera assurée dans le panthéon des vins les plus nobles.
Pas certain que ce cépage seul puisse donner une grande profondeur.

 

 

 

8 - La côte centrale de Californie dominera les autres régions des Etats-Unis.

 

Les vins de la Côte Centrale de Californie (une vaste région qui va de Contra Costa jusqu’à Santa Barbara) seront placés au même rang que les vins bénis des vallées Sonoma et Napa. Aucune région productrice aux Etats-Unis n’a démontré de progrès comparable à propos de la qualité, ni le potentiel de la Côte Centrale, avec ses cépages du Rhône, et de la région de Santa Barbara où les cépages bourguignons Chardonnay et Pinot Noir sont plantés dans ces climats plus frais.

 

 

9 - L'Italie du sud deviendra de plus en plus réputée.

 

Tandis que très peu de consommateurs auront les moyens d’acheter les profonds Barolo et Barbaresco du Piedmont (qui seront sujet d’une demande mondiale fanatique dix fois plus que ce que l’on voit aujourd’hui), les régions productrices italiennes telles que l’Umbrie, la Campanie, la Basilicate et les îles de Sicile et de Sardaigne seront connues partout dès l’an 2015. La révolution œnologique déjà en cours en Italie continuera. Les récompenses deviendront de plus en plus manifestes au cours de la prochaine décénnie.
Comme toutes les zones d'ancienne réputation de viticulture, où le travail était devenu routinier. Quand des viticulteurs y retrouvent le goût de faire grand, étant donné que les cépages sont déjà adaptés aux meilleurs terroirs (adéquation cépage-terroir fruit de l'observation humaine pendant des siècles) et pour peu que ceci n'aie pas été cassé par l'installation d'une viticulture productiviste faisant perdre les repères comme cela s'est passé dans le Languedoc il y a un siècle, Les vins peuvent rapidement faire partie de l'élite mondiale.

 

 

10 - Le vin "non boisé" trouvera une audience de plus en plus large.

 

Etant donné le style de plus en plus varié de nourriture que nous consommons, en plus des différents goûts de plus en plus nombreux qu’on trouve dans nos assiettes, de plus en plus de vins vont offrir des bouquets remarquablement purs et des saveurs non marqués par le vieillissement en bois. Les blancs clairs et vifs et les rouges fruités, savoureux et sensuels connaîtront une demande plus forte en 2015. L’élevage dans le bois demeurera important pour les meilleurs cépages et pour les vins vieillis. Pourtant, ces vins ne constitueront qu’une partie infime du marché.
Evidemment. Autre raison de moins boire des vins lourdement boisés, le réchauffement, qui donne envie de boire des vins d'été. On se lasse du boisé, et plus on avance en dégustation, plus le boisé caricatural devient écoeurant et inacceptable.

 

 

11 - Le rapport qualité / prix sera un atout.

 

Malgré ma prédiction pessimiste à propos du coût prohibitif des meilleurs vins du monde, il y aura dans l’avenir, de plus en plus de vins de haute qualité à des prix bas. Cette tendance sera observée d’abord dans les pays européens, puis l’Australie, qui continuera de jouer un rôle très important. L’Australie a perfectionné l’agriculture industrielle : il n’y a aucun autre pays qui apparaît capable de produire aussi bien une bouteille de vin pour €8. Cependant, ces vins sont trop simples, fruités et « sans âme. » Il faudra que l’Australie s’améliore et commence à créer des vins accessibles, ayant plus de caractère et plus d’intérêt afin de se repositionner dans le marché mondial d’ici dix ans.
Je suis tout à fait d'accord et pour tout dire très optimiste du fait de l'apparition de nombreux nouveaux passionnés au cours du renouvellement de la génération du baby boom. Celle ci a été élevée dans le tout technologique à appliquer des recettes (généralement chimiques) sans trop comprendre (ce qu'elle qualifie de tradition, paradoxe qui fait hurler de rire) pour faire des produits industriels qu'on cache sous la bannière vigneron-récoltant pour endormir les consommateurs. Ces jeunes là ont une éthique de vie, une idée du grand vin et un respect suffisant des autres pour produire de grands vins de façon respectueuse de l'environnement. Beaucoup de jeunes surdiplomés avec de gros bagages s'installent même dans de petites appellations et y bouleversent les mentalités routinières.
Par contre, l'australie à 8 dollars, je doute, c'est souvent fardé et industrieux alors qu'on trouve du grand en France à ce prix là. Mais il faut connaitre et trouver.

 

12 - La diversité des vins sera le mot clé.

