Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 13:10

En pleine schizophrénie, voici les dernières sorties qui achèvent de rendre nos vins inaccessibles à la majorité d'entre nous, à ceux qui les aiment et les boivent:

- Leoville Barton 86 TTC

- Smith Haut Lafite 90 TTC

- Malartic Lagravière 50 TTC

- Brane Cantenac 60 TTC

- Haut Bailly 106 TTC

- Chevalier 62 TTC

- Canon la gaffeliere 84 TTC

- Kirwan 48 TTC

 

Omar m'a tuer.

 

Même les raisonnables habituels deviennent irraisonnables... Surement la faute des revendeurs (dealers?).

Allez, faut les payer les consultants internationaux..

 

François Mauss, créateur du grand jury européen, ne dit pas autre chose dans son post du jour

et ici après la remise de légion d'honneur d'Hubert de Bouard.

 

Pour finir, un posrt de Michel sur LPV: En astrologie chinoise, 2009 c'est l'année du pigeon ?

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 02:25

Et allez

- Malescot Saint Exupery  73 TTC (31 TTC en 2008)

- Troplong Mondot 123 TTC  (55 TTC en 2008)

- Nenin 52 TTC (33 TTC 2008) presqu'un saint pour une augmentation si limitée

- Lynch Bages 97 TTC

- Branaire Ducru 59 TTC (33 TTC en 2008)

- Petit mouton (pas par le prix) 83 TTC

Et dernière minute, Lafite sur le marché à Londres à à àà    880.5 HT

 

Je ne le dit pas souvent, mais là, il s'impose: enc.... comme disait Coluche.

L'égoïsme (d'un grand nombre finalement) pousse les clients hors de Bordeaux, même des plus petits qui font bien.

Pas mieux que des traders.

 

Ah, une petite précision:

- Vouvray le haut lieu sec de Huet 2009 10.7 HT et le clos du bourg 11.3 HT

- Mambourg, schoenenbourg et altenberg de Deiss 34.8 HT

- JL Colombo a baissé ses prix sur ses cornas (des 2009 de grande classe là aussi) 24.9-37.8 HT

- Daumas Gassac 17.8 HT

Bien sur disponibles en 200000-300000-400000 exemplaires comme vous le savez...

 

N'est vulgaire que celui qui veut.

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 17 juin 2010 4 17 /06 /Juin /2010 02:48

Au fur et à mesure des sorties des primeurs, les prix deviennent de plus en plus délirants. Croyant à des hallucinations, je suis retourné chez mon ophtalmologiste, pour voir si ma correction n'était pas en cause. Eh bien non, jugez en plutôt:

- La lagune 50 TTC

- Pontet Canet 100 TTC (stock écoulé en 18 minutes sur chateau primeurs!!!)

- Lagrange 50 TTC (25 TTC en 2008)

- Rauzan Ségla 80 TTC

- Bélair Monange 120 TTC

- Grand Puy Lacoste 63 TTC (31 HT en 2008)

- Saint Pierre 62 TTC (31 TTc en 2008)

- Talbot 50 TTC (29 TTC en 2008)

- Calon Ségur 70 TTC (32 TTC en 2008)

- second vin (alter ou devrais je dire altère ego) de Palmer 48 TTC  (33 TTC en 2008)

- Les carmes Haut brion 52 TTC (31 TTc en 2008)

- Petit Village 49 TTC (35 TTC en 2008)

- Pavie Macquin 78 TTC

- Cantenac Brown 48 TTC (20 TTC en 2004, 30 en 2005, 29 en 2008)

- Issan 54 TTC

- Prieuré Lichine 41 TTC (27 TTc en 2008)

- Duhart Milon serait à 90 TTC en deuxième tranche !!

- L'évangile 205-215 HT (98 HT en 2008)

 

Et on nous promet encore pire pour ceux qui arrivent (beychevelle, les léovilles...)

Que faire ? Appel au boycott? Je me rabats sur les beaujolais, c'est décidé.

 

Quelques uns ont été raisonnables et sont à féliciter:

- Armailhac 33 HT (28 HT en 2008)

- Poujeaux 19 HT (14.4 HT en 2008)

- Marquis de terme (22 TTc en 2008)

- Meyney 22 HT

- Desmirail 20 TTc en 2008 contre 23 en 2009

- Raymond Lafon 30 TTC (seul vin de Bordeaux moins cher qu'en 2008 !!)

