Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 13:34

Discount?

C'est sur, ça baisse, en tout cas pour les déconnectés. Cos d'estournel sort à 115 HT soit 50% moins cher que l'année dernière.

Est ce une vraie  baisse? Les vins de cette source ont augmenté de 1500 % entre 1990 et 2010 d'après la revue des vins de France de décembre 2011. Alors, 50% de baisse, un discount?

Je vous laisse juger par vous même...

Par 972chr
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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 12:56

Les premiers sortent après les mots malheureux de Bob Parker, qui (initialement) avait considéré que l'année n'était pas bien grande.

Total, enfin, les déconnectés (50 marques les plus vendues) se lanceraient ils dans le discount: le prix de Lafite n'est plus qu'"à" 450 euros HT, soit environ 2.5 fois moins que pour 2010..

Latour, quant à lui décide de ne plus passer par le négoce bordelais, coup de tonnerre (destiné à continuer à rester très élevé? et ne pas être solidaire des autres déconnectés, semblant être obligés de baisser).

A suivre...

Par 972chr
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 22:00

La légende allemande. Ni plus ni moins. Et pas parce que son eiswein a longtemps été le vin le plus cher du monde. Parce que ses vins sont d'une insigne finesse, d'une délicatesse transcendante. Une autre façon de boire le vin, produit Egon vigne 121

                                           la colline du schwartzhofberg (copyright ecole-nobilis)

 

 

rien que par du riesling de la Sarre récolté de sec à liquoreux. C'est Napoléon qui a permis l'emergence de ce domaine, redistribuant les vignobles ecclésiastiques: une partie de la colline du schwartzofberger a ainsi été rachetée par l'arrière-arrière grand père d'Egon Müller en 1797. Il possède 8.5 des 20 hectares de cette colline magique aux pentes vertigineuses (35 à 60°) exposées plein sud, située dans le village de Wiltigen dans la région allemande de la Sarre.

 

 

Diapositive1-copie-2

                 (copyright l'atlas mondial du vin de H Johnson). La parcelle se trouve sous Wiltingen un peu à droite.

 

La viticulture n'utilise pas d'herbicides, ni de pesticides. Les rendements se situent aux alentours de 30 hl/ha. Les vendanges sont bien entendu manuelles. Les vins sont élevés en vieux foudres de 1000 litres ou dans l'inox.

 

Cette région est intégrée dans ce qui s'appelle la Mosel-Saar-Ruwer, regroupement des trois fleuves producteurs de grands vins dans des pentes schisteuses souvent impressionnantes sur 13000 hectares. Le riesling qui occupe les plus belles parcelles, y est à son meilleur niveau car aux limites septentrionales de ses capacités à pousser. L'altitude de la colline du schartzhofberg se situe entre 180 et 310 m. Müller y possède un trésor de 3 hectares de vignes centenaires (plantées entre 1890 et 1900) franches de pied plantées en haute densité (10000 pieds par hectare).

 

La qualité des vins allemands de l'échelon supérieur (QmP voulant dire Qualitätswein mit Prädikät) repose encore sur leur richesse en sucre: dans l'ordre croissant, on croise le kabinett, spätlese, auslese, Beerenauslese (qui intègre l'eiswein), trockenbeerenauslese. A partir du niveau spätlese, généralement les vins sont moelleux, mais la trame acide très marquée permet un équilibre très différent des vins français tout en restant dans des taux d'alcool très faibles.

 

Ces vins développent de délicats aromes de pêche, d'abricot, d'amande, d'agrumes, de fleurs blanches et d'ananas.

 

Egon sigle 121

 

Je n'ai pas trouvé de vidéo parlant de ce domaine, mais les images de celles ci sont à même de vous faire comprendre la beauté naturelle et les raisons de la haute qualité des vins de cette région au travers d'un autre très grand domaine (Van Volxem).

 

Ce soir du 25 avril, nous avons bu:

 

- Schartzhof 2008 (AP 01-09): issu de plusieurs parcelles, il est fin, léger et agréable pour certains, trop citron-citron pour d'autres. C'est bien fait et agréable, mais pas très long.

