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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 21:19

 

Bernard Magrez (copyright wine anorak)

 

Je l'égratigne souvent, alors pourquoi ne pas tester ses vins ( Bernard Magrez achète un cru classé supplémentaire à Sauternes/Barsac, le clos Haut Peyraguey ici et ici) ?

Pape Clément ne m'a jamais impressionné, mais par contre la Tour Carnet, je connaissais avant et c'était pas bon, et ça n'a rien à voir après.

Alors j'ai préféré m'intéresser aux vins étrangers de ce monsieur. Je précise tout de suite aux esprits chagrins que je n'ai pas de cartier au bras. Des découvertes avant tout. Une sorte d'archétype du nouveau monde que nous avions fait il y a 6 ans environ.

Le consultant, c'est Michel Rolland, encore que je doute qu'il intervienne pour le Koshu, quoi que.. Denis Dubourdieu vinifie aussi ici, ce doit donc être intéressant.

On fera un vin du Japon, un d'Argentine, du Chili, d'Uruguay et du Maroc (il y a deux pays et même probablement trois dont vous n'avez jamais bu une bouteille).

 

JAPON Magrez Aruba Ishehara Koshu 2008

 

 

Le seul raisin originellement japonais est le Koshu (depuis au moins 1200 ans, ramené des steppes du caucase par des moines Bouddhistes), un raisin rose (n'aie pas peur Ruddy) poussant en pergola sur les pentes du Mont Fuji, dans la parcelle Ishehara de la commune de Katsunuma. Jusqu'en 1877, le koshu ne servait qu'à la table. L'ère Meiji, qui voulait rapprocher le Japon de l'Europe, décida d'envoyer deux japonais (Ryuken Tsuchiya et Takano Masanari) en France apprendre et ramener lechniques françaises de vini-viticulture en un an, outils compris. Le terroir adapté au koshu est graveleux (au moins autant que Jean, Joke) en pente. Faire du vin là n'est pas simple car l'humidité y est importante.  La technique en pergola fait que la densité de cep est ridicule, 40 à 50 environ. Cette technique (appelée Tanashiki-Saibai) permet au raisin d'échapper aux conséquences de l'humidité importante régnant dans le sol. Il n'y a qu'un demi hectare en production pour l'Aruba-Magrez. Un pied donne 500 grappes environ. Les vignes ont 18 ans et produisent en moyenne 2000 à 2500 bouteilles par an. Denis Dubourdieu, le professeur de la faculté d'oenologie de Talence, produit lui aussi du Koshu avec un autre domaine, Singer. Et c'est tout à fait logique puisque le Koshu ressemble au sauvignon dont il est un spécialiste reconnu.

Le vin est jaune paille avec des reflets verts. Ses parfums sont floraux (chèvrefeuille, aubépine), fruits à chair blanche comme exotiques. La minéralité se présente sous la forme de pierre à fusil.

 

(Copyright les cinq du vin)

 

ARGENTINE : Casa Magrez 2006

 

Le vignoble est situé dans la région de Perdriel, au pied de la cordillière des andes à une altitude de 100 m, où la vigne est plantée depuis le XVIème siècle. Les vignes y sont franches de pied parce que le phylloxéra n'y est jamais arrivé. L'agriculture est simple et des chevaux labourent les vignes. Elles ont 65 ans d'âge et occuppent une surface de 9.5 hectares. Le sol est consitué de gros galets (argilo-siliceux) venant des andes. Le cépage est entièrement du Malbec planté à 6500 pieds par hectare. Il n'y est produit que 6500 bouteilles de premier vin annuellement. La taille est sévère amenant à des rendements faibles de 15 hl/ha en moyenne pour la grande cuvée. La récolte y est manuelle de même que l'égrappage, ce qui est unique. Cette méthode a été essayée avec succès à Chateau Pape Clément et finalement utilisée dans beaucoup de vignobles de Bernard Magrez. La fermentation malo-lactique est faite en futs de chêne neufs français.

Il possède un autre vignoble dans les alentours de Mendoza, de beaucoup plus jeunes vignes irriguées produisant l'Aries de Casa Magrez.

 

 

CHILI: La serenidad 2006

 

Les cépages cabernet sauvignon (30%), syrah (30%), malbec (25%) et carménère (15%) sont réunis pour faire la serenidad, vin de Bernard Magrez poussant autour des cactus à 1200 m d'altitude. Ce coin du Chili est en effet aride. La plantation est en haute densité pour le lieu (5500 pied/ha) dans la vallée de la Colchaga, commune de San bernardo. Seuls 4 hectares sont plantés sur les 202 de nature tout autour. Les vignes sont très jeunes. Le sol est argilo-sableux avec un sous sol graveleux. Il est procédé à plusieurs vendanges en vert selon l'année. L'égrappage est fait entièrement à la main. Il s'en produit 3900 bouteilles par an en moyenne, entièrement élevées en fûts neufs français. B Magrez possède une autre propriété dans les vallées centrales et de Maipo, où il produit un autre vin, leyenda.

 

 

URUGUAY: Casa Magrez 2006

 

Parcelle bachée - Casa magrez Uruguay

Vignobles bachés de Casa Magrez Uruguay (copyright B Magrez)

 

Oui, on fait des vins en Uruguay: 10000 ha sont plantés sur 270 propriétés essentiellement situées au nord et nord ouest dupays, pour une production totale de 1 million d'hectolitres. La viticulture y fut introduite au XVIIème siècle pour y faire du vin de messe. C'est au XIXéme qu'un basque (Pascal Harraigue) allait y cultiver le cépage d'Irouléguy, le tannat, qui deviendra le cépage emblématique de ce pays. 16 hectares plantés à 3200 pieds par hectare dans la commune de Juanico n'y produisent que 8000 bouteilles de grand vin. Le sol est argilo-siliceux avec un sous sol calcaire. Le tanat est bien sur majoritaire (40%), mais il estaccompagné de 17% de cabernet sauvignon, 15% de cabernet franc et 28% de merlot. Tous ces cépages macèrent ensemble dans de petites cuves en bois de chêne. Il faut régulièrement bacher le vignoble pur que les pluies ne viennent gêner la maturation du raisin.

 

    Chai Casa Magrez Uruguay

  Les chais Casa Magrez Uruguay (copyright B Magrez)

 

 

MAROC Lumière de l'atlas, Guerrouane 2003

 

Ce dernier n'est pas à proprement parler un cru appartenant à B Magrez, mais en copropriété avec Gérard Depardieu (qui possède 7 propriétés au total). L'équipe Magrez coache entièrement ce vignoble comme pour les maintenant 40 vignobles. Il est élaboré sur le domaine de Sahari avec 50% de syrah et 50% de grenache.

 

 

     rosl1

     Les vignes près de Meknes (copyright lili54)

 

  Les celliers de Meknes (copyright l'hotellerie-restauration)

 

Globalement, une très mauvaise dégustation. Le vin japonais est assez fin, sur des parfums du potager du nord de la France (rhubarbe..), mais d'ampleur très limitée. Les quatre autres sont grossiers, massifs, manquant de longueur, boisés, sucrés. Du casilero del diablo, concentré en quelque sorte. Nous recommandons d'éviter, surtout à ce niveau de prix.

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commentaires

Bacchus 15/05/2013 14:56

Salut Christophe,
de belles découvertes en perspective.
De quoi nous ouvrir l'esprit et le palais réducteur!!
A mardi.
Amitiès.
Robert

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  • : Vins de Martinique
  • : Les aventures de dégustation d'un club oenophile tropical.
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