- Sociando Mallet 29.5 HT (22 HT en 2008) idem pour Haut Marbuzet

- La tour martillac

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 juin 2010 6 05 /06 /Juin /2010 12:47

Voici le premier temps de la mise en place de l'explosion...d'une bulle spéculative, je vous rassure (non, non, loin de moi l'idée de traiter quelques chateaux et négociants Bordelais de terroristes...) d'abord, le terme est de plus en plus galvaudé, Bush est parti et maintenant, ça se passe en mer...

 

Les rares crus du médoc sortis cette semaine ont, pour peu qu'ils soient classés, fait exploser les tarifs. Les niveaux de 2005 ont été dépassés. Je rappelle que:

1/ à l'époque, l'augmentation avait été de 200 à 300% par rapport à l'année 2004.

2/ les 2005 sont disponibles sans problème et pour la pluspart bien en dessous du prix primeurs presque bradés. (c'est le cas de près de la moitié des crus classés). La trésorerie pour acheter du 2009 et maintenir son allocation n'y est probablement pas étrangère. Ca a donc intérët à se vendre, sinon, il va y avoir éclatement de la bulle et mort de négociants...

 

Alors, est ce que ça va se vendre? Les prix de certains vins vont répondre à mon avis d'eux même:

 

- Le second vin de cos d'estournel, les pagodes, finiront à 50 euros TTC pour les (rares j'espère) personnes qui se seront laissées avoir. +80% !!! (sargets de Gruaud Larose 12 HT)

- Duhart Milon 50 euros TTC

- Giscours 50 euros TTC  (+ 70% par rapport à 2008, + 100% par rapport à 2000, un peu plus cher que 2005).

- Cantermerle +55%. Celui qu'on achetait pour manger avec le poulet du dimanche à 15 euros finira à 30 TTC 2 ans avant de le voir!!

- Lafon Rochet 40 euros TTC (on l'achetait moins de 22 euros il y a qques années).

 

En revanche, je pense que personne ne trouvera à redire que les Sauternes augmentent. La rentabilité est bien faible eu égard aux rendements minuscules et au travail à fournir...

 

La deconnection avec "les marchés traditionnels" (la vieille Europe une nouvelle fois?) se poursuit, lisez cet article du Monde ici

 

Le Wine spectator pense lui aussi que l'éxagération est en train de tuer l'effet locomotive qu'avaient les crus classés sur les autres vins de Bordeaux, que cela leur devient même préjudiciable. ici

 

Profitez Bordelais, les chinois, on ne les aura pas une deuxième fois...Ils ont même l'habitude de se venger quand on les arnaque...

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 12:38

DRC

 

Bien entendu cela se passe en Asie. Cela n'étonnera personne. Les prix atteints sont fulgurants:

 

- Chateau Margaux 360 b de 1979 à 2007: 402 euros/quille

- Des bouteilles d'Henri Jayer (96 b toutes appellations!) de 1988 à 1999: 2114 euros/quille

- Chateau Lafleur (Pomerol) 1961: 6364 euros/b

- Mouton Rothschild 1945: 8041 euros/b (T'as des stock options du CMT, Robert?)

- Romanée Conti 1971: 8416 euros/b

- Montrachet DRC 1996: >10000 euros/quille

- Richebourg H Jayer 1959: 14425 euros/b

 

Ils sont clairement devenus très très riches en Asie et dament maintenant le pion régulièrement à nos très très riches à nous..On arrive même plus à acheter les premiums 2009 de Bordeaux, alors les superpremiums!!

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 30 mai 2010 7 30 /05 /Mai /2010 12:11

On en est toujours à rechercher d'autres belles origines de pinot noir dans le monde, l'endroit qui permet d'obtenir ces vins vibrants fins, élégantissimes. Les états unis sont tombés en amour de ce cépage depuis un film, sideways. Mais, ils n'avaient pas attendu cette passion pour essayer d'en produire qui rivalisent avec les grands crus bourguignons. Notre dégustation tient compte de cela en incluant deux vins plus anciens venant des parties la plus froide de la Californie,  Carneros pour la première bouteille, et la Santa Ynez Vallée pour la deuxième.