 

- Schartzhofberger kabinett 2008 (AP 03-09): bcp plus long mais pas encore prêt, il ne convainc pas tout le monde.

 

- Schartzhofberger spätlese 2002 (AP 6-03): premier choc, long, long long, extrèmement élégant avec de nombreux parfums dans la gamme fleurs blanches, agrumes et fruits exotiques. Une grande finesse, un grand vin.

 

- Schartzhofberger spätlese 1991 (AP 6-92): deuxième choc, avec encore plus de parfums, peut être un peu moins long mais quelle élégance, quelle classe. Etonnant, car, ce même vin avec 11 ans de plus exhale des parfums de fruits du froid comme la rhubarbe et plus du tout de fruits exotiques.  Minéralité encore plus marquée que dans le 2002.  Pour certains d'entre nous, un des plus grands vins qui leur aie été donné de boire.

 

- Schartzhofbergerauslese 1999 (AP 5-00): Très bien fait avec une longueur moindre, et un peu trop sucré au goût de beaucoup d'entres nous, mais c'est une question de gout, car c'est très beau.

 

Au total, ce domaine est à l'évidence parmi les plus grands. Des vins qui peuvent être d'une classe et d'une finesse transcendante nous en ont totalement convaincu.

 

Pour Egon Muller, les numéros de lot sont: AP 3 567 142 + les n° ci dessus.

 

 

Pour ceux qui veulent comprendre les numéros de lot de vin allemands, écoutons David Rayer sur LPV:


Le numéro de lot fait parti du numéro AP (amtliche Prüfnummer), visible sur chaque étiquette. Il correspond à un agrément, et l’ensemble des numéros a plusieurs significations : numéro de région, de village, un numéro propre à chaque domaine, … Le plus important (à nos yeux) étant l’avant dernier. Il correspond à ce que nous nommons le numéro de lot. Le dernier est un couple de chiffres qui sont les deux derniers numéros de l’année où le vin a reçu l’agrément, soit, en général, le millésime plus une année.
Exemples concrets : le Scharzhofberger Spätlese Egon Müller 2003 que nous avons dégusté porte l’AP 3 567 142-17-04. Il correspond donc au lot 17, qui a obtenu son agrément en 2004. Le Auslese Goldkapsel 1976 a l’AP 3 567 142-24-77 (vous remarquerez que les premiers chiffres sont identiques).

La législation allemande permet de produire 4 grandes catégories de vins :
- Deutscher Tafelwein, équivalent au vin de Table,
- Landwein, équivalent au vin de Pays,
- Qualitätswein bestimmter Anbaugebiete (Qba), équivalent à l’appellation vin de qualité supérieur
- Qualitätswein mit Prädikat (QmP), équivalent à nos Aoc.
Une différence fondamentale entre les Qba et les QmP est la possibilité de chaptaliser uniquement la première catégorie. Cette pratique est fréquemment utilisée, même par Egon Müller (il ne l’a toutefois pas fait en 2003 et 2005). Seules ces deux catégories portent un numéro d’AP.

 

Après, écoutons les explications données sur caveprivée pour le niveau de sucres dans les Qmp:

 

- Trocken : vins vinifiés en sec avec très peu de sucres résiduels.
- Kabinett : vins généralement secs ou demi-secs, très agréables, fruités, qui demandent la plupart du temps trois ans avant de s’ouvrir complètement.
- Spätlese : les raisins ont été vendangés plus tardivement avec des degrés de maturité plus importants. Ces vins se dégustent après cinq à dix ans de garde.
- Auslese : il s’agit d’une sélection de raisins et de grappes cueillis en surmaturité. Les vins dévoilent toute leur noblesse au bout de dix ou quinze ans.
- Beerenauslese : raisins atteints par la pourriture noble ou récoltés en surmaturité, triés grappe par grappe et grain par grain.
- Trockenbeerenauslese : raisins atteints uniquement par la pourriture noble, triés grappe par grappe et grain par grain.

Par 972chr
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 13:21

Tempier

                                 (le domaine Tempier: copyright GVIN)

 

Un monument de la sphère viticole française vient vers nous pour la prochaine dégustation. Ce pur mourvèdre est un des vins les plus recherché de France et probablement le Provence rouge de plus longue garde. Le domaine Tempier est une des plus connue de Provence en matière de qualité et ce depuis au moins la deuxième moitié du XXème siècle. Il appartient à la même famille depuis 1834: Tempier puis Peyraud par mariage à partir de 1936.

