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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 00:48
François Mitjavile (copyright ENOS)
François Mitjavile (copyright ENOS)

Nous aurons la chance de déguster ce très grand cotes de Bourg, que la famille Mitjavile bichonne depuis 1988, sur une verticale. Ce vin dépasse les 50 euros, prix supérieur à beaucoup de grands crus classés.

Un ami a fait l'expérience de faire déguster à l'aveugle Roc de Cambes à un propriétaire viticulteur de Pomerol et de crus classés de Saint Emilion dans un petit millésime parmi d'autres vins. Il a adoré mais n'a jamais voulu croire qu'il s'agissait de 1993.

Pourquoi est il si apprécié?

Son grand frère, Tertre Roteboeuf, dont nous avions dégusté le millésime 1995 avec d'autres grands Saint Emilion, a montré la voie depuis 1978 d'une nouvelle façon de concevoir le Bordeaux. Roc de Cambes a suivi avec le succès que je viens de vous décrire. Pour François Mitjavile, Roc est un terroir aussi grand que Tertre. Il y met exactement les mêmes moyens humains et financiers pour produire chaque vin. Objectifs: volupté et émotion.

Cette voie, c'est le confit frais. Rien à voir avec la puissance moderne teintée de chêne neuf pronée par certains oenologues à succès. Ceux qui ont dégusté de grands chateauneuf du pape, ou de grands Bandol d'année très chaude, savent qu'en bouche, le vin tire vers le confit. Bordeaux est plus septentrional, moins chaud et donc permet une fraicheur naturelle beaucoup plus facilement que dans ces vignobles dits du sud. Or, rien n'interdit de récolter en légère surmaturité, tout en permettant par une viticulture draconienne de conserver cette fraicheur. Il faut juste du courage pour tout conserver sur pied alors qu'autour de vous tout le monde a récolté. Ceci permet d'obtenir des raisins, puis des vins, aux arômes confits mais conservant la fraicheur habituelle. C'est donc cette voie, inhabituelle et "extravagante" qui a été choisie aux châteaux Tertre Roteboeuf, Roc de Cambes et domaine de Cambes (4 Ha en pied de cotes de Roc de Cambes).

Roc de Cambes fait 10 hectares en forme de tertre argilo-calcaire ouvert sur l'estuaire de la Gironde, 60% de merlot, 25% de cabernet sauvignon, 10% de cabernet franc et 5% de malbec donnant 10 à 40000 bouteilles par an. Les vins sont assemblés dès le début des fermentations. Ici, on ne fait pas de second vin, tout va dans le premier vin, ce qui nécessite des raisins parfaits. Les vins sont élevés dans des futs neufs du tonnelier Radoux, de chauffe blonde.

Nous boirons 5 millésimes:

1989: Magnifique vin, dont le seul défaut est de manquer un peu de longueur, mais il fait la roue de paon.

1991: la rivière a protégé les raisins de cette grande année de gel; ils ont été récolté intacts très tard en novembre. Personne d'autre n'a fait cela dans la région. Le vin est encore très beau avec de nombreux parfums d'évolution

1998: l'ascète, droit comme un I, il est encore très jeune. Belle longueur et grande droiture.

2000: somptueux, il est un repère de parfums exotiques, avec la droiture du Bordeaux. Très étonnant et délicieux.

2004: pas aimé ou pas compris? Il reste très corpulent, boisé.

Il s'agit d'une grande dégustation, qui illustre bien cette idée de confit frais, alliant les sensations d'un chateauneuf d'une année chaude, l'acidité en plus. Un équilibre subtil pour un vin d'artiste.

Quelques vidéos: ici,

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 11:58

Nous avions il y a près de 10 ans la découverte de ce merveilleux domaine, grand producteur de vin d'élite.

Ce soir, nous nous sommes attelés à 5 vins à l'aveugle, compliqué par Ruddy qui y a rajouté un pirate.

Macon "le chavigné" 2004: passé, probablement mal conservé.

Macon "en Crazy" 2005: très joli, archi minéral avec du citron. Belle longueur.

Macon "tri des 25 ans" 2005: là aussi très belle bouteilles, droite, une lame.

Macon "tri des hauts de chavigné" 2004: plus de subtilité, mais un peu moins de longueur, de l'amande, noisette.