 

Carneros

                                                                              Carneros (image clos du val)

 

Carneros appartient à l'extrémité méridionale de l'apellation Sonoma, au nord de San Francisco et de la napa valley.Taittinger y a implanté sa winery, produisant des variétés champenoises classiques, un vin pétillant. Le vent a ici un role très important de ralentissement de la maturation du raisin, autorisant l'apparition d'une finesse difficile à obtenir autrement qu'individuellement dans les régions alentours.

 - Saintsbury reserve 1998: une idée d'un pinot à maturité avec une jolie finesse mais sa structure pêche par un caractère inhomogène.

 

La Santa Ynez valley n'a rien à voir avec la californie telle que nous l'imaginons, avec ses palmiers, sa végétation luxuriante. Cette région toute proche de Los Angeles, au sud de la Californie est sous l'influence maritime, orientée au nord, subissant des journées chaudes mais aussi des nuits froides, ce qui aide à la maturation lente des raisins.

 

- Au bon climat Sanford and benedict 1998. Jolie finesse avec l'élevage encore perceptible là aussi. Ne fait pas son age. Son plus gros défaut vient d'une sucrosité difficile à accepter d'un bon pinot.

 

santa-ynez 1

                                            Santa Ynez Valley

 

Les autres sont des vedettes très établies même si deux d'entre eux ne sont pas du tout connues en France. Le climat de l'Orégon est beaucoup plus froid. Les sols y sont volontiers volcaniques. Le vin n'y a été produit qu'à partir des années 60, le riesling étant la première des variétés introduites. Le pinot noir représente maintenant 40% de tous les

Oregon-Hood-River

vins produits. La Willamette valley est la plus prometteuse sur ce plan. La température moyenne en juillet est de 18.8°. Ca change de la Californie !

Est il besoin de présenter la famille Drouhin de Beaune qui est venue s'installer ici depuis plus de 20 ans. Ca a été une grande fierté pour la région !! Nous gouterons la plus belle cuvée

Drouhin cuvée Laurène 2005. Décevant, on s'attendait à mieux

 

Vous ne saviez pas que Robert Parker possédait avec son beau frère (d'où le nom) une propriété. Personne ne pourra plus douter de son amour pour le pinot noir puisque c'est celui ci qu'il a choisi de produire, le cépage de la région qui l'avait pourtant repoussé.. Orégon Beaux Frères pinot noir 2007. Totalement fini, faisant veillard, probablement par des manipulations en cave trop importantes type clickage. Comment le laisser viellir plus ?

 

Et enfin, la grande winery Ponzi (pas par la taille) qui en inspiré tant. Le reserve 2006 est un vin qu'on attendait et qui reproduit ce qu'est un pinot noir sur sol volcanique. Longueur, largeur mais finesse. Mais trop tot. Sorti premier.

 

Nous avions introduit un pirate bourguignon que la majorité a reconnu, mais qui ne développait pas encore de finesse, Volnay village de Jean Marc Bouley 2007.

 

Un bien joli essai que ces pinots noirs des USA.Deux grands points se doivent d'être soulignés:

Leurs prix restent bien trop élevés au regard des grands crus bourguignons, qu'on trouve sans difficulté à ces prix là (environ 60-80 euros).

L'autre conclusion est qu'il faut très probablement les laisser vieillir, si l'on voit le carton qu'ont fait les vins californiens, origine pourtant moins réputée (n°2 et 3), qui avaient de 10 ans de bouteille de plus que les autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 22:17

cos d'estournel

                                                                                Cos d'Estournel

 

 

Jacques Perrin de vinifera écrit très joliment sur mille plateaux: Un millésime chasse l’autre. Alors que Bordeaux swingue avec allégresse sur le somptueux (somptuaire) 2009, dont les prix, attisés sans doute par Vinexpo Hong Kong, devraient débouler la semaine prochaine, le 2007, désormais disponible, entre en scène avec des airs de saltimbanque désenchanté.  Et le public, que le prix du strapontin ne fait pas rire, de se demander si Bordeaux ne risque pas de devenir un jour une exoplanète…


François Mauss, créateur du grand jury européen, dans son non moins excellent blog écrit lui aussi à propos de l'augmentation de 70% de Duhart Milon Rotschild de 2008 sur 2009:

Dans le souci louable de confirmer la thèse du désamour croissant des jeunes américains pour Bordeaux, Duhart-Milon, certes excellent, sort son 2009 à un prix ± supérieur de 70 % à son prix de l'an dernier pour le 2008. Inutile de vous citer tous les gros mots que cela génère sur les forums d'outre-atlantique.