 

Dès 2015, le monde du vin sera devenu plus varié. Nous verrons des vins de qualité ayant pour origine des pays aussi inattendus que la Bulgarie, la Roumanie, la Russie, le Mexique, la Chine, le Japon, la Turquie et peut-être l’Inde. Toutefois, selon moi, même avec l’entrée dans le marché de tous ces nouveaux producteurs, le point de saturation ne sera toujours pas atteint puisqu’une proportion de plus en plus grande de la population mondiale choisira le vin comme leur boisson alcoolique de choix."
Evident. Mais, je parierais volontiers  comme je l'ai signalé auparavant surtout sur les pays où les cépages sont déjà installés dans les meilleurs terroirs pour lui, et surtout dans les pays de la diversité des cépages autochtones pas encore remis à leur niveau d'antan (croatie, Bulgarie, Géorgie).

En tout cas pas bête le Bob..

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Christophe Deligny
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 19:48
Chers amis.
Nos deux ans ont été dignement fêtés par la verticale des trois merveilles de Marcel Guigal sur deux millésimes.
Nous allons passer dans une autre dimension avec des vins en apparence beaucoup moins célèbres, beaucoup plus rares, connus seulement des grands amateurs. JM Guffens est un génie et je vais essayer de vous le prouver au travers de 6 vins arrachés aux rares allocations françaises :




Quand le couple Guffens a débarqué à Vergisson en 1976 à 20 ans dans leur vieille Honda civic cabossée, diplôme d’architecture et de théatre en poche, ne parlant pas un mot de français, rien ne laissait supposer que JM Guffens deviendrait un des plus grands maîtres du chardonnay. Il a ouvert la voie au renouveau du maconnais, en pleine ébullition.

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          Vergisson (d'après visoterra.com)


Le vignoble du Maconnais est le plus au sud de la Bourgogne. Les vins sont constitués de chardonnay pour les blancs, gamay (du Beaujolais tout proche) et pinot noir pour le rouge. Tous les vins peuvent être embouteillés sous l’appellation Bourgogne AOC. Il existe des crus, le plus grand et le plus célèbre étant Pouilly Fuissé. A coté se trouvent les Saint Véran, Pouilly Vinzelles et Loché qui commencent à être réveillés par des producteurs très qualitatifs (Bret brothers). Enfin le Macon peut être accompagné de son nom de commune comme Pierreclos pour notre dégustation. Si la notion de crus se développe pour mettre en valeur les meilleures parcelles, l’appellation réfléchit à la notion de grand et de premier cru. Force est de constater que la majorité des vins produits ici sont de médiocre qualité, mais de nombreux producteurs idéalistes se sont installés dans la région, repoussés par le prix délirants de la vigne autour de Beaune, augurant d’un grand avenir.

Roche de Vergisson
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                                                                                             Maine et Jean Marie Guffens
Verget1.jpg Ils se sont d’abord donné un an pour apprendre la langue et approcher le métier de vigneron, se louant comme ouvriers agricoles. Maine s’est progressivement plus intéressée à la culture alors que Jean Marie s’est pris de passion pour le travail de cave. Sur les dix dernières années, la viticulture d’élite du domaine lui a permis de ne pas récolter un raisin en dessous de 13°5. Le style est pourtant profondément axé sur la minéralité qu’il puise dans les sols du maconnais. Chaque pied ne saurait produire plus de 800 grammes de fruit avec des raisins de la taille la plus petite possible. Aucun besoin d’analyse, la récolte ne se faisant que lorsque le raisin de toute la parcelle est bonne à manger… Les cuvées de base, réalisées avec les deuxième presses, sont mises en bouteille après 11 à 12 mois alors que les premiers jus bénéficient d’un élevage long de 18 mois terminé dans des cuves de béton, dont l’intérieur est arrondi pour permettre un meilleur contact avec les lies (éléments solides dans un vin en cours d’élevage). Guffens est un expert du pressurage desguffens.gif raisins : on comprend aisément l’importance de cette étape de la vinification en imaginant tout ce qu’on peut soi-même retirer d’amer d’un pépin de raisin en pressant très fort. Le pourcentage de fûts neufs n’excèdera jamais 20%. Jean Marie, pendant que le vin fermente, grapille les derniers raisins oubliés sur les vignes pour constituer une vendange tardive permettant de (m)ouiller les futs avant qu’ils ne reçoivent le vin. Il a observé que cette technique apportait plus de complexité au vin. Toute une somme de détails saisis par une curiosité à toute épreuve lui permettent de produire de grands vins.

Le domaine comprend environ un hectare de Pouilly-Fuissé sur trois terroirs spécifiques : la Roche (0.25 ha), les Croux (0.4 ha) et les Crays. Les Croux sont exposés sud-ouest, et ont été plantés en 1980.