 

Les frères Peyraud (copyright wines tasting)

Tempier 4

 

Les rares vieux tempier quelque soit la cuvée immédiatement achetés.

Trois cuvées parcellaires sont produites depuis 1969: la Tourtine, La migoua et Cabassaou qui est en fait la partie la plus qualitative de Tourtine, située en dessous et orientée sud sud-ouest pour un ensoleillement parfait. Elles ont été achetées dans les années 1950. La cabassaou est organisée en restanques (terrasses) située entre 150 et 200 mètres au dessus de la mer près de La Seyne sur mer dans le village du Castellet. Elle est la seule parmi ses soeurs à être constituée quasimment à 100% de mourvèdre (1% cinsault, 4% syrah). Les autres contiennent du grenache et du cinsault pour une proportion ne dépassant pas 30%. Elle bénéficie d'une brise solaire tout au long de l'année.

tempiertourtine98c

                                          La parcelle de Tourtine est celle que vous voyez en restanques au fond.

 

 

Tempier 3Cette toute petite parcelle de 1 hectare au sol argilo-calcaire du santonien est menée pour ne pas obtenir plus de 35 hl/ha de ces vignes agées en moyenne de 50 ans. Aucun herbicide n'est utilisé et le travail est manuel. L'élevage est traditionnel en foudres. Les cabassaou sont des vins de longue, longue garde, nécessitant souvent un minimum de 15 à 20 ans pour donner toute la palette complexe dont ils sont capables. Ces vins sont souvent avec l'âge comparés aux Barolos ou à certaines cote rotie.

 

Nous avons donc bu lors de cette soirée des millésimes anciens dans l'ordre du plus jeune vers le plus vieux:

1991: magnifique de longueur, d'élégance, avec des parfums de fleurs type rose fanée, églantine, fleurs blanches. Grand tout simplement.

1992: fini par rapport aux quatre autres.

1994: beaucoup de tabac blond, de truffe, belle finesse, un peu moins de longueur que les autres mais très beau vin.

1997: impressionnant de longueur, bien équilibré avec les arômes de la méditérranée, avec des éléments de sous bois qui pointent. Bois précieux, minéralité superbe. Magnifique.

2003: déjà superbe avec une belle longueur, des parfums sur le compoté provenant de l'année chaude, mais aussi la tapenade, le zan, une trame acide et des impressions de cailloux du plus bel effet.

 

Une très grande dégustation, comme on en fait peu. Un grand bravo à la famille Peyraud.

 

Pour la carte de Bandol, vous reporter à la verticale de Pradeaux ici. Vous verrez sur la droite au milieu la migoua.

 

Pour en savoir plus:

- The wine doctor

- Le fil de discussion sur la passion du vin

Par 972chr
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Jeudi 2 février 2012 4 02 /02 /Fév /2012 02:44

balthus

 

 

Le grand jury européen a encore frappé. Le balthus, cuvée ultraselectionnée de chateau Reignac (Bordeaux supérieur tout de même produit à 12000 bouteilles annuelles en moyenne) sur 6 millésimes a totalement été dans le ton des plus grands Bordelais: Pétrus, cheval Blanc et Lafite Rothschild. Ceci, bien entendu à l'aveugle sans que le prestige de l'étiquette ne vienne modifier l'appréciation des jurés, parmi lesquels plusieurs meilleurs sommeliers du monde.

Même l'âge ne lui fait rien perdre, le 2003 étant acclamé comme le moins évolué!!

C'est étonnant: regardez la vidéo ici

Par 972chr
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 12:05

Le ministère de la culture a choisi la grotte Chauvet et les climats de Bourgogne pour représenter la France au titre du patrimoine mondial de l'UNESCO cette année.

Un super nouvelle pour espérer mettre à l'abri ce patrimoine à la fois naturel et humain de tout projet de construction, modification, et pour soutenir la démarche devenue plus fréquente que partout ailleurs de conversion à une viticulture propre.