Gageons qu'il y aura peu d'Européens pour sauter sur une telle occasion. Tout sera probablement vendu en Chine où l'on est fier d'avoir sur table une bouteille portant le logo des flèches de la famille.

Chez nous, à ce prix, on aura certainement un choix d'une vaste vastitude  :-)

L'application parfaite de l'adage : "tout ce qui est bon à prendre, je prends". 

Ce sera intéressant de savoir - si c'est possible plus tard - l'évolution de la proportion de ce cru qui restera en Europe. Il faudra bien un jour que les châteaux se rendent compte à quel point il est important d'être AUSSI présent sur les tables françaises, italiennes, allemandes, belges, anglaises.

Enfin,…

 

Ils vont tuer les autres Bordeaux, je vous dis à force de déconner. Les exemplaires comme leoville Barton, Chevalier, Malartic Lagravière et autres ne suffisant pas à couvrir le comportement d'un petit nombre (responsable du prix délirant du 2007), Bordeaux va devenir comme dans le monde, il y aura les hyper-riches.. et les autres (qui tenteront de survivre).

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 12:48

Les critiques sont maintenant légions, se faisant désormais majoritaires (mettant  d'ailleurs les défenseurs sur la ...défensive) contre la spéculation effrénée menée par le négoce bordelais et quelques propriétés que nous qualifierons de pilotes, même aux USA où une large partie des amateurs sont eux aussi financièrement exclus par les négociants de la place de Bordeaux, au profit des asiatiques qui paient mieux. Dépit exprimé par E Asimov, célèbre critique du NY Times (et neveu d'Isaac Asimov) que je vous ai traduit et disponible ici


The Pour

Bordeaux Loses Prestige Among Younger Wine Lovers

 

"Les grands crus 2009 de Bordeaux ont commencé à le chanter avant même la récolte l'automne dernier: les rumeurs de qualité se sont muées ce printemps en concert de louanges orchestrées et en conséquence le commerce alléché est accouru à Bordeaux pour goûter le fruit de la récolte 2009. La Grande-Bretagne, qui prend son bordeaux extrêmement au sérieux, a relayé les louanges émises après examen des vins. Le retentissement a été volontairement maximal à Hong-Kong, angle d'attaque nécessaire à l'abordage d'un marché asiatique énorme. Aux États-Unis, la clameur a  été répercutée par les grands collectionneurs et investisseurs mais aussi avec des restaurants hauts de gamme dont les clients n'hésitent pas à dépenser (perdre) des centaines ou même des milliers de dollars sur des bouteilles renommées. Le peuple a prêté attention quand Robert M Parker cadet, le critique de vin dont les avis influence le plusdes prix de Bordeaux, a écrit, "Pour un certain Médocs et Graves, 2009 peut s'avérer être les vendanges( le millésime) les plus exceptionnelles que j'ai goûté en 32 ans."

Mais pour une part significative de la population buvant du vin aux États-Unis, les délires n'étaient pas assez relayés dans le monde entier pour susciter autre chose qu'un bâillement. En effet, Bordeaux, pourtant surement la région la plus révérée au monde et le porte-étendard de tous les grands vins , est maintenant devenuhors de portée du commun des buveurs

Qu'est-ce qui est arrivé ? Beaucoup de Bordeaux sont consommés aux États-Unis. En 2009, 1.29 millions de caisses de vin de Bordeaux ont été importées, représentant 0.46% de l'ensemble des vins distribués dans le pays. Tandis que ce pourcentage augmente et chute selonl'année, c'est toujours loin  des records datant du milieu des années 1980. Les expéditions de Bordeaux ont représenté jusqu'à 1.69 % en 1985, par exemple.

asimov Tandis que la baisse provient de plus de concurrence sur le marché des vins à prix moins élevés, il reflète aussi un changement dans le démographie des aficionados de Bordeaux aux USA. Pour jes jeunes Américains, Bordeaux
tout particulièrement est devenu démodé.