Pouilly Fuissé "la roche" 2004: grand vin, plus riche, moins sur la minéralité.

Seule Sylvie a retrouvé la possibilité que le corton charlemagne 2009, plus boisé que les vins de Guffens soit le pirate.

Une très belle dégustation qui a emmené des débats sur, ce qu'est le grand vin.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 19:53
Le pic Saint Loup, autopsie d'une appellation

La qualité de cette région du sud, c'est d'abord son climat froid!

C'est ce qu'on retrouve dans les vins, fraicheur et des tannins fins, voire de la minéralité.

Le climat:

En effet, si les cépages, le sol et la culture sont méditerranéens, la proximité des Cévennes imprime sa marque septentrionale au secteur. Les parcelles en production peuvent être situées jusqu'à 650 m d'altitude. L'écart de température avec le bord de mer est important avec des nuits plus fraiches et des journées plus chaudes. Il y a tout de même une zone plus chaude au sud qu'au nord de l'appellation, amenant un décalage de vendanges entre les deux de 10 jours environ. Les Cévennes vont de plus apporter une humidité qui n'existe pas dans la plaine qui s'égare jusqu'à la Méditerranée: si Montpellier reçoit annuellement environ 600 mm par an de pluie, le pic saint Loup en recueille lui 900. Le vent vient surtout du nord: le mistral, moins présent que la Tramontane.

Les sols et les reliefs:

Très variés, on en retient 7 principales variétés: Les éboulis, les calcaires durs, les conglomérats (roche sédimentaire), les alluvions, les dolomies, les marnes, les argiles rouges.

Les sols du nord plus marneux vont aussi contribuer à rendre la vendange plus tardive au nord. Le relief avec ces monts, vont littéralement découper le terroir, lui permettant une infinité d'exposition, donc de possibilité de planter des cépages différents. Cela va permettre d'amener de la complexité, comme à Bordeaux, car le Pic Saint Loup c'est l'assemblage.

La zone du pic (copyright Atlas dreal du Languedoc)

La zone du pic (copyright Atlas dreal du Languedoc)

Les cépages:

Comme à Bandol, un de ses grands terroirs de prédilection, le mourvèdre a besoin de soleil avec les racines dans l'eau. Sur des terroirs de bas de pente, il trouve son bonheur, principalement sous le pic Saint loup et l'Orthus au nord ouest. C'est comme cela, protégé des chaleurs qu'elle retranscrit le mieux les nuances du terroir mais seulement sur quelques parcelles (50 Ha) mais lui convenant à merveille. Le carignan trouve moins sa place, demandant les mêmes places que le mourvèdre, mais sans humidité, et surtout murissant trop tardivement pour éviter les pluies de l'équinoxe. La syrah est le cépage qui monte, apprécie les parcelles froides de l'appellation. Elle apprécie les sols peu argileux, caillouteux, exposés au sud et bien drainés. On peut aussi planter du cinsault et du grenache. Ce dernier est un cépage de l'équilibre, pas trop au sud ni au nord (où il donnerait soit trop de sucres, soit trop de quantité), avec un peu de stress hydrique, préférentiellement dans les sols marneux.

En blanc, de très nombreux cépages peuvent être plantés: chardonnay, grenache blanc et gris, macabeu, roussanne, marsanne, carignan blanc, viognier, clairette; Il leur faut des cuvettes très fraiches pour donner tout leur potentiel, et il y en a de tels terroirs dans la région.

Description géologique du relief du pic Saint Loup.

Description géologique du relief du pic Saint Loup.

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:15
Devant la cordillere des Andes
Devant la cordillere des Andes

Une idée de fou qui a germé en 1998. C'est ce qu'un groupe d'Argentins et italiens ont voulu créer. Ils ont décidé au cœur des vignobles du nouveau monde, de rechercher le gout du terroir, cette notion si Française tant décrié par les adorateurs américains du nouveau monde. Les vignes sont vénérables et situées dans la région de Mendoza, sur les contreforts de la cordillère des Andes, côté Argentin. C'est à côté du vignoble principal que LVMH a choisi pour réaliser son Cheval des Andes. C'est un vignoble de montagne, mais pas au sens où on pourrait l'entendre en Savoie par exemple. On est tout de même à une centaine de kilomètres de l'Aconcagua, sommet de la cordillère culminant à 6900 mètres.