Vous pouvez les soutenir sur ce lien.

Par 972chr
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 19:41

vuesurirancypointdevue

                                      (copyright LPV, fil de discussion sur le domaine Goisot, que je vous recommande)

 

Ce mois ci, découverte. L'Irancy couvre 200 hectares avec une production moyenne de 770000 bouteilles annuelles. Il est le plus connu des vins de l'Yonne, rescapé du grand vignoble qui courrait depuis la Bourgogne jusqu'à Paris. Il subsiste cinq de ces régions: Chablisien, Jovinien, Vézelien, Auxerrois, Tonnerrois. Pourtant, c'est une AOC  récente (1998) malgré ce passé. Notons que l'appelation Bourgogne-Ireancy était elle reconnue depuis le début des AOC, soit 1930.

 

Pour découvrir Irancy, une vidéo ici.

 

irancyAu moyen âge, les vins de Tonnerre, Chablis et Auxerre arrosaient la capitale grace à l'yonne qui leur ouvrait un débouché naturel vers la Seine. Ce dernier est connu depuis le 3ème siècle (312 après JC  précisemment, trace écrite retrouvée lors du passage de l'empereur Constantin à Autun). Les deux autres sont fortement implantés en l'an mille. Plutôt blancs, les rouges n'apparaitront qu'au XIVème siècle. Déjà comme en côte d'or, les meilleurs climats émergent : côte Saint Jacques à Vézelay, Palotte à Irancy.. Le premier classement apparait au XIXème siècle, consacrant les crus de Chablis, mais aussi la côte de Palotte à Irancy.

C'est surtout le phylloxera mais aussi l'oïdium, le mildiou et le pourridié qui vont tout bouleverser et faire oublier ces beaux terroirs isolés, ne laissant dans la mémoire de nos contemporains que ce qui est facile à retenir, des lieux où de nombreux climats sont recommandés comme Chablis ou la côte d'or. C'était pourtant un vignoble considérable représentant avant cette crise le double du vignoble bourguignon à la fin du XXème siècle!!

La qualité s'effondre dans la première moitié du 20ème, et hors Chablis, seul Irancy continue à fournir malgré des prix bas, une qualité correcte. Elle possède pourtant un trésor, le césar, dont on dit sans preuve qu'il aurait été emmené par les légions romaines lors de la conquête de la Gaule.

Le sous sol est comme à Chablis Kidméridgien, protégé par un fer à cheval de portlandien de l'érosion. Irancy est un vaste amphithéatre déclinant toute une variété d'expositions.Les meilleurs terroirs regardent le sud et l'est.

Les parfums habituels de l'Irancy sont orientés vers les fruits noirs et rouges: cassis, framboise, groseille, mûre, cerise. Ils évoluent vers les épices, le sous bois le cuir et la truffe avec l'âge qui doit idéalement être de 5 à 10 ans.

 

 

Irancy ciel

De nombreux viticulteurs commencent à sortir ces terroirs du marasme dans lequel le XXème siècle les a plongé. D'abord des vignerons "historiques" comme les Goisot ou Colinot, puis maintenant des jeunes comme Thierry Richoux, Benoit Cantin, David Renaud.. Et la demande mondiale couplée à la gourmandise excessive de certains vignobles historiques (je pense surtout aux marques les plus connues du Bordelais dont les prix ont explosé en 7 ans) qui laissent une place dans le milieu de gamme ont permis l' émergence des vins de haute qualité dans de nombreuses zones "oubliées ou moins cotées", tout en rémunérant correctement le vigneron.Les moyens de communication ont aussi permis de sortir ce village de sa notoriété perdue: les négociants beaunois ne le positionnaient guère, préférant mettre ne avant le blanc, et surtout le chablis bien entendu. Le rouge venait en complément, mais il faut avouer que le pinot et surtout le césar murissent un peu tardivement dans cette zone, donnant des vins assez dur voire rustique. Ce n'est plus du tout le cas, avec la baisse des rendements rendue possible par un prix décent, mais aussi avec le réchauffement climatique. Tous ces facteurs contribuent à faire ressortir ces terroirs autrefois considérés comme équivalents aux belles expositions de la côte de Beaune.

