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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 03:40

Une réflexion d'un des plus grands vignerons pièmontais, Elio Altare, venant de prendre sa retraite. Je l'ai découvert sur le blog de Jacques Perrin (link), enrichi  chaque jour des ballades de Jacques :

" Nous sommes en train de vivre un moment charnière dans l’histoire du vin. Nous sommes entrés dans ce que j’appelle l’ère des chacals ! Le succès a attiré un peu partout des investisseurs qui achètent des vignobles bien placés, parfois à n’importe quel prix, s’offrent les services de consultants réputés et élaborent des vins calibrés selon des recettes de type industriel. Leur but ? Diversifier leurs investissements (parfois ce sont d’ailleurs des fonds d’origine pas très catholique) et obtenir un jour un retour sur investissement et en terme de notoriété et en terme de rentabilité. Ces gens-là sont dangereux pour nos vignobles traditionnels. Ils font monter le prix du foncier et ne se préoccupent guère de l’équilibre et de l’état de santé du vignoble. Le vigneron a un autre rapport à sa vigne. Si ma vigne meurt, que ferai-je demain ? Ce n'est pas une question de qualité. Il ne faut pas dire que les vignerons sont meilleurs. c'est d'abord une question de culture. Si demain, les chacals trouvent tout à coup que le jeu a assez duré, que le vin c’est trop difficile, s’en désintéressent et vendent, que va-t-il se passer ? Aucun journaliste ne veut parler de ces problèmes ; ils ont peur de déplaire à un lobby très puissant. C'est une guerre perdue, je sais, mais il faut savoir qui est le fils de la terre ! Et Elio de me rappeler ses débuts, sans fausse nostalgie, le séisme provoqué par les vendanges en vert qu’il a initiées au Piémont – son père l’a exclu de la maison – son premier voyage en Bourgogne, terre d’élection où il retourne fréquemment en amoureux fervent des grands terroirs bourguignons : c’était en 1976, je n’avais pas un rond et, en plein mois de janvier, j’avais dû dormir dans la voiture. Aujourd’hui, je ne suis pas riche, je n’ai pas fait fortune avec le vin mais j’aime mon métier, je le respecte et je fais ce que je veux ! "

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Christophe Deligny
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