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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 01:30
Quand Nossiter dénonce la standardisation du vin, l'imposition de ces goûts qui rapportent par des industriels, voici un petit exemple sur le blog de J Berthomeau qui va vous faire réfléchir sur la manipulation, consciente de la part de leurs auteurs, dont nous sommes inconsciemment victimes. Le but est de rendre désirable pour mieux vendre dans tous les sens du terme :

Mélange des genres par Angèle Houlacuisse

 

Quand on produit une vinasse moyenne, rien ne vaut un beau cadeau pour se mettre les journalistes spécialisés dans la poche. C’était le cas le 26 mars dernier au restaurant du Plaza, avec Bernard Magrez et Gérard Depardieu…

De mon point de vue, un journaliste qui fait de la critique de cinéma devrait payer sa place, faire la queue sous la pluie, subir les assauts de toute la pub, des trucs qui, avant même que le film ne commence, vous donne envie de rentrer chez vous. Ça devrait être la même chose pour ceux, appelons-les journalistes, qui publient des « critiques » gastronomiques. C’est-à-dire vous expédient manger chez leurs potes où tout est forcément sublime.

Vous avez dit critiques ? Les chroniqueurs de bouffe ont une excuse, celle du journaliste sportif. Si un spécialiste de foot écrit que Landreau, le goal du PSG, devrait changer de lunettes, il est foutu. Plus d’accès au Camp des Loges où l’équipe s’entraîne, plus d’accès aux coulisses du club, toutes les portes et téléphones portables (chaque joueur de foot en a une moyenne de quatre) lui sont fermés. Donc plus de boulot.

Dans les casseroles c’est un peu pareil. Tu assistes à la soirée de Truc, où tout ce qui compte est invité, ça veut dire que tu es dans le train. La cuisine est ce qu’elle est, mais elle est gratuite. D’une soupe populaire à l’autre, vogue ainsi notre chroniqueur et membre du gastro-circus.

Le petit « bakchich » des journalistes

 

Parfois, pour convaincre que le produit est merveilleux, il faut mettre un peu plus de poids dans les mots, adjoindre le petit cadeau qui entretient l’amitié. C’est ce que viennent de faire à Paris, au restaurant de l’hôtel Plaza le 26 mars, Bernard Magrez et son copain Gérard Depardieu. À une quarantaine de « journalistes » spécialisés dans le vin, peloton sélectionné par une agence de communication anglaise, ce bon Magrez a offert une Tank Must de chez Cartier, une tocante qui va permettre aux chroniqueurs de plus voir midi à leur porte mais à celle de Magrez. D’une valeur de 1610 euros le bijou était accompagné, on est jamais assez prudent, d’un certificat d’authenticité signé d’un horloger bordelais (on ignore si la pile de rechange fait partie du kit ?).


Avant l’heure de la montre, nos « confrères », cornaqués par Depardieu, ont consommé une cuisine signée Ducasse qui, pour l’instant, occupe la seconde place d’une compétition qui s’intitule « La Pôle aux Étoiles », le dernier jeu médiatique inventé par un guide Michelin qui, n’étant plus ce qu’il était, roule souvent avec sa roue de secours.

Le problème avec Depardieu, c’est que c’est le début de sa carrière de maître de chai : dans un pays où on trouve des vins formidables, l’Anjou et ses Savennières, Layons, Bonnezeaux, il a réussi à produire un truc rouge qui fait rigoler les vignerons du coin. Moralité : si vous lisez un texte ne disant pas tout le bien que méritent les 35 vignobles du couple Magrez-Depardieu dans le monde, c’est que l’auteur est un amateur de courses contre la montre. Pour lui, pas de Cartier.

 

Vous ne pourrez désormais plus m'empêcher de penser que si j'achête un vin de Magrez, je paye une partie de ces montres me faisant participer indirectement à une corruption. Dommage, parce que j'aimais bien la Tour Carnet version Magrez. Tant pis...

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Christophe Deligny
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