 

Donc, ce soir, cinq vins de cette petite appellation provenant d'années chaudes et précoces (2003: dernières années aussi précoces: 1865 et 1422 !!) :

 

Sillage 2006 du domaine Verret: assemblage des plus beaux terroirs d'Irancy (dont mazelots et palotte), il est volontairement réalisé sans bois et contient du césar. Sympatique, assez long avec du soyeux. Les parfums sont centrés sur les fruits rouges et noirs. Commence à avoir quelques notes d'évolution. Joli pour beaucoup.

 

Irancy 2006 de Vincent Dauvissat: 4000 bouteilles (0.6 ha de pinot noir) que Dauvissat  fait avec son beau frère pour "vinifier un bon pinot". Comme d'habitude, viticulture respectueuse de l'environnement et élevage en fut (non ou peu neufs).Simple mais typique. Pas long, un peu costaud, plusieurs d'entre nous sont déçus par le nom, habitués qu'ils sont aux chablis.

 

Les mazelots du domaine Goisot 2006: Un des plus beaux terroirs du domaine le plus connu de l'Yonne hors Chablis contenant de l'argile rouge et des calcaires fossilifères. La viticulture est biodynamique venant magnifier ce vin de très vieilles vignes. Ce domaine est reconnu par de très nombreux critiques comme faisant partie d'un des meilleurs de la Bourgogne, Le plus beau de la série, avec une minéralité, une ligne conductrice très claassique mais profonde, avec des aômes restant élégants malgré le côté costaud du vin. Une vraie découverte qui pose la question d'une dégustation de vins de Goisot.

 

Les mazelots 2003 du domaine Colinot: 10% de césar pour cette cuvée provenant d'un domaine de 12.5 ha très réputé, présent au Crillon, chez Laurent, JM Lorain, Loiseau...Cette cuvée est la plus corsée du domaine.Très joli nez qui transporte dans un champs de fleurs blanches avec des notes miellées. Le reste est surtout du cassis et ne convainc pas grand monde (nouveau monde, sucré...). Sent le madiran!!

 

 La palotte 2003 du domaine Colinot: 5% de césar, elle est la plus fruitée des 9 cuvées du domaine, la plus fine et élégante.Il en est de même en matière de dégustation pour cette bouteille qui sent de façon très étonnante et de façon plus marquée que la précédente la papaye. A oublier et pas au niveau. C'est étonnant pour deux bouteilles qui ont été en leur temps encensées par la critique.

 

Donc, au total, impression d'ensemble assez homogène pour les trois premières, malgré des diffrences de qualité évidentes. Fruits noirs de type prunelles, prune voire pruneau semblent constituer une particularité.

 

On peut boire ces vins avec ces plats (d'après eccevino): patés, travers de porc, volaille. Plus élaboré:  Boeuf ficelle, Boeuf gros sel, Chou farci, Côte de porc charcutière, Crevettes sautées à la sauce piquante, Endives au jambon, Garbure, Hachis Parmentier, Hochepot, Langue de boeuf sauce piquante, Langue de boeuf sauce ravigote, Lapin à la bière, Lapin au cidre, oeufs en meurette, Pâté de pommes de terre, Porc à la bière, Porc au cidre, Pot-au-feu, Potée auvergnate, Potée aux choux, Potée béarnaise, Potée bourguignonne, Potée champenoise, Potée lorraine, Poule au pot, Poule farcie, Raie aux câpres, Sauce aux câpres, Sauce grenobloise, Sauce gribiche, Sauce piquante, Sauce ravigote, Saucisson chaud pommes à l'huile, Tablier de sapeur, Tête de veau sauce gribiche, Tête de veau sauce ravigote, Tourte à la pomme de terre.

Par 972chr
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 22:42

Deiss

                                              (copyright wineterroirs)

Marcel Deiss est un héraut de l'expression d'un lieu, d'un sol par la vigne. C'est sa passion. Il a tout fait pour que ses vins aient la gueule de l'endroit qui les a vus naitre comme disait Jacques Puisais.Il est devenu à force d'analyser ce avec quoi il travaille tous les jours et à améliorer progressivement sa façon de l'exprimer non seulement un des plus grands domaines d'Alsace, mais aussi un des plus grands domaines qualitatif français.