Naturellement, pour les crus, il n'était pas question de prendre une autre variété de raisin que le malbec encore appelé côt, le cépage du Cahors qu'on retrouve aussi à Bordeaux en assemblage, et dans la Loire (Touraine). C'est le cépage de l'Argentine (voir les archétypes du nouveau monde) arrivé vers 1850 dans le pays. Ces vignes sont plus anciennes que les clones actuels disponibles en France dont ils sont originaires. La qualité en est d'autant meilleure. La bodéga est récente tout comme l'idée de son existence, datant de 2006.

http://billandpamsparaguayadventure.blogspot.com/2012/04/mendoza-argentina-part-eight-achaval.html

http://billandpamsparaguayadventure.blogspot.com/2012/04/mendoza-argentina-part-eight-achaval.html

Les rendements sont très faibles pour le nouveau monde: 50 hectolitres par hectare pour le vin de base, 25 pour la qualité au dessus (Quimera) et moins de 18 pour les vins de cru. Ces faibles rendements leur permettent de rentrer le raisin mûr trois semaines en moyenne avant les propriétés environnantes. Un total de 180000 bouteilles sont produites sur 85 hectares, dont 40 en pleine propriété. La viticulture est biologique, sans label, car ils préfèrent utiliser des herbicides pour désherber plutôt que de passer le tracteur utilisant du pétrole et tasser les sols. C'est leur seule concession à l'industrie chimique.

Le pari semble gagné, car beaucoup d'internautes considèrent qu'il s'agit de la production la plus impressionnante d'Argentine, non pas uniquement pour le prix qui est très élevé (de l’ordre de 80 euros pour les crus), mais aussi pour la qualité du vin.

Les vignes sont toutes franches de pied, âgées, plantées pour les crus entre 1910 et 1924. L'irrigation est nécessaire dans la région de Mendoza, mais elle est un élément clé dans la qualité des grappes: en irriguant beaucoup, on obtient de forts rendements de fruits de qualité médiocre. Pour obtenir de la qualité, il limiter l'apport d'eau, et ne pas irriguer plus d'une ou deux fois par an.

Mendoza est à droite de Santiago
Mendoza est à droite de Santiago

Cette dégustation à venir comprendra:

Achaval Ferrer 2011:

Quimera 2010. Un assemblage de malbec (31%), cabernet sauvignon (27%), cabernet franc (18%), petit verdot (4%) et merlot (20%). La récolte est manuelle et la fermentation se fera en barrique (40% neuves, 60% d'un an, toutes d'origine françaises). Les rendements sont plus proches de 18 hectolitres par hectares :

Altamira 2008. 12 hectolitres par hectares sur 6 hectares (6500 pieds par Ha à une altitude de 1050 m) avec un sol sableux associé à de la roche dégradée et un sous sol volcanique. Les vignes ont plus de 80 ans. Le vin est élevé à 100% en barriques neuves françaises:

Bella vista 2009. Les vignes ont été plantées à 6500 pieds par hectare en 1910 à 980 m d'altitude, sur un sol très argileux en bord de rivière. Le vignoble fait 7 hectares pour environ 10000 bouteilles produites par an. Les rendements sont de 14 Hl/Ha. La récolte est manuelle, sera placée en barriques neuves françaises à 100%:

Mirador 2009. Le vignoble de 6 hectares (6500 pieds par Ha) produit 10000 bouteilles par an sur un sol contenant plus d'argile qu'Altamira. Les rendements sont de 14 Hl/Ha. L'altitude est plus basse: 700 mètres:

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 11:24
Vignoble de Beaune (d'après l'atlas mondial du vin, Flammarion éditeur, un livre que je vous recommande fortement)

Vignoble de Beaune (d'après l'atlas mondial du vin, Flammarion éditeur, un livre que je vous recommande fortement)

Beaune est un endroit extraordinaire pour les amateurs de vin, avec de merveilleux restaurants, des batiments anciens de toute beauté, des vignobles de haut niveau à portée d'oeil. Dans l'explosion délirante des prix qui font que les grands crus ne sont quasiment plus accessibles aux amateurs sans fortune, le prix des vins de Beaune a décroché et nous restent à peu près tous accessibles. Alors, son propre vignoble donne t'il des vins de haute qualité et qui vieillissent?