Les jeunes Américains comme les amoureux de toujours de Bordeaux, ont été au sens littéral éloignés de ces vins. C'était une initiation à tous les vins merveilleux venant de partout à travers le monde. Maintenant, l'excitation est partie ailleurs, en Bourgogne, Loire, en Italie et en Espagne. Bordeaux, quelques jeunes passionnés de vin le disent ennuyeux et peu attrayant. Ils le voient comme un vin cher faconné pour des collectionneurs riches, des investisseurs et des spéculateurs qui y cherchent un luxe et un statut approuvé par la critique plutôt que le grand frisson au fond du verre. 

La perception de Bordeaux pour ma génération correspond au bling bling, très Rolex-Rolls-Royce, dit Cory Cartwright, 30 ans, qui est un associée dans Sélection Massale, une nouvelle société à San Jose, la Californie, qui importe des vins naturels et traditionnels faits par de petits producteurs. Elle écrit pour le Saignée Wine Blog: Je ne connais pas beaucoup de personnes qui aiment ou boivent du Bordeaux.

Mais le manque d'intérêt n'est pas juste une question d'image. Ce n'est non plus seulement un reflet d'une économie faiblarde, qui a fait baisser les ventes de la plupart des vins chers dans les deux dernières années.

Le fait le plus dérangeant pour Bordeaux est qu'il a en grande partie perdu la fidélité des passionnés sans fortune du vin comme les sommeliers, les cavistes de quartier, qui peuvent aider à construire un socle de consommateurs pour les vins. Le haut de gamme, des vins de grand nom auront toujours un marché, mais les noms moins chers, plus basiques, les têtes de pont attirant les jeunes explorateurs du vin sans idées préconcues, ne peuvent pas aller à la bataille sans l'aval de ces intermédiaires cruciaux.

Je n'ai rencontré dans les 15 dernières années aucun jeune sommelier qui soit passionné de Bordeaux dit Paul Grieco, propriétaire du restaurant le Foyer comme de 2 bars à vin innovateurs, Terroir et Terroir Tribeca, tous situés à Manhattan. M. Grieco a pourtant été un mentor pour beaucoup de jeunes sommeliers. Il lui-même appris le grand vin  en buvant du Bordeaux. Néanmoins, dans ses bars à vin, il sert 50 vins au verre mais pas un Bordeaux. Cette attitude désinvolte des grands vins bordelais lui a laissé des sentiments mitigés.

Je suis un type respectueux de l'histoire, comment ne puis je pas révérer Bordeaux ? Même si une personne entrait en demandant un verre de Bordeaux, je me dirais que je dois vraiment lui servir du Bordeaux. Mais personne ne me l'a demandé. Pas un! C'est assez triste.


Pour beaucoup de sommeliers plus jeunes et des amateurs de vin, la nouvelle norme d'excellence est la Bourgogne.
À la différence de Bordeaux, où beaucoup de châteaux les plus en vue sont dirigés par des sociétés ou des propriétaires, généralement absents et riches, la Bourgogne regorge de propriétés, y compris parmi les plus célèbres, à taille humaine. Traiter avec Bordeaux exige souvent le travail d'une entreprise avec des cadres et des spécialistes marketing. Il est beaucoup plus aisé de visiter une propriété Bourguignone et de rencontrer la personne qui soigne les vignes, fait le vin et signe l'étiquette.

Pour les gens de ma génération, ceux ayant de 30 à 50 ans, je ne pense pas que nous ayons eu les mêmes moments magiques avec Bordeaux, alors que nous sommes totalement connecté à la Bourgogne ou même le Rhone dit Laura Maniec, qui dirige les choix des vins pour plus de 15 restaurants dans le B. R. Guest Group.

Elle achète toujours la plupart des Bordeaux pour des restaurants comme Primehouse, un grill situé à Manhattan et le Gril Bleu D'eau, un restaurant de fruits de mer de Manhattan qui héberge beaucoup de fêtes d'entreprise où Bordeaux reste presque obligatoire. Mais il n'y a plus aucun rapport passionnel, d'étincelle dans les yeux, dit elle.