Je vous suggère fortement de bien prendre le temps de regarder les vidéos dans les liens que je vous ai trouvé, vous y verrez un monsieur qui a une conviction, une vraie poésie de la pensée du vigneron avec son sol, tout en étant d'une rigueur extrème.

 

Il a la chance de posséder des vignes dans trois grands crus historiques: le mambourg, l'altenberg de Bergheim et le mythique Schoenenberg de Riquewhir.leur géologie se décline comme ci dessous:

- MAMBOURG, Terroir de Calcaire Oligocène

- ALTENBERG DE BERGHEIM, Terroir de Calcaire Jurassique et Marnes du Lias

- SCHOENENBOURG, Terroir de Marnes du Keuper et Gypse

 

Le terroir est la vérité, les cépages ne sont qu'une trame pour l'exprimer. La philosophie vinique de Jean Michel Deiss est ici

 

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                                                   (copyright LPV) très beau reportage de Patrick Bottcher

 

 

Il a eu la force de revenir sur une des mesures phares qui ont fait la prospérité matérielle de l'Alsace, les cépages nobles et de s'en insurger en disant, ce n'est pas la vérité historique de notre vignoble, celle qui a rendu célèbres un grands nombre de nos coteaux: en effet, ce qui l'a motivé le plus est de remettre au gout du jour la complantation des cépages dans une parcelle en y mettant les cépages les plus adaptés. Il faisait comme tout le monde en Alsace des vins de cépages. Mais, son plus grand vin a toujours été celui qu'il appelait le grand vin de l'altenberg, alors qu'existaient à côté des versions vériétales de ce terroir.Sa vision de la complantation est ici.

La biodynamie est évidemment le coeur de leur moyen pour faire exprimer le mieux possible cette terre et ce qui les entoure.

 

Le Mambourg est le domaine des pinots complantés Blanc, Gris, Noir, Beurot, Meunier. Ils conjuguent  leur puissance à celle naturelle délivrée par le sol tout en restant extrèmement suaves. Les rendements moyens sont très faibles de l'ordre de 15-20 hl/ha malgré une forte densité de plantation (12000 pieds /ha).

 

L'Altenberg de Bergheim est une parcelle extrêmement solaire, donant fréquemment au cours des millésimes des vins de pourriture noble. Dans ce vin se retrouvent l'ensemble de tous les cépages existants en Alsace auquel on peut rajouter le chasselas rose. Voici une vidéo pour voir l'altenberg. Il y explique avec poésie tout ce qu'on trouve dans son vin issu de terroir.

 

Le Schoenenbourg a une tendance à fournir des nez poivrés voire fumés. Il imprime aux cépages une grande puissance minérale. Il lui faut beaucoup de temps pour s'exprimer.

 

Ces vins de grands crus doivent attendre au moins dix ans selon Jean Michel Deiss pour exprimer toute leur saveur. L'idéal est de 15 à 20 ans. Nous boirons donc ce soir:

- Mambourg 2002: très agréable mais sans ligne conductrice comme les suivants. On a l'impression que la bouteille a souffert avec un coté oxydatif 2 heures plustard.

- Schoenenbourg Riesling 1995 vendanges tardives: suprème finesse avec des arômes d'agrumes dévieloppés à l'infini, mais aussi des fleurs blanches, du litchi. Une merveille.

- Grand vin de l'altenberg 1997: fermé, pas en place, avec initialement trop de sucre en avant. Rebu 2 heures après, il se révèlera beaucoup plus causant sur des parfums de tisane, mais sans la grandeur de ceux qui l'entourent.

- Altenberg Gewurztraminer 1995 selection de grains nobles: nez et accord avec la bouche qui est une déclinaison de rose, litchi, confiture d'orange amère, poire avec une minéralité qui vous emmène avec élégance et persistance jusqu'au fond du palais pour vous y perdre. Grand vin qui ne fait pas le sucre qu'il porte.

