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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 13:21

Eh oui, la vigne se défend par elle même et possède donc un système de défense immunitaire. Ce sont les éliciteurs qui sont des éléments susceptibles de déclancher la secrétion de substances avec une action biologique.

 

Les cellules végétales ont en fait la capacité de reconnaitre des agresseurs microbiens, que ce soit viral, bactérien, champignon ou parasitaire. Ces agresseurs, présents à la surface de l'agresseur, sont appelés éliciteurs. Les gènes codant pour ces protéines éliciteurs sont appelés gènes d'avirulance. Les premiers ont été isolés dès 1983 et on a trouvé une cinquantaine jusque lors.

Des récepteurs des cellules végétales, proches de ce qu'on trouve chez les insectes et les mammifères comme nous, permettent leur reconnaissance et le déclanchement de la réaction immunitaire. Les gènes codant pour ces récepteurs immunitaires des plantes sont appelés gènes de resistance. Le premier l'a été dès 1983 sur la tomate. Une trentaine ont été isolés depuis, permettant la resistance aux divers pathogènes. C'est là que peut agir le génie génétique.

Les voies mises en jeu lors de la réction sont proches des notres et de celles des insectes.

 

Trois types de réactions vont être mises en jeu:

- Renforcement des parois cellulaires,

- Production de radicaux libres d'oxygène, ou stress oxydatif,

- Mise en jeu de gènes de défense avec production de substances de défense.

 

Enfin, il existe un deuxième systéme de défense, là total et rapide, les potentialisateurs. Ce sont des molécules susceptibles de produire une mise en jeu immédiate et brutale de toutes les défenses de la vigne.

 

L'enchainement des réactions de défense des plantes:

- réaction d'hypersensibilité: la détection d'un pathogène entraine de façon violente et rapide la mort des cellules autour (apoptose), amenant à un petit point noir visible sur la plante.

-  A partir de cette réaction d'hypersensibilité, des signaux vont être envoyés à toute la plante, pour mettre en veille des mécanismes de défense non spécifiques qui vont rester en éveil quelques semaines: phénomène de resistance systémique acquise. L'acide acétyl salycylique ou aspirine est la molécule de base ayant cette fonction.

- Production de molécules de défense, comme les phytoalexines (spécifiques de chaque espèce de plante: resvératrol chez la vigne, isoflavanoides chez les légumineuses...), les protéines PR qui sont très resistantes aux conditions défavorables et s'accumulent dans les zones infectées.

- Renforcement de callose et lignines dans les parois cellulaires pour amener une résistance supplémentaires aux pathogènes.

 

C'est au travers de cette connaissance des différents modes de défense de la vigne que l'on comprend la différence entre les divers modes de cultures de la vigne existant:

- chimique: on fournit des produits chimiques qui vont détruire l'agresseur, ou plus souvent prévenir son apparition.

 

- biologique: on fournit là aussi des produits biologiques pour empêcher les agresseurs d'agir.

 

- génétique: renforcement ou introduction d'une ligne de défense de la plante

 

- biodynamique: on essaie de fournir des éliciteurs à la vigne, ou des produits naturels qui les miment et font déclencher la réaction immunitaire de la plante. Par exemple, la rhubarbe et l'écorce de Bourdaine semblent stimmuler la production de phytoalexines, qui empêche le développement du mildiou.

 

Un très beau cours sur les défenses des plantes de l'université de Lille sur le site.

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