Tout d'abord, un beaune village du millésime 1967: une splendeur de parfums délicats de fruits rouges, de bois précieux, tout en délicatesse avec une bonne longueur. Mais, le deuxième passage révélera une pointe de bouchon que je n'avais pas sentie.

Pour continuer l'investigation, nous boirons 4 bouteilles de 1er cru dans l'extraordinaire millésime 1990, un des rares vrais "millésimes du siècle":

- les Chouacheux de Machard de Gramont: moins mur, avec une pointe de verdeur faisant penser que tous les composants du raisin n'étaient pas parfaits, mais jolie délicatesse,

- les Tuvilains de Dominique Laurent superbe avec des arômes exotiques du plus bel effet. Plus serré que le Beaune 1967 mais dans la même veine. Et, malheureusement, une pointe de côté asséchant, mais c'est un très beau vin délicat, mais avec des tannins serrés, de la rose ancienne, du bois précieux, de la fraise et de la framboise, de l'olive,

- les Bressandes d'Albert Morot: ayant mal évolué,

- le clos des Mouches d'Aleth Leroyer-Girardin: dissocié, mort,

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 20:29
Domaine Henschke, la quintessence de l'Australie

La famille Henschke est arrivée de Silésie dans les années 1850 et y a vite produit des vins. Elle a été la pionnière en Australie de l'isolement des meilleures parcelles pour en faire des cuvées parcellaires.

Des vignes pré-phylloxériques de syrah, appelées à l'époque hermitage, (dont la toute première introduction en Australie a eu lieu en 1832 par James Bushby, un immigrant qui avait emmené une extraordinaire collection de 600 cépages en 20000 plants) sont le socle des vins du domaine. Les syrah de Henschke ont jusqu'à 150 ans d'âge (1860) pour les plus vieilles situées dans leur parcelle la plus emblématique située dans l'Eden Valley, Hill of Grace. Celle ci atteint des prix qu'aucun autre vin de ce pays atteint, et de loin: 400 à 600 dollars voire plus (750 euros le 1990 ici).

La viticulture est devenue biodynamique, voilà qui n'est pas banal pour l'Australie. Le domaine a recréé un écosystème pour tenter d'éviter que le phylloxéra ne refasse son apparition avec la plantation par exemple de vignes indigènes dans le vignoble. La viticulture y est impossible sans irrigation et celle ci est très contrôlée dans ce domaine de façon à ne pas altérer la qualité des vins.

Nous avons bu des vins caricaturaux, boisés à outrance, massifs, sans nuances. Ça arrache la bouche sans se poser de question. Le hill of grace, sensé rattraper le reste, était complètement passé. Une dégustation catastrophe. Une des plus mauvaises jamais faite en 10 ans.

Julius riesling 2006 : Il a été planté en 1968 sur des sols sableux avec des poches d'argile situés dans l'Eden Valley. gentil, pétrolant, sans grande ambition.

Keyneton Estate Euphonium 2005 : 63% shiraz, 18% cabernet sauvignon, 10% merlot and 9% cabernet franc, originaires de l'Eden Valley et de la Barossa Valley, élevés en bois français et américain (20% neufs). Lourd.

Abbot's prayer 2005 : 88% de merlot et 12% de cabernet sauvignon venant de la région d'Adélaïde Hills, vers 550 m d'altitude ce qui apporte plus de fraicheur et de pluie. Pas bon, tout simplement.

Mount Edelstone 2004 : Le vin est originaire de l'Eden Valley lui aussi, fait avec des vignes de syrah centenaires franches de pied. Le sol est argilo-siliceux. L'élevage est en futs Français pour 2/3 et 1/3 de futs Américains à 90% neufs. C'est le premier qui sera isolé en 1952 en tant que cuvée parcellaire. cassis et myrtille massifs, mais sans agression, assez lisse sur ses tannins.