 

 

- Altenberg Pinot gris 1994 selection de grains nobles: Tout aussi grand par une finesse insigne, des parfums d'une grande élégance sur la pomme et le cidre, le litchi, la rose extrèmement bien en place. Une harmonie à couper le souffle tellement il emplit le palais de sa légèreté et de sa longueur parfumées.

 

Une grande dégustation et une découverte pour beaucoup. Merci Mr Deiss de faire des vins de ce niveau. Les vins de complantation nous ont paru toutefois moins convaincants.

 

Par 972chr
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 22:21

Le célèbre domaine Leroy a acquis 3000 m2 de Batard Montrachet sur une base record estimée entre 18.7 à 20.6 millions d'euros l'hectare. Les premiers crus de Bordeaux sont donc presque donnés à côté d'une telle somme. Un premier cru du médoc comma chateau Margaux serait ainsi valorisé à hauteur de 2 milliards d'euros. Chateau Latour en Pauillac avait été payé par F Pinault 110 millions il y a près de quinze ans. Les domaines bourguignons possédant du batard Montrachet sont furieux car les transactions sont rares et elles servent au fisc de base pour évaluer les transmissions de patrimoine, qui du coup prennent une valeur considérable. Un domaine seul ne peut plus acheter ce type de terroir, sauf à vendre des prix délirants... Les prix des Bourgognes de qualité ont pris l'année dernière un grand coup de chauffe, lié au fait que les acheteurs asiatiques se lassent des prix extravagants atteints par les grands Bordeaux, Lafite en tête, qui du coup ne sont plus disponibles. Ce n'est plus très original non plus, alors la connaissance naissante qu'ont les riches chinois des grandes appellations françaises les font se rabattre sur la bourgogne, l'autre vignoble mythique Français, qui est malheureusement très sensible par ses petites surfaces à toute pénurie. D'où explosion prévisible des prix bien au delà de ce qui s'est passé en 2011 et la possibilité pour des domaines mythiques effectuant eux mêmes la culbute (et non les allocataires pour les domaines honnêtes) de surenchérir à tout prix sur les grands terroirs. Les français y auront de moins en moins accès, qu'on se le dise...

Par 972chr
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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 12:02

 

Le domaine Roger Belland date de 1839. Il est assis à Santenay au sud de Chassagne.

C'est le seul grand cru blanc qui ne soit situé que sur la commune de Chassagne. Son nom vient de "crays", voulant signifier sol pauvre, pierreux. Sa superficie totale avoisine 1.6 hectares et il donne moins de 10000 bouteilles l'an.

Cette vigne jouxte le Montrachet et se retrouve sous le batard Montrachet. Ils sont peu ceux qui en possèdent (Roger Belland, Hubert Lamy, Lalou Bize Leroy au domaine d'Auvenay, Fontaine Gagnard). C'est le seul qui soit accessible: 70 à 120 euros la bouteille tout de même!!.

La parcelle est située en bas des Montrachet à 240- 250 mètres d'altitude. La pente est douce. Son sol est constitué de marnes brunes avec éboulis calcaires et d'argiles.

Roger Belland en possède 0.6 hectares soit la plus grande parcelle, acquise en 1982. Elle a été plantée en 1979 et fournit 3000 bouteilles par an en moyenne. Il pratique un enherbement et un effeuillage. Il n'y a pas eu d'herbicides depuis plus de 20 ans. Ce vin est élevé 8 mois en fût à 90% neuf. Ses parfums caractéristiques sont le miel, les fruits de la pasion et l'amande grillée.

Il va particulièrement bien avec les fruits de mer nobles, le foie gras et les quenelles de brochet.

 

 Nous boirons les millésimes

1991 petite année: vin passé?, on ne sent plus rien

1997 année chaude: oxydé

2001 année froide: pas une grande personnalité.

2002 grande année classique: fin fleurs blanches mais manque de longueur.

2003 année chaude: une note de lourdeur mais longueur correcte

 

Au total, une déception. Le prix n'a rien à voir avec la qualité qui ne nous parait rarement optimùale. Mieux vaut chercher des premiers crus dans d'autres domaines; on ne sera pas déçus si cela ne correspond pas à votre attente.

 

http://www.burgundy-report.com/wp/wp-content/uploads/2011/09/domaine-roger-belland.jpg

Par 972chr
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