Il y a 30 ans, un restaurant digne de ce nom se devait d'offrir la plupart des Bordeaux. Ce n'est plus le cas, à part les grills et les restaurants très huppés. De nos jours, les personnes dans le commerce du vin considérent que Bordeaux est destiné à la vente au détail via de grosses firmes comme Xérès-Lehmann à New York, Zachys dans Westchester et K et L Wine Merchants en Californie.

Les jeunes ne rencontrent pas fréquemment lBordeaux dans les restaurants dit Clyde Beffa junior, le vice-président de K et L, un des principaux vendeurs de Bordeaux des USA. Les sommeliers veulent apporter leur propre touche originale, et ça me rend fou. Ils peuvent avoir jusqu'à cinq grüner veltliners ou rieslings parce qu'ils viennent de les découvrir et ne recommander aucun Bordeaux. Et ça, c'est à cause des prix.

Un bon Bordeaux se vend entre 35
et 50$ à la vente au détail, 85 à 100 $ au restaurant, voire beaucoup plus, des prix de toute façon très éloignés des rouges du Loire, du Beaujolais ou l'Alto Adige, passions actuelles des cavistes et des sommeliers.

Une autre barrière significative entre des jeunes buveurs de vin et Bordeaux est l'absence d'un avocat charismatique pour ces vins. L'avis de Parker et autres critiques de vin a tendance à être considérée comme vieillissante et immuable. En attendant, les cavistes et  principaux distributeurs comme Kermit Lynch, Neal Rosenthal et Louis/Dressner, qui ont attirés et conquis de vrais passionnés, n'ont presque pas de relations avec Bordeaux, qui a longtemps été le domaine de grandes sociétés.

Pour les importateurs touchant le créneau des plus jeunes, comme M. Cartwright, la taille et la complexité du marché sont la raison pourlaquelle il ne cherche pas à faire débuter par les vins de Bordeaux.

Tout y est dirigé par les commerciaux dit il. Vous n'êtes jamais sûrs de qui fait le vin. Pour ma part comme surement la majorité des gens de mon âge, nous retournons aux cultivateurs - au coté humain - et Bordeaux en semble très éloigné.

Alors que Bordeaux parait avoir perdu beaucoup de son côté mythique et de son charme, il a toujours ses défenseurs, même parmi la foule des sommeliers. Belinda Chang, le directeur de vin au Moderne dans le Centre ville de Manhattan, reconnaît que Bordeaux est devenu une marque et que c'est souvent trop cher, mais soutient que sa grande qualité intrinsèque et son côté classique le rendent irremplaçable.

Je suis une fan et je n'ai pas peur de le dire, dit Mme Chang. Qui serait enthousiasmé à l'idée d'avoir un verre de Château Pétrus, s'il n'en payait pas la note ?

CQFD.

 

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 21:25

bordeaux quaideschartrons

 

 

J'(av)ais gardé un budget conséquent pour celà (pas assez pour un sportif lors de son anniversaire , mais bon). Cela fait plus d'un mois que le mariage devait être consommé . Et voilà, ma moitié ne parait pas. Et même pas l'ombre d'un rapport possible en vue ... Depuis les annonces triomphantes sur la beauté de la fiancée, plus un mot. Et pourtant, pour vendre la "cam", y'en a eu de la com ..

Mais depuis, c'est le silence. Surement l'organisation de la rareté dont le seul objectif est toujours plus... Les premiers crus et quelques autres, on sait, on est nombreux à avoir fait une croix dessus. Ca fait du bien au commerce extérieur et crée de l'emploi, alors.. Mais qu'on nous laisse au moins accéder au reste (cad à partir du deuxième cru). Or le reste, commence à devenir l'inaccessible étoile dans les millésimes que ces seigneuries ne daignent pas nous regarder parce qu'il peuvent prendre plus à un autre client. Par contre, pour les millésimes moins cotés, achetez, achetez la volaille.. Il est beau mon produit, il est beau. On redevient fréquentables..