Hill of Grace 1985 : issu de sols argilo-siliceux rouges, situés à 400 m d'altitude, permettant pratiquement de se passer d'irrigation, ce vin est élevé en futs français de neufs à) 3 ans d'âge. Avant 1990, le fut de chêne américain était plus fréquent. C'est en 6 ans après le mount Edelstone que cette parcelle sera isolée, soit en 1958. Les vieilles vignes de Hill of grace donnent 2.5 tonnes à l'hectare sur un peu plus de 4 hectares. Cette parcelle contient des vignes d'âges différents:

Grandfathers (0.69 hectares plantés en 1860)

Post Office Block 1 (0.51 hectares plantés en 1910)

Post Office Block 2 (0.57 hectares plantés en 1965)

Church Block (0.74 hectares plantés en 1952)

House Block (1.08 hectares plantés en 1951)

Windmill Block (0.88 hectares plantés en 1956)

Pour un approfondissement, des vidéos ici

Syrah de 150 ans du grandfather's block

Syrah de 150 ans du grandfather's block

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 11:28

Nouvelle rubrique dédiée aux vins anciens. Ce sera à l'aveugle 1976, l'année chaude. Personne ne sait ce que sont les régions et domaine.

Le premier est très doux, délicat, avec des jolis parfums, mais manque un peu de longueur. Il s'agit du château Cantemerle, 5ème cru classé du Haut Médoc. Seul Pascal l'a bien localisé. Il est vrai qu'il a quelques parfums de Bourgogne, mais aussi de l'olive qui l'a fait localiser en Rhône sud, voire Bandol.

Le deuxième affiche une belle fraicheur et une très jolie minéralité. Il reste jeune et en a encore sous la pédale. Tout le monde l'a situé en Loire, sauf Pascal qui a évoqué le Rhône septentrional. C'est un Rhône sud, le chateau de Beaurenard, en chateauneuf du pape.

Une vraie merveille et le meilleur vin de la soirée qui exale des gouts de rose ancienne, un corps musculeux, long et d'une grande élégance. Tout le monde le place à Bordeaux, mais dans le médoc. Il est vrai qu'il est à base de 25% de cabernets (5% de sauvignon, 20 de franc). C'est un château Chauvin, grand cru classé de Saint Emilion. Une merveille.

Le suivant semble passé, mais la deuxième dégustation lui rend hommage avec des parfums de rose, de champignons, de bois précieux. Il s'agit d'un Beaune 1er cru clos des mouches 1976 de Joseph Drouhin.

Le dernier est encore droit dans ses bottes, d'une jeunesse insolente, mais avec des parfums trahissant une récolte pas totalement mure et un pressurage qui a amené des gouts verts avec une amertume asséchante qui ne rend pas justice à ce qu'est actuellement le château Boyd Cantenac, troisième cru classé de Margaux. Tout le monde l'a assez bien localisé dans le Médoc, mais son côté dur l'a fait localiser à Pauillac, puis Saint Estèphe.

Ce fut une belle dégustation, de l'avis de tous. Les vieux vins (38 ans tout de même) ont trouvé des fans, touchés par la finesse de tannins, la patine offerte par l'âge.

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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 02:45

Le mercato viticole bat son plein, avec des rachats pleins de tristesse.

Les Lambrays à B Arnaud: un des vins que je préfère pour une transaction aux alentours de 100 millions d'euros. Le business plan indique, pas la peine de le regarder, que le vin est sous coté: un peu de com en direction des très riches, un oenologue vedette (local, on est en Bourgogne) et on peut multiplier le prix par 3 ou 4 !!

Le domaine de l'hermitage, un vin tout en finesse que je pensais être un des seuls à connaitre. Bettane et Desseauve ont commencé à tresser une couronne de laurier qui ont du attirer les convoitises: Roederer (cad le domaine Ott) a préempté ce merveilleux vin pour le vendre à vil prix, naturellement... Ca me désole autant que Pinault qui se réserve le chateau Grillet que cet imbécile de Parker a eu l'intelligence de reconnaitre comme une des erreurs de sa carrière.

Sylvio Denz (propriétaire de Lalique) s'est aussi porté acquéreur du chateau Lafaurie Peyraguey à Sauternes. Ça semblait plutôt courageux, étant donné la ruine que représente le cout de production du Sauternes, si difficile et si peu productif. Mais ce fut pour annoncer que sur ces terroirs parmi les meilleurs au monde pour produire des liquoreux (et peu cher de ce fait de "petit prix"), il ferait essentiellement du sec.