Le clos des petits croux sous la roche

RocheVergisson.jpgUne partie des croux, la plus haute est plus vieille, elle est enclavée de murs, c'est le " Clos des Petits Croux ", âge des vignes : 45 ans. La Roche est sur un sol très calcaire exposé sud-est, elle a été plantée en 1962. Les Crays sont exposés plein sud et ont 30 ans mais font rarement l'objet d'une cuvée car souvent assemblés avec les presses des autres cuvées pour en faire le Pouilly-Fuissé.
 
                                                                                    Le Chavigné à Pierreclos
vign3.jpgChavigne est une parcelle de 3.25 hectares dont uniquement 2 et demi ont été plantés. Exposé sud-ouest sur des pentes avoisinant les 40%, il y a des vignes de tous âges, de 4 à 80 ans. La meilleure sélection est chaque année retenue pour la Cuvée " Le Chavigne ", sélection par âge de vignes certes, mais aussi selon la date des vendanges car la cueillette est souvent réalisée en deux fois. Uniquement les jus de coule et premières presses sont retenus pour le Chavigne et les cuvées de Pouilly-Fuissé. Depuis 1983 aucun autre fertilisateur n’est utilisé que le fumier venant de la petite ferme en Charolais de Michel Potdevin, le régisseur du domaine. Aucun désherbant chimique n’est toléré et les vignes sont labourées deux fois par an au treuil. Même si aucun insecticide n’est utilisé, aucun label bio-quoi que ce soit (sic) n’est revendiqué, car JM Guffens pense que le respect de la nature est naturellement la meilleure garantie de la qualité des raisins et du futur de nos enfants.

La taille du domaine est minuscule, environ 4 hectares. Seules 12 à 20000 bouteilles sortent chaque année. Seules 10% restent en France soient 1200 à 2000 !! Du clos des petits croux entre 40 et 60 bouteilles restent métropolitaines alors les amateurs du monde entier se disputent les 90 % restant. Mais pour une fois, seuls les vrais amateurs achètent ces vins, et non les milliardaires et autres trafiquants de drogue. Pas assez tape à l’oeil sans doute.. Et pourtant notre ami Robert (P) encense comme tous les autres critiques ce domaine exemplaire. Probablement aussi que l’offre variable d’une année sur l’autre (il existe dans le maconnais des vendanges dites levroutées cad récoltées tardivement, voir Jean Thévenet cuvée botrytis 2001 d’une dégustation précédente) n’aide pas à fixer l’achat..


- Macon Pierreclos le chavigné 2004 : Fort agréable, citronné ample, plus ouvert et facile que le deuxième.
- Macon Pierreclos Trie de chavigné 2004 : Moins ouvert, plus masculin aux arômes moins agrumes que son frère. Puis ouverture sur les arômes du premier lors de la deuxième dégustation 2 heures après, mais avec plus d'ampleur et de force.
- Pouilly Fuissé
2001 : Masculin, puissant, aux parfums de chardonnay plus évolués (brioche, beurre, noisette, minéralité plus qu'acidité, amertume fine). Citron présent mais confit. Grande longueur et persistance mais si un reproche devait être fait, équilibre moins magique que les autres. Mais grand vin.
- Pouilly Fuissé
La roche 2004 : Splendide vin très jeune sur des arômes très fins et variés d'agrumes. Longueur intense et persistance étonnante. Chassez le par l'oesophage, il revient en rétrolfaction avec force. Très, très grand vin d'un équilibre souverain.
- Pouilly Fuissé
Le haut des vignes 2000 : Tout le monde n'a pas aimé, mais personne ne peut lui reprocher sa longueur et sa persistance. Il est en fait  à mi chemin entre les macon, la roche sur des arômes de jeunesse et le pouilly qui pavane avec ses arômes matures. Très très beau.
- Pouilly Fuissé Clos des petits croux 2002 : Celui qui a le plus divisé les dégustateurs. Le plus masculin, avec une puissance contenue superbe, un jeu sur l'amertume de toute beauté, jouant beaucoup sur le chadec (grand pamplemousse local). Longueur et persistance faisant exploser les caudalies. En grand devenir avec un nez montrant qu'il était en phase de fermeture. Waouh..

Au total, une grande dégustation pour tous sauf pour un, qui n'a malheureusement pas trouvé ce qu'il attendait. Mais tout le monde s'accorde que jamais en deux ans nous n'avions autant de longueur et persistance. Espérons que la prochaine, le 10 décembre avec la dégustation verticale du domaine de Chevalier (1975-1982-1990-1998-2003) conviendra sur tous les plans à tout le monde.



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Christophe Deligny - dans Dégustation
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