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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 13:33

Foin du cholestérol, des cirrhoses, des ulcères et autres farandoles qui nous bouffent les artères.

Sans vouloir faire école, souffrez qu'en vers succincts en ces temps de vache folle, je défende les beaux vins.

Contre la sinistrose immergeant nos atomes, dans un bouquet de Crozes, tous les chemins mènent à Rome.

J'en connais des Tokays que le Pommard a tué, Pouilly, Graves et Gamay au fond des Cabernets.

Fait de hics et de brocs, les yeux, le foie Bandol, ils se bourrent de Médoc et tombent dans les Pomerol.

Ils font des rêves ignobles qui rendent la vie moins terne, pleins de pourritures nobles et de camions Sauternes.

J'ai vu des paysans, sublime action de grâce, traiter sans ménagement leurs bouteilles de Cornas.

Lécheurs de millésimes et d'acide chimérique, suceurs de pousse au crime : aïe barrique, barrique.

Tous ses princes sarments qui ont le vin subjectif, et passent du Pécharmant au château Beaujolpif.

Ils sont nés avinés, élevés bien aux chais, sangliers marinés, piliers de Beaujolais.

Nourris dès le biberon aux pampres agrémentées d'un filet de jus de litron : dur, dur d'être imbibés.

Ils vont la bouche Fleurie, solides comme des Chénas, beuglant les yeux Brouilly, in Pinot Véritas.

Souffleurs de verres ballons, à cheval sur l'étiquette, champions de tire-bouchon, Nelson n'est pas Piquet.

Maniant une langue de fer dans un goût de velours, ils lèvent bien haut leurs verres à l'esprit Saint-Amour.

Don Quichotte du Beaujo, pourfendant l'adjuvant, luttant corps et boyaux pour le Moulin à Vent.

Deviser pour régner, tel est leur conviction, ils roulent ceinture bouclée à la place du Morgon.

Jamais ils ne diront que le Chablis est nase, mais ils vous soutiendront que le Juliénas.

Ils n'ont pas le feu aux crus, ils pêchent même en vins troubles, mais si certains pissent drus, eux pour sûr, ils Chiroublent.

Vautrés sur la blanquette jour et nuit, ils s'imprègnent, empâté de la luette ; ils ont les dents qui baignent.

L'ivresse est éternelle! Ainsi vont les poivrots, Chasselas naturels, ils reviennent au goulot.

Vive la treille muscatée, n'en déplaisent aux bornés des plans vigie-picrate qui interdisent de humer.

Cassis, orange ou mûre, on se crêpe le Chinon, mais au pied du Saumur, on ne voit pas le Mâcon.

Le vin nous tient Anjou, certes ; il brûle nos vaisseaux, mais il embellit tout: tu nais con, tu Meursault.

Qu'on aie les Côte-Rotie, le foie Aligoté, ou le citron Givry, au vin nous sommes liés.

Irriguons nos caboches, même si le navire tangue, il y a papilles sous roche, et salive sous la langue.

Raclons les fonds de terroirs, ils ont valeur d'icône, mettons nos abreuvoirs sous les Hospices de Beaune.

Y a du moût dans le pressoir, du moelleux dans les cuves ; en attendant le grand soir, noyons nous dans l'effluve !

Remettons nos breuvages, cent fois sur le métayer, sauvons du frelatage la patrie vendangée !

Aux ceps, prenons le jus ivre tournant cépage, notre terre a reçu le vin en Hermitage.

Flacon, donnes moi ta main, tes senteurs et ta flore; le coeur a ses raisins, que la raison dévore.

Pour un dernier hommage au Pape des vins d'ici, je ferais un pèlerinage à Romanée-Conti.

Et personna non grappa, grimpes sur mes Margaux, ô fontaine de Jaja, j'en boirais des tonneaux.

Puis défiant les us, je mourrais dans ta lie, défiant Saint-Pétrus, gardien du paradis.

 

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Christophe Deligny
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