Merde à tous ces propriétaires qui vont nous faire sortir du champs de nos achats possibles ces merveilleux terroirs, nous dont les possibilités sont de plus en plus compromises au profit des maquereaux du monde entier. Si ces gens qui mettent en avant médiatiquement leur passion du vin savaient à qui étaient vendus une partie importante de leurs bouteilles, ils ne seraient pas fiers. La vraie raison bien plus réelle que cette façade de mascarade que les journalistes n'osent pas critiquer, c'est qu'ils ont comme ils l'avaient fait 30 ans avant, repéré une marque qui leur parait sous cotée par rapport à ce qui se fait dans le mondovino actuel, et veulent le valoriser, cad le faire sortir du cercle des amateurs patients qui l'aimaient, pour le vendre à un tas d'incultes en mal de reconnaissance sociale.

Seul avantage: ils vont refaire venir un peu d'argent en France qui est bien en mal en ce moment, tout en le méritant infiniment plus que les ultra premium Californiens écœurants de sucre bus cet été en Californie...

Désolant quand même.

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:11

 

 

 

Une fois n'est pas coutume, c'est une eau minérale que nous dégusterons ce soir là. Une eau de la source de Bordeaux. C'est en effet ainsi que d'après la légende le vin était vendu au sultan ottoman de constantinople qui l'appréciait beaucoup, mais ne pouvait ouvertement commander de l'alcool.

C'est un des plus anciens des grands crus classés. La famille Perrin l'a acquis dès son retour d'Algérie en 1956. Mais il est là depuis que les bénédictins ont monté le vignoble au XIIIème siècle.

Comme il se doit, il s'agit d'une croupe de graves venant de la Garonne, c'est à dire un amoncellement de gros cailloux. Tout autour de cette croupe érodée en son sommet, les colluvions sableux règnent sur le pourtour. Cela assure un beau drainage naturel, permettant les années pluvieuses d'éviter le grossissement exagéré des raisins. De nombreuses propriétés ont mis en place des drains artificiels pour assurer cette qualité, ici point besoin.

Le terrain comprend 50 hectares de rouge dominé par le cabernet sauvignon, et 42 hectares consacrés aux vins blancs. Le sauvignon domine (65%), présent sur les sols de grave comme sur les quelques hectares d'argilo-calcaire amenant un enrichissement de la diversité des parfums. Le reste est assuré par le sémillon, cépage typiquement bordelais, qui lui ne se porte bien que sur les terrains argilo-calcaires.

La moyenne d'âge est de 32 ans pour les blancs amenant à des rendements de 40-45 hl/ha pour 7200 pieds à l'hectare.

Le mode de culture est raisonné avec retour aux labours, phéromones pour semer une confusion parmi les ennemis de la vigne. Les vendanges vertes sont pratiquées quand nécessaire de même que l'effeuillage. Les engrais ne se veulent que biologiques.

Les blancs sont souvent parmi les plus précocement récoltés de Bordeaux, probablement du fait de leur exposition très sud.

Ils bénéficient d'une macération pelliculaire de quelques jours, puis d'une fermentation en barrique à 10% neuve. Le batonnage à la bourguignonne est pratiqué pour enrichir le vin des composés contenus dans les lies déposées au fond de chaque barrique. Les lots selon les terroirs ne sont assemblés qu'après un premier choix qualitatif qui voit les moins intéressants aller dans le second vin, la croix de Carbonnieux et la tour léognan.

Denis Dubourdieu est l'oenologue conseil.

 

Nous boirons cinq millésimes:

2007: très joli vin sur les aromes de jardin du nord, fleurs blanches, rhubarbe

2005: grand vin avec du gras, tranchant en cela avec le premier. Compact, dense et long. La malo emble avoir été faite plus que dans le premier. L'amertume fait la roue de pan en fin de bouche.

1997: léger comme un viognier tout simple. Aurait du être bu avant.

1998: parfums de rhubarbe, chlorophylle, citron, poivre blanc, groseille à maquereaux, léger mentholé avec une belle minéralité, et amertume. Long.

1985: oxydé, il avait une très belle minéralité.

 

Quelques vidéos ici et ici

 

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 12:52

Ce Meursault 1985 du domaine François Jobard est encore présent, avec une belle longueur, une acidité bien équilibrée par le gras, des arômes dominants de brioché, beurre, minéraux. La persistance est là aussi jolie. Il commence à poindre des éléments annonçant son oxydation, discrets, mais augmentant avec l'aération.
Une jolie bouteille.

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