Mettez un footballeur devant Zahia avec 2000 euros en poche et faites qu'elle ne paraisse pas dans le but d'augmenter les tarifs, vous verrez ... Des rapports que je situe au même plan d'ailleurs avec les propriétaires/négociants  des "grands" Bordeaux en ce moment, tellement celà m'énerve.

 

Qui est en faute? Surement pas les premiers à sortir comme Haut Marbuzet et tant d'autres "petits". Point d'éloge du petit chez moi, mais force est de constater que les petits bénéficaient de l'aura des grands, mais vont finir par patir de leur appétit féroce et ce de façon durable. Pourquoi sommes nous sollicités pour les millésimes moyens (à prix d'ennemis ces dernières années) et écartés des millésimes du siècle (troisième  voire quatrième du nom en neuf ans NDLR). All but no Bordeaux va finir par devenir une maxime à la mode du fait de la rapacité d'un petit nombre de nantis dont le comportement péripatéticien est éxaspérant. Les efforts de ceux qui travaillent pour eux, réduits à néant. Quand on arrive pas à vendre par contre, les premières tranches sortent à l'heure, les "pauvres" connaisseurs sont considérés, courtisés parfois même comme pour 2007 et 2008...Quelqu'un a t'il réfléchi au role fondamental qu'ont joué ces "grands" Bordeaux (en laissant un champ libre dans la gamme de prix intermédiaire) dans l'émergence de grands vins dans d'autres régions françaises (qui ne pouvaient prétendre atteindre des prix pareils auparavant).

 

Pourtant, s'il faut un brevet de passion, je connais les noms de l'ensemble des crus classés, la pluspart des noms des propriétaires (pour certains sur plusieurs générations), leurs terroirs ne me sont pas inconnus. Je garde mes vins au moins 10 ans, (je commence Gruaud 1986 maintenant) parce ce que j'y ressens est plus minéral, plus représentatif de l'endroit où est né le vin. Je croyais que c'est ce que les viticulteurs artistes recherchaient le plus.. Dois-je encore y croire ou dois je migrer dans des régions plus hospitalières, où le client éduqué comme non éduqué est encore reçu, avec passion?

 

Messieurs les "grands", si votre objectif est de vendre encore plus cher, sachez que vous vendrez souvent à qui ne connait rien, une partie sera consommée dans des conditions inacceptables (avec du coca, des glaçons, chaud...)., souvent par des gens ayant des activités assez peu reluisantes. Comme ça marche, vous vendez, surtout sans regarder. L'argent a l'odeur que l'on veut bien sentir. Ce que votre équipe (et vous ?) a(vez) mis tant de passion à faire sera dégradé au lieu d'être apprécié pour ce que c'est, en parfaite connaissance de cause.

Tant pis, toute une région risque d'en pâtir. Moi aussi, je commence à me dire, plus de Bordeaux, les grands étant loin d'être exemplaires. Nous sommes des dizaines de milliers voire plus qui se disent que notre fidélité depuis des dizaines d'années est bien mal récompensée... A faire la Zahia....

 

En Bourgogne, par exemple, on vend souvent (pas toujours) au consommateur fidèle depuis longtemps, une partie des viticulteurs cultes ayant même la volonté d'éliminer de la distribution les spéculateurs. qu'ils charchent et trouvent . Par conviction, Anselme Selosse a refusé de vendre son champagne aux USA dans la période obscurantiste que ce pays vient de vivre. Il y aurait sans doute aucun gagné beaucoup plus d'argent. Qui a jamais vu ce genre d''attitude engagée à Bordeaux? Le bilan financier y prime souvent, le vin devenant un produit. On perd son âme pour plus d'argent, vieux refrain bien connu de longue date dans l'humanité toute entière...

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 21:11

Chanson d'Automne (ou chronique personnelle des insupportables primeurs 2009 à Bordeaux)

Les sanglots cons
Des « volons »
De Bordeaux
Tuent ma ferveur
D'une lenteur
Pleine d'ascros.


Tout suffocant
Et blême, quand
Ne sonne pas l'heure,
Je me souviens
Des prix anciens
Et je pleure;


Et je m'en vais
Vers d’autres palais,
Je me transporte
De-cà, de-là,
Car voilà,
Aquitaine meurt.

Par 972chr
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Pages

Catégories

Pages

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés